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LIVRE II

Kerj'ean (Finistère), tout à la fois château et lone-

Flg, S». — Cheminfe ds CoBi-li-Grai

resse, bien que construit sous Charles IX et Henri III. Çhateaubriant (Loire-Inférieure), pour lequel Jean

aaa L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

de Laval fit certainement venir un architecte de Tours ou de Blois.

Oiron (Deux-Sèvres), qui, demeuré inachevé en i5 19, après trois années de travaux^ fut continué, de 1542 à i55o, par Claude Gouffier, dit le Grand Écuyer.

La Roche-du-Maine (Vienne), très probablement dû aux mêmes artistes que Bonnivet.

Dampierre (Charente-Inférieure), où, dans un long plafond de galerie à caissons, on sent l'influence de Térudite Jeanne de Vivonne, tant vantée par Brantôme.

Usson {id,)^ plus riche qu'élégant, pour la majeure partie Tœuvre d'un architecte local assez médiocre.

La Rochefoucauld (Charente), immense forteresse brillamment transformée de 1 5 20 à i535.

Puyguilhem (Dordogne), remarquable surtout par la finesse et l'élégance des parties décoratives, exécutées sous François I".

Bourdeille (fi.), construction de forme carrée, sans toiture apparente, visiblement imitée des villas italiennes.

Lanquais (id.)^ magnifique modèle de l'architecture du temps de Charles IX.

Cadillac (Gironde), royale habitation du duc d'Épernon, élevée de 1598 à i6o3 sur les plans de Pierre Souffron.

Caumont-Savès (Gers), même possesseur et probablement même architecte.

Lauzun (Lot-et-Garonne), commencé sur de grandes proportions, mais demeuré inachevé en 1570.

Bournazel (Aveyron) , l'une des œuvres les plus (:

parfaites du xvi" siècle, élevée vers 1545 sur les plans de Baduel.

Graves {id.], création non moins remarquable, dae h un élève de Baduel, Guillaume Lissorgues.

Pau (Basses- Pyrénées), singulièrement embelli du temps de Marguerite de Valois, épouse de Henri d'Albret, par des artistes venus des bords de la Loire.

Fig. cj. — u fl«i«.

Saint-Elix (Haute-Garonne), construction brique et pierre, remarquable par ses hautes toitures [18 mètres), les allèges de ses fenêtres en glacis et les animaux de toute sorte sculptés sous ses lucarnes.

Pibrac (id.), type précieux d'architecture toulousaine aux environs de 1540,

Uzès (Gard), qui montre une façade attribuée à Philibert de l'Orme, mais plus probablement l'œuvre d'un architecte provençal.

Roussillon (Isère), bâti par le cardinal de Bourbon, sous Henri II.

Sully (Saône-et-Loîre), attribué avec beaucoup de vraisemblance à Nicolas Ribonnier, qui se serait mis à ^

Tœuvre en 1567. K

Bussy-Rabutin (Côte-d'Or), réduit aux deux corps ^

de logis latéraux, composés d'un double étage de '{

galeries, décorées avec la plus exquise délicatesse j

vers i535, j

Ancy-le-Franc (Yonne), construction de la plus parfaite régularité. Autour d'une cour carrée, quatre corps de bâtiments renforcés aux angles par des pavillons. Les profils remarquablement étudiés indiquent un architecte de premier ordre; mais le nom du Primatice a été mis en avant sans aucune raison. Il faut bien plutôt songer à un architecte français du temps de Henri II.

Jbigny (W.), commencé en iSôg. Le corps de logis central et un pavillon d'angle ont seuls été achevés,

Vallery (/rf.), que Du Cerceau mettait en parallèle avec le Louvre, au moment où il venait d'être reconstruit en partie par le maréchal de Saint-André.

Frasnes (Haute-Saône), où Ton admire une longue et pittoresque façade élevée par les Granvelle dans les dernières années de François !•'.

Le Pailly (Haute-Marne), splendide résidence du maréchal de Saulx-Tavannes, authentiquement due à Nicolas Ribonnier.

Le Grand-Jardin, à Joinville {id.), auquel firent successivement travailler les ducs Claude I" et Claude II de Guise. La forme, qui se répétera à Tinfini dans les

siècles suivants est celle d'un long corps de logis à simple rez- de- chaussée sur sous-sol élevé.

bâti sur de grandes proporiîons,

Louffpy (Meuse), durant la seconde moitié du XVI' siècle, par un architecte venu d'Allemagne.

Cons-la-Granville (Meurthe-et- Moselle), où, dans une salle ornée d'une frise peinte - tirée des Chasses de Jean Stradan, se voit une magnifique cheminée du temps deHenri III.

Le manteau, supporté par deux cariatides , pré se me trois histoires amoureuses, empruntées à la mythologie : la fin

tragique de Py- Fig. ce. — Ponail de l'archnêché de Sen».

rame et Thïsbé,

le jugement de Paris et la métamorphose d'Actéon. Meillant(Cher),quiappariientaurègnede Louis Xlf, mais n'a rien de commun avec Frà Giocondo, ainsi qu'on s'est plu à le répéter.

Mfi L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

Fig. 67. — Hfllel dï villt d( Beiugeney.

Ëoucard (Cher), très élégante construction des dernières années de François I".

La Bastie (Loire), demeure célèbre, remaniée profondément, de i535 à i555, sous l'inspiration de

Fig. fiB. — Ancienne porte du Capiiole, à ToulouM.

Claude d'Urfé, par un architecte très probablement bourguignon, Antoine Jovillyon, La chapelle, naguère

encore toute remplie d'objets d'art, et la grotte qui précède, Tune et l'autre conçues dans le goût italien, occupent en grande partie le corps de logis principal, au fond de la cour, tandis que, à droite, régnent deux étages de galeries, assez maladroitement précédées d'une rampe en pente douce.

Au xvr siècle, les évéques résidaient peu dans leurs diocèses; ils n'avaient donc pas autant de motifs que les seigneurs laïques pour tout reconstruire ou tout transformer. Cependant, on trouve plusieurs palais épiscopaux qui ont alors reçu de notables embellissements. L'un d'eux même, celui de Sens, jouit à bon droit d'une grande réputation. On admire, dans l'aile terminée en i52i, l'habile mélange de la brique et de la pierre, la délicatesse des ornements tant sur les pilastres que sur les chambranles des fenêtres, l'élégance des frises où, par un emprunt fait aux armes de l'évêque, Etienne Poncher, des coquilles enrubannées alternent avec des balustres aussi riches que variés. Quant au corps de logis commencé en i535, par ordre du cardinal Louis de Bourbon, sous la direction de Nicolas Godinet, et composé d'un étage sur galerie à arcades cintrées, il se fait remarquer par son ordonnance symétrique et sa régularité. En outre, pas de meneaux aux fenêtres ni de lucarnes sur les toits, ce qui est une infraction aux habitudes françaises.

En passant, il a déjà été question des hôtels de ville bâtis par Charles Viart, à Orléans et à Beaugency. Quel que soit le mérite du premier, curieux spécimen du style de transition en honneur sous Louis XII, il cède la place au second dont la façade, qui montre tout

le progrès faii en vingt-cinq ans, ^eut passer pour un chef-d'œuvre d'élégance er d'harmonie. L'hôtel de ville de Lorris, dans la même région, n'a pas l'importance des précédents; mais on admire, comme au palais de Sens, le sage emploi de la brique et de la pierre, en même temps que l'un des plus anciens exemples de ces fenêtres géminées si chères aux architectes Orléanais.

On a beaucoup disputé et on dispute encore sur le nom du véritable auteur des plans de THôiel de Ville de Paris.

S'ils ont été dressés, ainsi que le voudraient des documents récemment publiés, par Dominique de Cortone, il faut avouer que ce maître avait singulièrement mis en oubli les traditions .de son pays. Du reste, puisque, sur l'État des gages des ouvriers italiens amenés en France par Charles VIII, on le trouve désigné comme « menuisier de tous ouvraiges de menuiserie el faiseur de chasteaulx n, c'est-à-dire de tours en bois destinées à la défense, tout fait donc supposer qu'il

Fig. «g.

Tourelle de rhtftcl Lalkmani,

à Bourgïi,

ajo L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

a appris chez nous son métier d^architecte. En i533,au moment où la première pierre du monument fut solennellement posée, Dominique de Cortone était en France depuis trente-huit ans, et on admettra difficilement que, pour révéler un talent possédé dès le début, il ait attendu si longtemps.

L'un des plus charmants hôtels de ville bâtis sous François I"(i532-i535) se voit à Niort, dans les Deux-^ Sèvres. Il se compose d'un corps de bâtiments plus profond que large dont l'architecte, Maihurin Berthomé, a eu l'idée de renforcer les angles par des contreforts cylindriques assez semblables à des tolirs. Au sommet, des mâchicoulis complètent l'aspect pseudo-guerrier de l'édifice. L'hôtel de ville de Loches, à peu près du même temps (1534- 1543), présente un autre genre d'intérêt. L'architecte, Jehan Baudoin, a su tirer très habilement parti d'un emplacement ingrat, dans l'angle formé par une saillie des vieux remparts.

On sait combien sont rares les œuvres authentiques de Nicolas Bachelier. Cet architecte, en 1545, fut chargé de refaire, à Toulouse, l'entrée principale du Capitole; mais dans les transformations subies à différentes reprises par le vieil édifice, les souvenirs de la Renaissance ne devaient pas être respectés. Les uns ont disparu, d'autres, comme la porte de Bachelier, se sont vus transportés loin de leur place primitive.

A propos des Métezeau, nous avons dit quelques mots dé l'hôtel de ville de Dreux, Il ne faut pas oublier non plus, à Arras, les additions dues à Mathias Tesson, qui portent la date de i573; à Besançon, l'élégante façade dont un document fait honneur à Hugues Sam-

bin (i583-i585) '; à la Rochelle, Je long corps de logis terminé en 1607, sur les plans d'un architecte u. Toutes ces constructions ont die disposée^

Fig. 70. — Fenfirt dt l'h6l«1 Laibordsi, à Touloutc.

Spécialement pour servir de siège aux adtninistrations municipales, tandis que Thûiel de ville d'Atnboise (i 5o3-

1. Il i'a%h ici de l'ancien hSielde ville, aujourd'hui transformé n palais de justice.

«ja L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

i5o5) et celui de Paray-le-Monial (i525-i528), par. exemple, ne sont que des habitations privées, récemment appropriées à leur nouvelle destination.

Il ne reste rien, à Paris, de la célèbre Cour des comptes, élevée dans les dernières années du règne <le Louis XII; mais, à Grenoble, une partie du palais de justice qui, en dépit de ses allures toutes gothiques, est à peu près de la même date, n^a heureusement guère subi d'injures. On peut dès lors plus facilement juger du progrès accompli dans une province longtemps en retard, car tout à côté, de i56i à 1602, l'achèvement de Pédifice a été poursuivi conformément aux doctrines du temps.

Le palais de justice de Dijon appartient aussi à dif* férentes époques de la Renaissance. Commencé sous Louis XÏI, en r 5 1 r, il n'était terminé qu'en 1 586, sous Henri III. L'une des parties les plus remarquables, le plafond à caissons de l'ancienne salle des séances solen* nellesdu Parlement, qui porte le nom d'Antoine Gailley, dit Alement, a été posé en i522. La salle des Procureurs, aujourd'hui des Pas Perdus, était encore en construction sous Henri II, et le joli porche qui précède la façade à pignon, œuvre probable de Nicolas Ribonnier, date de Charles IX. Enfin c'est seulement sous Henri II I, en i582, qu'un traité fut passé avec Hugues Sambin pour l'exécution de la splendide clôture en bois de la chapelle.

Les grandes habitations urbaines, le plus souvent bâties par la bourgeoisie que le commerce avait enrichie, étaient alors et sont encore désignées sous le nom d^hàtels. A la différence des simples maisons dont la

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