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DU NIVELLEMENT DU TERRAIN A BATIR

Sur le point le plus élevé enfoncez un piquet a jusqu’à ras de terre , et dans la direction du niveau à prendre placez un autre piquet b à environ 2 mètres au plus du premier. Placez

une extrémité de règle sur le premier piquet, et appliquez l’autre contre le second piquet. Présentez ensuite le niveau de maçon sur le dessus de la règle, vers le milieu, et mettez la règle de niveau.

Marquez d’une manière quelconque ce niveau sur le second piquet, plantez-en un troisième c, et recommencez l’opération. Mais il faut avoir soin de ne jamais confondre le dessous avec le dessus de la règle. La différence de niveau cherchée sera la hauteur du pied du dernier piquet jusqu’au point où arrivera le dessous de la règle.

Le résultat de l’opération faite avec le niveau de maçon repose sur ce principe tiré de l’expérience : qu’un poids quelconque attaché ou suspendu à un fil prend constamment une direction verticale tendant au centre de la terre et formant avec la ligne horizontale ou ligne de la surface de l’eau un angle droit ou de 90 degrés.

Les deux méthodes de nivellement que nous venons de décrire seront suffisantes pour prendre couramment des différences de niveau et-suffiront aux besoins ordinaires du constructeur. Mais dans les cas où une plus grande précision serait exigée, ce qui arrive fréquemment, surtout quand les niveaux sont à de grandes distances les uns des autres, il est nécessaire de faire une opération avec un instrument plus précis et plus exact. Cet instrument est le niveau d’eau qui repose sur ce principe d’hydrostatique, que la surface calme de l’eau est toujours horizontale.

Le niveau d’eau consiste en un tube dont les extrémités se recourbent en l’air à angle droit; il est fixé au milieu sur une tige qu’on enfonce en terre. Dans chacune des extrémités recourbées on introduit un petit cylindre ou fiole, qui forment les points de mire pour une ligne horizontale. Quand on fixe le niveau en terre par le milieu dans une direction à peu près ho-

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rizontale, et qu’on remplit le tube d’eau, cette eau monte dans les extrémités recourbées et forme deux surfaces dans les deux cvlindrescreuxetquiconstituentune ligne horizontale, quel’instrament soit lui-même horizontal ou non. Maintenant, si l’on prend comme points de mire les deux petites surfaces d’eau des cylindres ou fioles, on sera certain de pouvoir s’assurer d’une ligne parfaitement horizontale, qui pourra servir à toutes les opérations de nivellement. Il va sans dire qu’il y a encore d’autres espèces de niveau d’eau, dont on pourra se servir et dont on apprend l’emploi par celui qui les vend.

Le niveau d’eau est placé sur le point culminant du terrain et dans la direction où l’on veut chercher la différence de niveau. Dans cette direction est placé un homme tenant à la main une règle divisée en mètres et en centimètres. Sur cette règle glisse une petite plaque en métal peinte en rouge et en blanc, à deux bandes horizontales. L’œil de l’opérateur mire au-dessus des surfaces des deux cylindres, et fait baisser ou hausser la petite plaque jusqu’à ce qu’enfin la vue embrasse les deux surfaces d’eau et la jonction du rouge et du blanc dans une seule et même ligne, et cette ligne sera la ligne de niveau. On verra à quelle mesure de la règle correspond la ligne de jonction des deux couleurs ; ensuite on mesurera la hauteur du pied de l’instrument (ou niveau d’eau) jusqu’à la surface de l’eau dans les cylindres. On défalquera celte hauteur de la règle divisée en centimètres en descendant du point de mire, et ce qui restera sera la différence des deux niveaux de térrain.

Nous allons donner un exemple pour nous mieux faire comprendre. Supposons que a b soit une route, c d le point où l’on veut établir une construction quelconque. On veut savoir quelle est

la différence de hauteur ou de niveau entre la ligne a à et la ligne c d. Placez le niveau d’eau au milieu de la route a b;

TRACÉ D’üN BATIMENT SUR I.E SOL ET FOUILLE. 465

dirigez-le en longueur sur le point c d. Vos deux points de mire de l’instrument vous conduiront (ce qui est indiqué par la ligne ponctuée g) sur la règle e /, au point g. Supposez que du point g à la ligne c d vous ayez trouvé 4m,60. De ces 4m,60 il faut défalquer la hauteur de l’instrument que nous supposerons être im,35. Otez donc ce mètre trente-cinq centimètres de 4m,60, il restera 3m,25 qui sera la différence de hauteur ou de niveau entre la ligne a b et la ligne c d, c’est-à-dire que la ligne de la route sera plushaute de 3”, 25 que la ligne cd, où doit être établie une construction ou une terrasse, etc., etc.

Tracé d’un bâtiment sur le sol et fouille.

Lorsqu’on a arrêté ses projets et dessiné ses plans, coupes et façades, il s’agit de les exécuter. Quand on est fixé sur l’emplacement de la construction qu’on veut élever, et que cette construction est isolée, que son tracé sur le sol n’est point déterminé par des considérations particulières, que sa position est indépendante de ce qui peut exister autour, on trace avec un cordeau une ligne a b sur le sol, qu’on a eu soin auparavant de faire niveler grossièrement. Cette ligne sera tracée dans la

direction qu’on veut donner à la façade principale et elle formera le pied de cette façade. Si le bâtiment que vous élevez est isolé, vous avez à déterminer la longueur de votre façade. Si vous lui avez donné sur votre dessin supposons 12 mètres de longueur, ce sont 12 mètres réels avec une mesure dont se servent les ouvriers qu’il faut reporter sur la ligne tracée sur le sol. Vous déterminerez où vous voudrez asseoir l’angle de votre bâtiment. Car il faut commencer par un point de départ. Cela fait, soit en a, vous y enfoncerez un piquet d’un mètre environ de longueur, et à partir de ce piquet vous mesurerez 12 mètres, et au pointé, où vous arriverez, vous enfoncerez un autre piquet. Vous vous assurerez si la position de ces douze mètres de longueur est selon vos convenances , s’il ne faut pas les avancer ou reculer à gauche ou à droite. Quand

Fig. 355.

LA SCIENCE UES CONSTRUCTIONS

vous serez satisfait de la position de cette première ligne, à chacune des extrémités vous vous retournerez d’équerre sur cette ligne de façade et vous tracerez deux autres lignes ad, bc perpendiculaires à la première, sur lesquelles vous reporterez le nombre de mètres que doivent avoir vos laçades latérales. Si la place de votre maison est un rectangle ou un pavillon carré, des deux extrémités des lignes en retour de vosfaçades latérales ad, bc, vous tirerez une parallèle à la ligne tracée en premier : soit de.

Si le plan de la maison avait deux avant-corps ou quatre angles rentrants, comme l’indique la figure 336, vous tracerez d’abord le rectangle jcdk, et vous y ajouterez ensuite les deux

petits rectangles abcl, ifgh. Il faut avoir soin que les distances kl, ji soient égales aux distances cd, fe.

A tous les points que vous aurez déterminés en leur donnant leur position respective, vous enfoncerez des piquets, par lesquels vous vous rendrez compte quel est l’emplacement du bâtiment à élever, et si cet emplacement répond à vos désirs et convenances. Faites le tour extérieur des piquets , placez-vous à distance sur chaque face et cherchez s’il n’y a pas d’inconvénient à fonder la maison dans le contour formé par les piquets Si le bâtiment n’a pas de caves, soit abcd, de la fig. 35a, vous avez l’épaisseur des murs à tracer dans le rectangle abcd, ce qui se fait en tirant des lignes parallèles à ab, bc, cd, et da. Mettez ces parallèles à la distance qu’auront l’épaisseur de vos murs. Supposons celte épaisseur de 48 centim. La distance entre les lignes tirées et les lignes ponctuées sera de chaque coté du rectangle de 48 centimètres. Prolongez d’un mètre toutes vos lignes sur les quatre faces comme nous l’avons indiquée l’angle gauche du haut en ef. Plantez-y des piquets, vous y assujettirez des cordeaux pour guider les terrassiers dans la fouille qu’ils feront. Mais au lieu de faire faire des tranchées ou fossés de 48 centim. de largeur, comme il est d’usage de donner un empâtement, ou plus forte épaisseur, aux murs pour fonda-

Fi(S. 350.

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