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CHAPITRE X

Peinture.

La peinture de bâtiment est en partie destinée à conserver et en partie à décorer ou embellir certaines portions de la construction. A cet effet on se sert de substances mucilagineuses dont on couvre les surfaces de maçonnerie, de bois, de fer, etc. Ces substances en durcissant à l’air préservent les matériaux sur lesquels elles sont appliquées des effets de l’atmosphère. La peinture est une des dernières opérations entreprises pour achever et compléter un bâtiment quelconque.

La peinture ordinaire , et la plus vulgaire, consiste à poser plusieurs couches de peinture sur les faces qu’on veut conserver ou orner.

La peinture’ de décors est d’un degré supérieur; elle consiste à imiter des bois, des marbres, des granits , ainsi que la coupe, les assises et les joints de la pierre de taille.

La première opération du peintre, c’est de bien nettoyer les ouvrages qui doivent être peints. Cette opération est nommée époussetage. L’époussetage se fait avec le balai de crin sans manche, et s’applique aux murs, aux plafonds , à la menuiserie, etc. Ensuite on procède au rebouchage ordinaire. Ce travail consiste à boucher les fentes et les trous qui peuvent se trouver dans les surfaces à peindre , soit dans la pierre ou le plâtre, soit dans le bois. Le mastic qu’on emploie dans cette opération devra se faire au blanc de céruse ou au blanc de zinc. On peut aussi employer du mastic de couleur, c’est-à-dire du ton qui doit recouvrir l’objet à peindre. Les rebouchages se font à l’huile et à la colle, selon la couleur de ces deux substances employée.

Il y a deux sortes de peintures , la peinture à la colle , dite en détrempe, et la peinture à l’huile. Pour la détrempe les couleurs sont broyées à l’eau et ensuite préparées ou détrempées à la colle. Il faut faire une grande attention de ne jamais appli-

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quer la couleur à la colle sur une surface qui ne serait pas entièrement sèche, car sans cela elle se remplirait de taches, se piquerait et se détruirait bientôt. La peinture en détrempe ne doit être employée qu’à l’intérieur, dans les appartements. La peinture en détrempe est moins chère que celle à l’huile : elle est composée d’eau, de colle animale et de blanc d’Espagne auquel on mêle d’autres couleurs pour faire le ton qu'on désire avoir. L’eau employée dans la peinture à la colle doit être de préférence de l’eau douce et de rivière, si c’est possible; car les eaux de puits et de source sont habituellement chargées de sulfate de chaux. Pour que cette couleur soit bonne, il faut qu’elle file au bout de la brosse lorsqu’elle est retirée du pot : si elle y restait attachée, ce serait une preuve qu’elle ne contient pas assez de colle. 11 est convenable que toutes les couches, et en particulier les premières, soient appliquées très-chaudes, mais non bouillantes.

Quand on veutavoir delà peinture belle et solide, on prépare les objets à peindre par des encollages et des blancs d’apprêt. Encoller c’est étendre une ou plusieurs couches de colle sur un sujet. Sur l’encollage se posent ensuite plusieurs couches de blanc. Il faut avoir soin que les couches posées successivement aient de l’égalité ; car une forte couche posée sur une précédente dont la colle aurait été faible tomberait par écailles. Il faut aussi ne pas faire bouillir le blanc, carlachaleur le graisse, et ne pas employer la couche trop chaude, parce que les blancs du dessous se dégarniraient.

Quand on désire obtenir une peinture soignée, on emploie la pierre ponce qu’on promène sur la surface pour l’adoucir. Il faut que le ponçage soit fait par un ouvrier intelligent, qui après celle opération terminée répare l’ouvrage adouci. Il nettoie toutes les moulures, et ensuite seulement oh applique la couleur du ton qu’on voudra et à deux couches.

Pour appliquer le vernis sur la peinture en détrempe , on passera deux couches d'une colle très-faible sur le sujet en ayant soin, comme dès le commencement, de ne pas en gorger les moulures. Quand l’encollage est bien sec on peut donner deux ou trois couches de vernis à l’esprit de vin. Mais habituellement on ne vernit pas la détrempe, à cause de la cherté

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de ce travail ; la peinture à la colle sans vernis se nomme détrempe malle.

La détrempe à la chaux est employée pour blanchir les parements extérieurs des murs ; comme son nom l’indique, cette couleur est faite avec de la chaux et la plus belle qu’on puisse avoir, qu’on a soin de bien laver. On la met dans un vase quelconque, on y ajoute un peu de bleu et de la térébenthine, afin de lui donner du brillant. Ce mélange est ensuite détrempé dans de la colle de peau en y ajoutant un peu d’alun; on l’applique enfin, à deux ou trois couches, sur les murs avec une. grosse brosse. Les couches doivent être posées minces.

Quant à la détrempe pour les murs intérieurs , encore en usage à la campagne, on fera infuser à l’eau telle couleur choisie, qu’on détrempera à la colle de peau. En mêlant de l’ocre jaune au blanc de craie, on obtiendra un ton jaune de pierre convenable pour les corridors et cages d’escalier. On peut encore y ajouter une pointe d’ocre rouge destinée à soutenir la' teinte.

Pour toute espèce de couleur en détrempe, il faut avoir particulièrement soin que la couleur ne devienne pas grumeleuse par l’addition de la colle.

La couleur dont on se sert pour peindre l’extérieur des maisons est nommée badigeon. On obtient un badigeon conservateur dit Bachelier, du uom de son inventeur, en prennant 23 parties de chaux récemment éteinte et tamisée , 7 parties de plâtre tamisé, 8 parties de céruse en poudre et 9 parties de fromage mou bien égoutté, dit fromage à la pie. On mêle bien ses différents ingrédients , on les broie, on y ajoute un peu d’ocre jaune ou rouge , selon le ton qu’on veut avoir.

Le badigeon de Lassaigne se compose de 100 parties de chaux vive', 5 d’argile blanche et 2 d’ocre jaune. Il faut commencer par éteindre la chaux avec de petites quantités d’eau, la délayer ensuite dans une plus grande quantité pour en faire un lait de chaux. On délaye l’argile en la laissant dans l’eau pendant un certain temps, et ensuite on la mélange le plus complètement possible avec le lait de chaux. On laisse séjourner ce mélange dans des baquets pendant un jour, en ayant soin de le remuer de temps à autre. Ensuite on y ajoute de l’ocre jaune

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pour le colorer. Pour la nuance de ces badigeons, on fera des essais ou des échantillons , afin de s’assurer auparavant de la teinte, qui ne doit pas être trop jaune; car le badigeon blanchit en séchant. Quand il est trop foncé, il est d’un mauvais effet. Il faut toujours s'efforcer de lui donner le même ton que la pierre du pays. Le badigeon de M. Lassaigne a été exposé pendant deux ans à la pluie, et n’a éprouvé aucune altération; on ne pouvait même en enlever aucune partie par le frottement.

M. Cadet Devaux est l’inventeur d’une peinture à la pomme de terre pour les intérieurs. Elle se compose de : l kilogramme de pommes de terre cuites à l’eau et pilées, de 2 kilog. de blanc d’Espagne, ou autres matières colorantes et de 8 kilog. d’eau (8 litres). On écrase les pommes de terre encore chaudes, on les délaye avec moitié environ d’eau, on y mêle le blanc détrempé séparément dans une quantité d’eau égale ; on remue bien le mélange, on le passe à travers d’un tamis pour en séparer les grumeaux, et enfin on l’emploie à la manière usuelle de la détrempe ordinaire.

On a composé un badigeon en Amérique qui a donné les résultats les plus satisfaisants. II est formé de 17 litres de chaux vive, bien propre, en pierre, qu’on fait éteindre dans de l’eau bouillante en ayant soin de tenir couvert le vase pour conserver la chaleur. Celte liqueur est passée dans un tamis fin ; on y ajoute 9 litres de sel blanc également dissous dans de l’eau chaude, t kilo. 1/2 de farine de riz réduite en bouillie claire, agitée et portée à l’ébullition, 0 kilogr., 223 de blanc d’Espagne en poudre et 0 kilogr., 500 de colle claire, préalablement dissoute en la détrempant dans de l’eau et en la chauffant ensuite doucement au bain-marie. 23 litres d’eau chaude sont ajoutés à ce mélange, qu’on remue bien, et qu’on laisse reposer pendant plusieurs jours, en ayant soin qu’il ne puisse s’y introduire de poussière. Ce badigeon s’applique très-chaud en le puisant dans une marmite posée sur un fourneau portatif. Quand ce mélange est convenablement employé , il en faut environ 0 kilogr., 70 pour enduire un mètre carré de mur extérieur. Il est entendu qu’on l’applique avec des brosses plus ou moins fortes, suivant le genre de travail, et qu’on peut, à volonté, y ajouter des matières colorantes.

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On emploie pour les peintures à l’huile V huile de lin. Quand on veut rendre cette matière très-blanche en la laissant exposée au soleil dans une cuvette de plomb , pendant un été , on y jette en môme temps de la céruse et une petite quantité de talc calciné. On peut se servir d’huile de noix pour broyer les couleurs communes, qui donnent des tons foncés, mais elle ne doit pas être employée pour les tons clairs, parce qu’elle est trop colorante. L’huile d’œillette est d’un blanc jaunâtre : on peut l’employer au broyage des teintes claires et brillantes.

On nomme huile grasse une sorte de siccatif.

Le moyen de blanchir l’huile de lin, c’est de mettre 61 grammes de litharge dans 4 litres 550 d’huile; après avoir remué fréquemment le mélange pendant deux semaines, on le laisse reposer un ou deux jours, puis on le soutire en y ajoutant un demi-litre d’esprit de térébenthine; quand l’huile .aura été exposée au soleil pendant trois jours , elle sera aussi blanche que l’huile de noix.

Toutes les couleurs à l’huile doivent être couchées à froid. Seulement lorsqu’on veut préparer une superficie neuve ou humide, on applique la couleur à l’huile, non froide , mais bouillante. Toute couleur détrempée à l’huile simple et à l’huile mélangée d’essence ne doit jamais filer à l’extrémité de la brosse.

Tout sujet qu’il s’agit d’enduire de couleur à l’huile doit recevoir une ou mieux deux couches d’impression : l’impression consiste dans une couche de blanc de céruse ou de zinc broyé et détrempé à l’huile. Les impressions pour les ouvrages du dehors, comme portes, fenêtres, etc.,quinedoiventpas être unis , peuvent être faites à l’huile de noix pure, en y mélangeant de l’essence dans une faible proportion, 6 à 8 décagrammes, par exemple, par kilogramme de couleur. Si l’on mettait une trop grande quantité d’essence , les couleurs bruniraient et tomberaient en poussière. Avec la dose indiquée plus haut, on évitera aussi les cloches qui pourraient se former sur l’ouvrage.

Quant à l'huile de noix, elle devient plus belle à l’air que l’huile de lin ; en s’évaporant elle laisse les couleurs se blanchir davantage, qui ressemblentalors aux couleurs en détrempe. Tous

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les dehors, peints à l’huile de noix, doivent être à l’huile pure, sans essence.

Quand à l 'intérieur on veut vernir la peinture, la première couche sera broyée et détrempée à l’huile, et la dernière détrempée à l’essence bien pure : elle emportera l’odeur de l’huile, et le vernis appliqué sur une couche.de couleur détrempée à l’huile coupée d’essence ou à l’essence pure sera plus brillant. Enfin l’essence, mêlée «avec l’huile, la faitpénétrer dans la couleur.

L’essence est un liquide qui provient du suc résineux extrait de différents arbres qu’on a distillé à la température de l’eau bouillante, pour en enlever la partie résineuse. Lorsqu’il s’agit de vernir la peinture à l’huile, la première couche sera à l’huile pure, et les deux dernières à l’essence pure; lorsqu’elle ne doit pas être vernie, la première couche sera à l’huile pure, et les deux dernières à l’huile coupée d’essence.

On rencontre souvent des nœuds dans le bois , surtout des nœuds très-résineux dans le sapin, sur lesquels la peinture ne prend que difficilement. Si .l’on peint à l’huile simple, on préparera de l’huile à part dans laquelle on mettra beaucoup de litharge qu’on broyera ensemble ; on étendra cette préparation sur les nœuds, en ayant soin de ne pas laisser d’épaisseur de peinture sur les bords, qui sans cette précaution se verraient parfaitement dans la peinture achevée. On enduit aussi les nœuds de deux ou trois couches de couleur de minium à l’huile, ce qui donne également un bon résultat. Quand on peint à l’huile vernie polie, il faut y mettre plus de teinte dure.

Certaines couleurs, comme jaune de stil de grain, noir de charbon, noirs d’os, d’ivoire, broyées à l’huile, ne sèchent que très-difficilement. Dans ce cas il faut se servir de siccatifs, substances qu’on mêle avec les couleurs broyées et détrempées à l’huile, pour les faire sécher. -

Pour la peinture de portes, fenêtres et volets ou persiennes extérieurs, on se servira d’une couche de blanc de céruse ou de zinc broyé à l’huile de noix. Afin de mieux couvrir le bois, on détrempe le blanc un peu épais avec de la même huile, dans laquelle on met du siccatif. Le rebouchage se fait au mastic à l’huile. Pour la seconde couche , on emploie le même blanc

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broyé à l’huile de noix, et l’on y môle environ un huitième d’essence.

Dans le cas où l’on poserait des lambris, il faut appliquer sur le revers du derrière du lambris deux ou trois couches de gros rouge, broyé et détrempé à l’huile de lin , et ne poser la boiserie que lorsque la peinture est bien sèche.

On doit toujours donner la première couche à l’huile et jamais à la colle.

Four une première couche d’impression de quatre mètres superficiels, il faut environ 600 grammes de blanc de céruse en détrempe.

Four couvrir quatre mètres superficiels à trois couches , il faut 1 kilo. 500 grammes de couleur; toutefois, la quantité absorbée par chacune des couches ne sera pas la môme. La première en absorbera naturellement davantage , à peu près 550 grammes ; la seconde 500, la troisième 450.

Le kilogramme 500 grammes de couleur peut se composer avec un kilog. ou 1 kilog., 250 grammes de couleurs broyées et détrempées dans 6 ou 8 décilitres d’huile ou d’huile coupée d’essence ou d’essence pure.

Dans le cas où l’on veut avoir une très-belie peinture blanche pour intérieur, qui séchera et cessera de donner de l’odeur au bout de six heures, on prendra 4 litres 545 d’esprit de térébenthine, 900 grammes d’encens mâle ou franc, qu’on fera bouillir sur un feu clair jusqu’à complète dissolution. Ensuite on passera cette liqueur par un linge en exprimant, et on la mettra en bouteilles pour s’en servir au besoin. Alors on mettra à 4 litres545d’huiledelinbien blanche un litre du mélange conservé: on remuera bien ensemble ces deux liquides, et mettez encore en bouteilles, broyez alors une quantité quelconque de céruse avec de très-bel esprit de térébenthine, et y ajoutez suffisamment du dernier mélange : c’est ce qu’il faut pour une première couche. Si en travaillant on trouve que la préparation est trop épaisse, onia rend plus fluide avec de l’esprit de térébenthine. Cette couleur est d’un prix élevé, mais d’une rare perfection, surtout si on l’applique après avoir poncé le sujet qui la reçoit.

f‘our la peinture au lait, on emploie le lait écrémé, 15 à t8 décilitres, qu’on a soin de bien passer avant de l’employer. Prenez

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ensuite 48 à 20 défcagrammes de chaux récemment éteinte, 42 à 43 décagrammes d’huile d’œillette ou de lin ou de noix, 240 à 250 décagrammes de blanc d’Espagne. Éteignez la chaux en la plongeant dans l’eau ; après l’avoir retirée, exposez-la à l’air; elle s’y effleurit, et se réduit en poudre. Mettez la ensuite dans un vase de grès, versez dessus une portion de lait suffisante pour en faire une bouillie claire : -.ajoutez un peu d’huile peu à peu, en observant de remuer avec une spatule en bois; versez ensuite le surplus du lait, et délayez le blanc d’Espagne. En tombant dans le mélange de lait, et de chaux, l’huile disparaît; la chaux la dissout entièrement, et ils forment ensemble un savon calcaire. Enfin, on émiele blanc d’Espagne, qu’on répand lentement à la surface du liquide; il s’imbibe et tombe au fond du vase. Remuez-le alors avec un b;lton.

On peut colorer la peinture au lait comme la peinture en détrempe, soit avec du charbon broyé à l’eau, soit avec des ocres jaunes ou rouges, etc. , etc. Quand on emploie cette peinture sur des bois blancs, il faut ne pas oublier de les préparer par une lessive à l’eau seconde ou à l’ammoniaque; sans cela la chaux faisant sortir la matière résineuse, la peinture se tacherait de filets jaunâtres.

Pour les intérieurs, on peut se servir d’une peinture très-vive et mate qui est du meilleur effet. Fondez 500 grammes de gomme arabique dans deux litres d’eau , et passez le liquide dans un linge très-fin. Cela fait, il faut pour Yazur l’outremer délayé dans 25 grammes de blanc d’œuf pourri et 5 grammes de gomme; pour le ronge, le vermillon dans 25 grammes de blanc d’œuf et 8 grammes de gomme; pour le blanc, blanc d’argent, 25 grammes de blanc d’œuf et 8 grammes de gomme; pour le noir, noir d’ivoire, 25 grammes de blanc d'œuf et dix grammes dégommé; pour le vert, le vert anglais, employé par glacis et sur un fond blanc; l’œuf ne doit servir que pour les raccords et retouches à faire. Il faut éviter de se servir de gomme et repeindre avec des tons moitié plus clairs. L’application de l’or se fait à la cire.

11 serait à desirer qu’on se servît de peinture au lieu de papier peint pour les salons et les salles â manger. A cet effet on emploierait la peinture & la colle ou la peinture à

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l’œuf, qui est d’un magnifique effet; elle est en outre trèsdurable. Dans les contrées où l’on n’aurait pas sous la main de peintres décorateurs, on se contenterait d’un décors facile à exécuter et peu cher. On diviserait les murs en panneaux; de la hauteur de l’étage, on disposerait des bordures autour de ces panneaux, dans lesquels on adapterait, à leur pourtour, des filets de diverses grosseurs et de diverses couleurs. Ainsi, par exemple, en employant un fond jaune abricot, fait avec le stil de grain, on ferait des bordures blanches, sur lesquelles on peindrait des ornements en rouge (vermillon clair). Sur le jaune, au bord, le long des bordures

Fig. 313.

blanches, on ferait des filets bleus, également d’un ton clair, qui encadreraient le jaune. On pourrait peindre ces filets bleus à 4 centimètres de distance de la bordure blanche et leur donner 15 milli-

mètres ou 2 centimètres de largeur. On pourrait ne pas les terminer aux quatre angles en équerre et pour orner davantage tracer un angle orné dont nous donnons des modè-

les dans les figures 349 et 350. On pourrait ensuite parsemer le fond jaune de petits fleurons légers , soit en bleu , en rouge , soit de toute autre couleur, en ayant soin de ne pas les placer en damier, mais en quinconce, ainsi que 1 ’i ndique la figure en a.

Nous donnons quelques exemples de bordures dans la figure en c, f, h, i,

et figure 344. Les cou-

Fig. 344.

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Fig. 34ti.

leur.s sont arbitraires et au goût du propriétaire. Pour se rendre compte de l’effet, on tracera le dessin sur un mur et l’on fera plusieurs essais de tons, et l’on ne commencera l’exécution que lorsqu’on aura bien déterminé ce que l’on veut faire, afin de ne pas être oblige de recommencer, ce qui ferait des frais inutiles.

Dans l’angle que forment les parois verticales des pièces avec les plafonds, on

place des

corniches, soit traînées en plâtre , soit en bois. En dessous de ces corniches , on figure ce qu’on nom-

Fig. 347. Fig. 348. me des fri-

ses, ou parties plates verticales ornées de sculptures ou simplement de peintures. Les figures aèdes vig. 347 et348, et a et e de la vig. 344, sont des motifs de frises , ainsi que la figure 345 et a , c de la fig.

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