‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 12 sur 133 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

temple d'Isotta, la maîtresse de Sigismond Maiatesta, transformée en de'esse pour la circonstance.

Au-dessous des préce'dents, qui dominent toute Phistoire monumentale de la Renaissance, il serait injuste de ne pas accorder une mention très laudative au principal disciple de Brunellesco, Michelozzo (f 1472), qui appliqua avec bonheur les idées du maître dans les villes où il fut employé, telles que Florence, Venise, Fiésole, Milan, etc. Puis, à un degré encore un peu inférieur, se montre Antonio Avcrulino, plus connu sous le pseudonyme de Filarète,qui publia lui aussi un Traité d' architecture ^ d'ailleurs assez médiocre. Il était à la fois sculpteur et architecte; mais les portes de Saint-Pierre qui lui furent confiées, au premier titre, par le pape Eugène IV, ne méritent guère d'éloges, et si, au second, il fut appelé à Milan pour donner son avis tant sur certains travaux cfe la cathédrale que sur la reconstruction du château démoli durant la république ambroisienne, on ne voit pas qu'il ait eu le moindre succès.

Il est bon de signaler à côté des artistes les princes et les villes qui encouragèrent leurs idées et, par leurs commandes ou leurs largesses, en permirent la réalisation.

Si parmi les Mécènes les papes furent les premiers en dignité, ils furent loin d'être les premiers en date. S'ils se déclarèrent pour les tendances nouvelles, ce fut un peu pour y avoir été entraînés et par le génie des artistes qui venaient en pèlerinage dans la ville éternelle, et par d'illustres exemples qui ne leur permettaient pas de s'effacer, et par l'influence du milieu même

d'oïl îls étaient sortis. Tous les papes du xv" siècle, en effet, sauf Calixte III et Alexandre VI, étaient des Italiens, et ceux de la seconde moitié avaient vu s'élever pendant leur jeunesse, aux applaudissements de tous, les monuments qui marquaient la puissance intellectuelle de leur pays. Nous avons déjà parlé de Martin V, dont, surtout dans les commencements, le pontificat fut trop agité pour qu'il trouvât le loisir de prendre part aux vastes pensées qui déjà préoccupaient tant de villes de Toscane et même du nord de la péninsule. Plus tranquille sur la chaire de saint Pierre, Nicolas V (1447- 1455) conçoit le dessein de reconstruire Rome et de lui rendre la splendeur qu'elle avait au temps des Césars. Malheureusement, le règne d'un pape est toujours trop court pour des projets dont l'exécution demande une longue vie ou une suite ininterrompue de générations animées d'un même esprit. Un Espagnol, Calixte III, qui succède à Nicolas V, laisse tout en suspens. Pie II, quoique Italien et humaniste, et malgré ses prénoms si antiques d'^neas Sylvîus, fait à Rome peu de choses pour la Renaissance. Paul II y réunit les éléments du premier musée public, et ce musée sera ouvert par Sixte IV ( 147 1- 1484), dont le pontificat de quinze ans est assez long pour mener à bonne fin ou à un état d'avancement notable un certain nombre d'entreprises commencées. Mais, manquant personnellement de goût. Sixte IV choisit surtout les hommes qui travaillent vite; grâce à leur activité, il construit la chapelle Sixtine, Sainte- Marie-du- Peuple, Sainte- Marie-de-la- Paix, fait rebâtir plusieurs églises délabrées ou de structure trop barbare à ses yeux, et parvient à

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