‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 126 sur 133 · LIVRE III. J3S · texte numérisé non relu

LIVRE III. J3S

en conservant au moins dans ses principes Tarchitecture gothique, si conforme au goût de la nation, ils arrivaient à renouveler intérieurement et extérieurement l'aspect des édifices par Tenvahissement des ornements les plus variés et la création des voûtes en éventails {Fan vaults). L'admiration excitée par la chapelle de Henri VII, à Westminster, et celle du King's Collège, à Cambridge, ne laissait aucune place à des changements venus du dehors. Les Anglais avaient ce qui leur convenait, la richesse exprimée sous une forme nationale, et nulle nécessité ne se faisait sentir de s'engager dans une autre voie.

Le style Tudor, appelé aussi florid english, dura plus d'un demi-siècle. Jusqu'au règne d'Elisabeth (1557), rien ne put arriver à diminuer son prestige, et le double tombeau du roi Henri VII et de la reine Marguerite, confié au sculpteur florentin Pietro Torrigiano (iSig), fut un caprice momentané.de Henri VIII. De même, en i526, Thomas Morus^ qui, dit-on, était partisan des idées nouvelles, fit-il venir inutilement Holbein le Jeune. Le célèbre peintre, s'il dota l'Angleterre de superbes portraits, n'exerça aucune influence sur la direction générale de l'art.

Le mérite de déterminer un changement si long a se produire était réservé à John Shute, architecte de la reine Elisabeth. Profitant de l'appui qu'il trouvait à la cour, où l'on n'était pas fâché d'inaugurer avec éclat le nouveau règne, cet habile aniste, dont le goût s'était formé en Italie, commença par introduire dans ses compositions quelques éléments classiques. Il sentait fort bien qu'il fallait momentanément res-

pecter le fond, si Ton voulait faire adopter la forme. C^est ainsi que les initiateurs de la Renaissance avaient procédé un peu partout.

L^exemple donné par Shute fut suivi par deux autres architectes, Thorpe et Smithson. De tous côtés s'élevèrent des monuments dans le nouveau style, désigné sous le nom de style Elisabeth. Le plus beau spécimen du genre se voit peut-être à Londres, au collège de Chapter-House. Mais cette période de transformation doit être surtout étudiée en province, dans les innombrables châteaux reconstruits par une aristocratie désireuse de plaire à sa souveraine. Nous nommerons seulement Kirby (Northamptonshire), WoUaton (Nottinghamshire), Hatfield (Henfordshire), Longleat (Wiltshire) et Brereton (Cheshire), que Ton se plaît à attribuer à Tun ou Pautre des maîtres indiqués, sans sMtre jamais bien mis d^accord sur un point aussi important.

Le style. Elisabeth, par son caractère mixte, ne pouvait plaire à tous les esprits ; aussi, de bonne heure, des velléités d'émancipation plus complète se fontelles jour. La principale porte du Caius Collège, à Cambridge, qui date de 1574, est déjà une œuvre classique. On y retrouve, en avant, les trois ordres superposés de la manière la plus logique, et, au sommet, s^arrondit une massive coupole.

Toutefois, avant d'arriver à quelque chose de sérieux et d'un peu étendu, il faut attendre presque un quart de siècle. L'homme qui doit donner à Tarchitecture sa véritable formule et être surnommé, en conséquence, le Vitruve anglais, Inigo Jones, n'est venu au monde qu'en 1 572, et c'est seulement sous Jacques I**

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