‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 80 sur 133 · LIVRE ir · texte numérisé non relu

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Aux trois écoles qui précèdent nous pourrions en ajouter une quatrième, celle de Fontenay-le-Comte, en Bas-Poitou. Là, sous Tinfluence de nombreux lettrés, parmi lesquels figura un instant Rabelais, fut un centre actif qui a laissé dans le château voisin de Coulongesles-Royaux une éclatante manifestation de sa puissance. Aussi François !•', en 1 540, crut-il devoir octroyer à la petite ville cette glorieuse devise : felicivm inge-

NIORVM FONS ET SCATVRIGO.

Au xvi* siècle, la plupart des villes se suffisant à elles-mêmes, rien ne serait plus facile à un observateur minutieux que de multiplier les petites écoles locales. Certaines d'entre elles, comme celles de Riom et de Périgueux, se distinguent surtout par un ensemble de dispositions particulières aux édifices destinés à Thabitation.

Ainsi que cela s'était vu au moyen âge, quelques monuments d^une importance capitale ont, à la Renaissance, donné lieu à de nombreuses imitations. Quand on ne les reproduisait pas tout entiers dans de moindres proportions, on cherchait au moins à rappeler leurs traits les plus caractéristiques. Il suffit pour se convaincre de ce que nous avançons de parcourir, par exemple, la région autour de Gisors. La grande église des Saints-Gervais-et-Protais revit en quelque sonedans celles de Magny, Vétheuil, Montjavoult et tant d'autres qu'il est inutile de citer.

Les grands architectes de la Renaissance se distinguent véritablement les uns des autres soit par des combinaisons dans les plans et les ordonnances, soit par certains détails qui, sans leur appartenir en propre,

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reviennent sous leurs mains avec une fréquence et une affectation tout à fait significatives. L'étude de ces différents caractères a une grande importance, car seule elle permet d'entrer dans la voie des rapprochements, de rectifier avec certitude des attributions erronées ou trop incertaines. Sans avoir presque étouffé les écoles géographiques, comme en Italie, les écoles personnelles en ont gravement troublé l'unité. Leur intervention néanmoins est beaucoup plus une nouvelle source d'informations qu'un élément d'anarchie ; l'art ne saurait perdre à retrouver, joint au cachet général d'une époque ou d'une société, le cachet spécial et la pensée d'un homme de génie.

Lés œuvres des architectes de la Renaissance sont loin d'être toutes anonymes, et si, trop souvent, la postérité a fait fausse route à leur égard, il en faut accuser la négligence avec laquelle avaient été fouillées jusqu'ici les archives publiques et privées. Mais, désormais, la France a retrouvé ses titres de noblesse, elle est en droit de revendiquer des productions bénévolement mises au compte de personnalités étrangères. Bien plus, une sympathie universelle seconde les efforts des chercheurs e^es érudits ; leurs découvertes sont considérées comme un événement, et la renommée s'en empare aussitôt. On voudrait tout connaître de ces beaux génies qui illustrèrent le xvi® siècle, pénétrer dans l'intimité de leur existence en même temps que posséder la liste de leurs travaux.

Au premier rang des architectes qui ont dû au mouvement indiqué de reprendre au grand jour une place méritée figure assurément Pierre Chambiges. Son père,

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