‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 4 sur 133 · LIVRE PREMIER. ii · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. ii

^ tères, amenaient, entre deux guerres, des luttes d'un

genre plus élevé, chaque ville mettant sa gloire à posj séder les œuvres des plus beaux génies. Parmi elles

brillaient Pise, Sienne et surtout Florence, qui, loin de commencer à décliner comme les deux premières, croissait en richesse et en puissance. Le voisinage de Bologne, où existait une célèbre université, où l'esprit d'émulation était très développé, n^empêchera pas cette ville de devenir bientôt et de rester durant deux siècles le vrai foyer intellectuel de Pltalie. Toutefois, si les cités rivales et Rome elle-même demeurent en arrière, leurs efforts ne sont pas inutiles, et il faut leur accorder une grande part dans le progrès ( général.

Dante, né à Florence en i265, de 1292 à i32o travaille à sa Divine Comédie^ qui s'inspire des auteurs classiques et transporte l'imagination du lecteur aussi bien sur le Parnasse, dans les Champs-Elysées et le Tartare que dans le ciel et dans l'enfer des chrétiens. Ce poème, il est vrai, du vivant de l'auteur ne fut connu que par quelques indiscrétions; mais d'autres pièces f moins importantes, publiées par Dante durant sa com-

{ position, eurent beaucoup de vogue et influèrent tout

i autant sur le goût des Florentins, dont la langue se

trouva prendre une nouvelle forme, acquérir de l'éléi gance et de la distinction. Avec Boccace {i3i3-i375),

I et surtout Pétrarque (r 304-1 375), l'amour de l'antiquité

I ne fait que croître; on ne se contente pas d'imiter les

\ auteurs classiques, on les étudie, on les explique; les

* écrivains latins sont mis à contribution, exploités

; . comme un patrimoine national. On agit de même avec

, li L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

les écrivains grecs considérés comme leurs modèles, ! en attendant que ces derniers, ce qui ne devait pas

tarder, soient reproduits dans leur propre langue.

Les arts plastiques se trouvaient ainsi orientés vers l'antiquité; rien ne pouvait sérieusement les en détourner. L'Italie du Nord, après avoir subi les influences de Tarchitecture romano-germanique, acceptait celles de Parchitecture gothique, que lui transmettait PAllemagne plutôt que la France. Dans Tltalie du Sud, on employait ici le byzantin enraciné par un long usage, là le gothique français implanté par les princes de la maison d'Anjou. Entre ces deux extrémités de la péninsule, la région centrale n'était ni assez envahie par les importations étrangères, ni assez liée par ses traditions locales pour se trouver, même un instant, arrêtée dès qu'elle aurait pris son essor. De plus, Tart gothique y était introduit d'une façon trop intermittente, et il y était trop froidement accueilli pour pouvoir transmettre son système de sculpture. Quant à Part byzantin, où la sculpture était presque nulle, il ne pouvait donner ce qu'il n'avait pas.

On sentit donc qu'il fallait tout reprendre par la base, et que le meilleur parti était peut-être, par une connaissance plus approfondie des monuments antiques, de rattacher le présent au passé, sans s'inquiéter des invasions du v« siècle et de tout ce qui avait été fait depuis. La tâche, du reste, ne présentait pas de trop grandes difficultés, vu le nombre de débris importants que renfermait chaque ville, vu surtout le voisinage de Rome où l'on pouvait faire un pèlerinage et étudier sur place les œuvres des grands siècles. Nicolas de Pise -

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