TH ACE D UN BATIMENT SUR LE SOL ET FOUILLE
chêne taillés en pointe parle bas. La largeur intérieure de cette espèce d’encaissement peut être depuis un mètre jusqu’à quatre mètres, en raison de Ta grandeur et de la force de l’eau. La construction des batardeaux est du ressort des charpentiers, qui en ont l’habitude et qui pourront par conséquent aider le propriétaire dans la manière de les faire ainsi que dans les dimensions à leur donner. Quelquefois, quand il n’y a pas de charpentier sur les lieux , ce sont les maçons qui se chargent de l’établissement des batardeaux. C’est pour cette raison que nous
allons en donner une description succincte.
La fig. 358 représente le plan et la coupe transversale d’un batardeau.
On doit d’abord commencer par enfoncer dans l’étendue que doit comprendre le batardeau une double rangéede pieux «a à une moyenne distance les uns des autres (2 mètres environ au moins si l’on veut). Quant à la distance à donner d’une rangée à l’autre, elle doit pouvoir soutenir la pression latérale de l’eau ; la largeur du batardeau peut être identique ou à peu près à la hauteur du fond de l’eau à son niveau supérieur. A l’extérieur des deux rangées de pieux, on pratique , vers leurs extrémités , des espèces de moises ou traverses bb , et d’autres intérieures cc, boulonnées avec les précédentes , destinées à recevoir et à maintenir la direction verticale que les palpianches doivent avoir. Pour que les palpianches se joignent mieux, au lieu de faire des joints droits on les fait angulaires ou même à languette. Pour maintenir l’écartement des deux isfeMtoaS rangées de pieux, on place de trois en trois des traverses e, entaillées à
Fig. 33s.
Fig. 359. pieux
ARCIIITECTIBE.
mi-bois sur
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les moïses extérieures, et boulonnées dans les pieux, et mieux encore dans les moises. Voilà donc la garniture extérieure du batardeau établie; alors on place les palplanches dd, assujetties à l’intérieur au moyen d’une autre mois eff. Ensuite l’intérieur du batardeau est rempli de glaise A, de terre forte ou de limon de rivière à une hauteur au delà du niveau supérieur de l’eau.
Le batardeau est ordinairement établi lorsqu’une fouille est près d’arriver à l’eau. Il faut se presser à se débarrasser de l’eau, et indépendamment des différents engins dont on se sert, il n’est pas inutile d’employer encore les bras de l’homme.
Tracé d'une fouille.
Le tracé d’une fouille de maison n’est pas plus difficile que le tracé de la fouille d’un trou carré quelconque : c’est la môme opération pratiquée plusieurs fois, d’où résulte une complication, qui est néanmoins très-simple à comprendre et à exécuter. Supposons le périmètre donné d’une maison , ainsi que l’indique notre figure. La partie A est occupée entièrement par le souterrain. La partie B est occupée par la fosse d’aisances.
Après avoir déterminé la ligne sur laquelle doit être plantée T la façade principale C, au moyen d’un
cordeau tendu, et après avoir déterminé ensuite les deux extrémités o'o"ou angles de votre façade, tracez une ligne D d’équerre sur la ligne C, à l’extrémité o'; cette ligne D devra avoir la longueur qu’on lui aura donnée sur le plan étudié,, et on déterminera cette longueur au moyen du mètre réel dont se servent les ouvriers. A l’extrémité de la ligne D, faites avec le cordeau une ligne parallèle E à la ligne de face C. Donnez-lui la longueur déterminée sur le plan. A son extrémité, tracez une ligne F d’équerre avec la ligne E, et parallèle par conséquent à la ligne D. Donnez à la ligne F, comme vous avez fait pour les précédentes, la longueur déterminée sur le plan étudié et à^son extrémité, tracez au cordeau la ligne G d’équerre sur F. Si vous avez opéré avec exactitude, la ligne G sera parallèle à la ligne G. Ayant donné la longueur
Fig. 360.
TRACÉ D’üNE F0CILLE.
voulue à laligne G, à l’extrémité intérieure de cetteligne, tracezen une autre H delà longueur voulue. Retournez-vous d’équerre et tracez la ligne I qui sera parallèle à la ligne C, si vous avez opéré avec précision.
Quant au côté droit de la fouille, opérez de la môme manière pour le tracé de toutes les lignes longitudinales et latérales que vous l’avez faitpour le côté gauche, et comme nous venons de vous l’indiquer, jusqu’àce qu’ayant déterminé la position et la longueur des lignesQ,P,0,N,M,L et R vous ayez rejoint la ligne I. Mais il faut avoir soin d’opérer avec beaucoup d’exactitude afin que le tracé réel sur le terrain au moyen du mètre réel se rapporte parfaitement aux mesures ou côtés déterminées sur le plan figuré sur le papier. Car le tracé sur le terrain n’est qu’un agrandissement relatif et proportionnel du périmètre de la ' maison figurée sur le papier en plan.
On se sert d’un cordeau pour tracer. On plan te un petit pique à chaque angle qu’on aura déterminé, et avant d’enlever le cordeau, on fera une raie sur le sol avec une bêche ou une pioche, pour maintenir la direction des lignes que le cordeau aura indiquée en le tendant. Plus le terrain est ferme et convenable, plus on peut et on doit procéder avec exactitude dans le tracé de la fouille. Car il ne faut pas la faire faire plus grande qu’il est nécessaire. Moins on rapporte plus tard de terres contre les murs de fondation ou de souterrain, et mieux cela vaut. S’il y a eu des éboulements partiels et de peu d’importance, la terre qui manque à l’extérieur doit être remplacée par de la terre rapportée qu’on dame ou qu’on pilonne contre le mur extérieur.
La coupe que vous aurez tracée de votre maison vous montrera la profondeur qu’il faudra donner à votre fouille, et vous l’indiquerez aux terrassiers. Les plus fortes profondeurs se fouillent en dernier, comme celles des fosses d’aisances, qu’on ne creuse qu’au moment de commencer à maçonner. Cela se fait par précaution et pour éviter les éboulements qu’on peut pour ainsi dire prévoir.
Quand le bon sol est à une certaine profondeur, et que le terrassier ne peut pas jeter la terre immédiatement en dehors du trou qu’il creuse, c’est-à-dire sur le sol ou la surface du sol
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naturel, on divise la profondeur en gradins en retraite nommés banquettes , de chacune de deux mètres environ de hauteur, pour que le terrassier puisse jeter la terre de l’une à l’autre. Quand la profondeur est très-considérable et que la largeur de la fouille est trop resserrée, on supplée aux banquettes ménagées dans la masse de terre par des échafauds légers, étagés de la même manière.
11 faut faire attention que les terres extraites de la fouille ne soient pas jetées trop près d’elle, afin de ne pas surcharger la terre restée en place autour du creux. Sans cette précaution, on a des éboulements, et la terre jetée dehors avec celle qui la supporte retombent alors dans le trou fouillé. Plus la fouille est profonde, plus les terres qui en sortent doivent en être éloignées. Dans tous les cas, la fouille n’aurait-elle que deux mètres de profondeur, il sera toujours convenable de porter les terres qui en proviennent à quelques mètres de distance du bord de la fouille.
Lors d’une fouille, il faut avoir soin d’enlever la terre végétale , s’il y en a, et la conserver pour le jardin ou le parc. Si l’on trouve du sable ou du gravier convenables à être employés pour le mortier, on les fera mettre à part : s’ils ne sont pas bons à cette destination, on en fera des tas, qui pourront servir plus tard pour les chemins. Il faut toujours avoir la précaution de prévoir d’avance l’emploi utile des terres ou matériaux que donnent les fouilles, afin de ne pas augmenter la dépense en les faisant inutilement conduire aux décharges publiques.
Avant de commencer une fouille quelconque, il faut avoir soin de déterminer le niveau du dessus du plancher du rez-dechaussée. A cet effet, faites enfoncer un piquet dans un lieu quelconque de l’emplacement qui doit être creusé. Déterminez quelle quantité de marches vous voulez avoir du sol au niveau du plancher en question : rappelez-vous que ces marches ne doivent avoir que 16 centimètres d’élévation; en faisant enfoncer le piquet guide, faites arrêter son extrémité supérieure à la hauteur que vous aurez déterminée. C’est de ce point qu’il faudra mesurer et descendre en contre-bas la profondeur des fouilles.
Tâchez d’être aussi exact que possible dans vos apprécia-
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Dü TRACÉ DES FONDATIONS.
tions afin de ne pas descendre la fouille plus bas qu’il convient. Faites aussi en sorte que les terrassiers aillent à la profondeur nécessaire du premier coup. Enlever trop de terres!, ne pas en enlever assez , conduit à un surcroît de dépense parfaitement inutile, puisqu’avec des soins et des précautions on peut arriver du premier coup à la profondeur exigée.
11 faut encore avoir soin que les superficies, qui doivent recevoir le pied des fondations, soient creusées au môme niveau, afin que la pression opérée par les murs de fondement soit exercée par un poids égal en tous lieux. Car si les murs ne s’élevaient pas d’un seul niveau, il faudrait prendre des attachements infinis pour leur métré, tandis que s’il ne descendent qu’à une seule et même profondeur, il n’y a qu’un seul attachement à noter.
Par le mot d 'attachement on entend la constatation écrite ou figurée des objets qui devront être cachés quand la construction sera complètement terminée. On peut indifféremment inscrire et figurer ces attachements sur des feuilles volantes ou sur un registre, comme cela se pratique dans les travaux publics. Chaque entrepreneur doit signer les attachements, qui seront faits en double et qui serviront comme pièces justificatives pour les mêmes articles portés aux mémoires.
Du tracé des Fondations.
Nous avons dit en nous occupant des fouilles, page f23, qu’il fallait avoir soin de faire porter les terres qui en proviennent à quelques mètres de distance du creux creusé, afin que ces terres ne pussentpas occasionner d’éboulementpar leur poids. Mais il y a encore un autre motif pour les éloigner : le tracé des murs demande un espace libre et convenable. Il faut au moins un ou deux mètres du sol naturel tout au pourtour de la fouille pour pouvoir opérer avec aisance et précision dans le tracé horizontal de la maçonnerie.
Aussitôt que la fouille est achevée par l’enlèvement des dernières terres, faites-en grossièrement niveler le pourtour extérieur. Rétablissez la ligne de façade C, fig. 360, au moyen d’un
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cordeau tendu, et dans une longueur plus grande que vous l’indique le plan étudié.
Quand on opère sur le terrain, il est bon de tirer les lignes qui doivent servir à tracer plus longues qu’il est besoin pour y reporter les mesures exactes : d’abord les opérations sont plus précises, et on n’est jamais obligé de rallonger ces lignes, ce qui évite une perte de temps.
La ligne C étant tracée, déterminez la longueur de la façade aux points o et o". En avant des points o' et o", à 50 ou 60 centimètres de distance de la ligne o' et o" enfoncez deux petits pieux, ou de forts piquets, aux points 1,2, 3, 4, et écartés l’un de l’autre d’environ 50 centimètres. Faites de même une semblable opération à tous les augles de votre fouille ainsi que l’indique pour un seul angle la ligure 361 . Sur ces petits pieux, on cloue ensuite en travers et à une hauteur d’environ un mètre à un mètre quarante centimètres, une petite traverse s en latte ou en volige dont on aura dressé la face supérieure. C’est sur cette face des traverses qu’on recommencera le tracé du périmètre extérieur de la maison et qu’on tracera aussi l’épaisseur des murs.
La figure 362 d'un angle en perspective fera comprendre l’o-
Fig. 361. Fig. 362.
pération indiquée. La ligne ponctuée c D correspond à la ligne CEdu plan, fig. 361 ; la ligne o A correspond à la ligne A F de la même figure et à la ligne A F du plan, fig. 361. La ligne a b correspondà la ligne ABde la même figure etaussi à la ligne ABdu plan fig 361 . Il en est de même des autres. Les lignes ponctuées de la fig. 362 reproduisent donc le tracé sur le sol, mais à une