LIVRE II
nommé Martin, que des documents montrent successivement occupé à trancher les dilTiculiés relatives à de grandes constructions (cathédrales de Sens, de Troyes et de Beauvais, pont Notre-Dame, à Paris), était un maître expérimenté dont les leçons ne laissèrent pas de lui profiter. En tout cas, il fut de bonne heure distingué
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Fig. 40. -— Plan des Tuileries, suivant le projet de Philibert de l'Orme.
par François I", qui d'abord lui confia une partie des agrandissements de Fontainebleau (couc.du Cheval- Blanc), puis rappela à bâtir ou à transformer les trois châteaux deJa Muette, Challuau et Saint-Germain-en- Laye. L'ancien hô^tel de ville de Paris, quoi qu'on en dise, lui devait également beaucoup plus qu'à Dominique de Cortone. Mais il ne faut pas le confondre avec un autre Pierre Chambiges, son fils ou son neveu sans doute, qui, en iSôj, fut chargé d'élever la petite galerie du Louvre. D'après l'épitaphe que Ton voyait
jadis dans Péglise Saint-Gervais, à Paris, sa mort eut lieu en 1544.
Pierre Lescot (iSio-iSjS), Pun des hommes qui font le plus d'honneur à Tart français, n^appartenait pas, comme le précédent, à une famille d'architectes. C'était un magistrat, membre du Parlement de Paris, dont les dispositions, véritablement extraordinaires, se révélèrent, en 1541, par la construction du jubé de Saint- Germain -TAuxérrois. Suivant toute vraisemblance, l'amitié qui le liait à Jean Goujon ne lui fut pas inutile. On pourrait croire aussi, en voyant certaines combinaisons, que Pierre Chambiges, au début, exerça sur lui quelque influence. Ses œuvres authentiques, en dehors du jubé déjà cité, sont la fontaine des Innocents, Pancien hôtel de Ligneris, aujourd'hui Carnavalet, et le nouveau Louvre, qu'il commença en 1546, par ordre de François I"*. Malheureusement, l'aile principale, celle qui devait s'élever au fond d'une cour carrée et une partie de l'aile du midi, furent seules achevées par l'illustre architecte.
En même temps que Pierre Lescot, vivait Philibert de l'Orme ( 1 5 1 5- 1 570), dont le talent, fait principalement de science et de raison, personnifie le mieux la seconde évolution de la Renaissance. Maniant, du reste, aussi bien la plume que l'équerre, il a supérieurement écrit sur son art et le Premier tome de ^architecture (iSôj), les Nouvelles inventions pour bien bastir (i Sji) sont des livres que, même de nos jours, on ne consulte pas sans profit. Plus haut, il a été question delà nouvelle colonne dite française, et nous ne croyons pas utile de revenir sur cette création, dont le mérite est. incontestable, bien