‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 88 sur 133 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ainsi que le démontrent les anciens plans des Tuileries, un peu de tous côtés (à Nantouillet, à Chenonceaux, à Azay-le-Rideau), on commença de bonne heure à développer des rampes droites aux flancs d'un mur d'échiffre. Quant aux chapelles, qu'elles prennent place dans une tour comme à la Rochefoucauld, dans un pavillon comme à Écouen, qu'elles communiquent directement avec le château, comme à Chenonceaux, ou bien qu'elles soient isolées au fond d'un jardin comme à Bury, il leur est impossible de se soustraire aux voûtes sur croisées d'ogives et aux fenêtres en arc brisé. La tradition les étreint encore lorsqu'elle a déjà abandonné tout le

reste.

A propos de François I*', on parle souvent de l'influence italienne. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur lefe constructions dues à ce prince pour voir combien, au contraire, tout demeure alors parfaitement français'. Aucun rapprochement ne peut être établi entre nos châteaux et les palais ou villas d'au delà les monts. Si

Fig. 46. — Plan de Chenonceaux.

iço L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

un reproche est à faire aux architectes employés par le roi, ce n^est pas de se montrer imitateurs, mais bien de tendre trop à Toriginalité. A force d'être ingénieux et inventifs, quelques-uns d'entre eux finirent par tomber, comme à Chambord, dans des combinaisons peu propres à une résidence.

Dès la fin du xv* siècle, lorsque de toutes parts la nécessité se fit sentir d'éclairer par le dehors comme ^Ués Tétaient par le dedans les vastes pièces adossées aux courtines dont la conservation s'imposait, l'épaîsséilr des maçonneries créa des difficultés qui furent pfrôihptemént résolues de la manière la plus heureuse. Au lieu de pratiquer çà et là des percements dangereux pour la solidité de la construction en même temps que d'une exécution assez lente, nos vieux maîtres maçons .ouvrirent du haut en bas^ dans les tours et les murs 'd'enceinte, de longues brèches qui, entre autres avantages, offraient celui de simplifier singulièrement le travail dont ils étaient chargés. Presque sans y penser, on obtint ainsi une ordonnance qui eut un grand succès; car, jusqu'au milieu du règne de François 1^% même dans les constructions entièrement neuves et où, par conséquent, rien n'empêchait d'adopter d'autres dispositions, on la trouve souvent répétée. Elle comprend, dans une superposition pittoresque, parfois une porte, plusieurs fenêtres, une lucarne, et toutes ces ouvertures, encadrées de pilastres, reliées par de larges moulures plates traversant les allèges, contre-butées sur le toit par des arcs-boutants se détachant de la masse, forment des .divisions verticales qui rompent agréablement la monotonie des longues façades;

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