‹ L'architecture et la construction pratiquesChapitre 132 sur 161 · DES TROUS A PORCS · texte numérisé non relu

DES TROUS A PORCS

mité se fixe au poteau de séparation au moyen d’une petite chaîne suspendue à un crochet. Si un cheval couché se dresse précipitamment, il soulève la barre mobile qui se décroche vers le bas et empêche le cheval de se blesser.

Si au lieu de simples barres de séparation on veut employer dès cloisons, elles se feront en bois épais , en madriers posés sur champ. On donne la forme qu’on veut au dessus de ces cloisons, dans lesquelles on évitera avec soin toute arête vive qui pourrait blesser les chevaux.

Le passage derrière les animaux est ordinairement pavé , soit en grès ou pierre dure, soit en briques ou tuiles sur champ ou bien encore en parallélipipèdes de bois, posés également sur champ. Pour plus d’économie on peut donner aux bouts de bois une forme hexagonale ou à six pans.

Des trons à porcs.

On construit souvent les trous ù porcs en pan de bois, posé sur un soubassement en pierre ou en bonne brique dure. On peut cependant aussi les élever soit en brique, soit en pierre, quand ces matériaux ne sont pas d’un prix trop élevé.

Sur le devant on établit une ouverture fermée par une porte-trappe verticale , ainsi qu’on peut le voir dans la coupe fig. 400, et dans le détail ou profil plus en grand fig. 401. Avant d’introduire la nourriture dans l’auge et pour ne pas être gêné par les animaux, on place la porte-trappe A au moyen du verrou en bois n dans la direction indiquée par le ponctué dans le détail fig. 401. Quand la nourriture est versée dans l’auge on remet en levant le verrou la porte-trappe dans sa position verticale.

Il est convenable d’exhausser le dessus du plancher à environ 30 centimètres du sol ; ce plancher sera en madriers de chêne et percé de

Des ponts.

trous pour laisser écouler l’urine. En dessous de ce plancher en bois, on établira un dallage qui aura une petite pente pour conduire l’urine vers le lieu convenable. On comprendra que les dimensions de cette construction dépendent du nombre d’animaux qu’elle doit renfermer.

On doit pratiquer des ouvertures au-dessus de la trappe pour donner de l’air el du jour aux animaux. La porte établie sur la face faisant vis-à-vis de l’auge, ou sur un des côtés latéraux, pourra avoir de l‘»,30à fra,GO de hauteur sur 65 à 80 centimètres de largeur.

Tout charpentier intelligent comprendra avec nos figures comment il devra établir la porte-trappe avec son verrou.

Dca Ponts.

Les ponts peuvent être considérés comme de forts planchers destinés à relier des parties de routes interrompues par des cours d’eau d’une largeur quelconque. Dans l’établissement des ponts, il y a une règle capitale à observer : il ne faut pas qu’un pont rétrécisse ni encombre le lit du courant d’eau audessus duquel il est établi. On enfreint cette loi si l’on établit un pont à l’endroit le plus étroit d’une rivière ; au-dessus du chenal , quand les rives de cette rivière n’ont que peu d’élévation : ou encore si l’on établit la charpente ou les arches en maçonnerie d’un pont à une trop petite élévation au-dessus du niveau ordinaire de l’eau de sorte que lors d’inondations ou de débâcles de glaces , l’eau et les glaçons rencontrent un obstacle et ne trouvent pas une issue suffisante dans l’ouverture ou les ouvertures du pont. Le lecteur est à même de déduire les conséquences funestes qui résultent de la non-observation de la règle posée plus haut. On sait ce que produisent les inondations qui emportent souvent les ponts qui sont une de leurs causes ou qui contribuent puissamment à les aggraver.

Les ponts les plus simples construits en bois sont ceux qui sont formés de pièces de charpente horizontales qui supportent des pièces horizontales et transversales , dont l’ensemble constitue le plancher ou tablier du pont* Les poutres destinées à supporter le plancher sont posées sur les points

DES PONTS

d’appui opposés: ces poutres doivent être placées parallèles entre elles et avec l’axe du pont, afin d’offrir un support suffisant aux madriers transversaux formant le plancher ou voie sur laquelle hommes, chevaux et voitures doivent passer. Les poutres longitudinales sont souvent renforcées d’une manière très-simple ou d’une manière compliquée. Si le pont n’a pas une grande étendue en longueur, et s’il ne consiste qu’en une seule ouverture , l’extrémité des maîtresses poutres repose de chaque côté sur des murs de maçonnerie ou sur des culées en charpente. Mais si la distance d’une rive à l’autre est trop considérable, et qu’il y ait à craindre qu’il ne s’opère des ruptures aux poutres soit par leur propre poids , soit par le poids qui passera dessus , soit encore que la dimension des bois ne permette pas l’emploi d’une poutre d’une seule pièce , mais qu’il soit nécessaire d’en mettre deux ou plus à bout les unes des autres, dans ces cas on établit des piles en pierre ou des palées en pieux. L’ouvrage de charpente ou de maçonnerie compris entre deux piles est nommé travée. Il est aisé de comprendre que la longueur d’une travée a des limites, que cette longueur ne doit pas dépasser dix-huit mètres, et cela parce que les maîtresses poutres, s’étendant d’une pile à l’autre , doivent être d’un seul morceau et offrir dans toute leur étendue un égal équarrissage.

Les ponts en charpente se composent :

1° De culées , 2° de palées , 3° de longerons, 4° du plancher ou tablier, 5° de balustrades , de garde-corps ou garde-fous et 6° des brise-glace.

Les culées ont d’abord pour but de servir de points d’appui aux extrémités des poutres longitudinales , ensuite de souder ou lier le pont au rivage; les culées sont encore destinées à résister à la poussée des terres de remblai qu’on peut avoir été obligé de pratiquer. Si les culées sont exécutées en charpente, le choix du bois en déterminera la durée. Gomme les pieux dont elles sont formées sont exposés à la variation du niveau des eaux , on ne doit compter que de trente à quarante années pour leur durée s’ils sont en bois de chêne ou de mélèze et de quinze à vingt ans s’ils sont en bois de sapin.

Pour que les pieux employés dans les culées en bois puis-

DES PONTS

sent résister à la poussée des terres qu’ils doivent soutenir, il faut que ces pieux soient enfoncés dans le sol à une profondeur égale à leur hauteur au-dessus du niveau de l’eau. Quand l’élévation de la culée est petite ou moyenne les pieux sont enfoncés verticalement; mais quand les culées sont élevées et soutiennent de fortes masses de terre, on doit leur donner une direction oblique vers la rive, et cette obliquité devra être d’un douzième de leur longueur. La distance des pieux entre eux, est réglée selon la force ou dimension des madriers destinés i\ former la paroi intérieure de la culée, ou cloison. Si les madriers ont cinq centimètres d’épaisseur, par exemple, la distance d’un pieu à l’autre devra être d’un mètre; s’ils ont huit centimètres leur distance sera de 4m35, s’ils ont dix centimètres on leur donnera de lm60 à 1™90 d’espacement.

Si l’action de l’eau est à craindre , il faut empêcher le délayemcnl des terres au moyen d’un petit batardeau construit directement derrière les pieux ou directement à la suite des madriers et un peu plus haut que le niveau le plus bas des eaux, ou bien on établira une double cloison de madriers en contrariant leurs joints, cloison qu’on montera jusqu’au niveau indiqué. Comme la poussée ou pression des terres contre le mur en charpente augmente en raison du carré de la hauteur, il faut maintenir et consolider l’ouvrage en bois au moyen . d’autres pieux placés en arrière et à distance des premiers et reliés entre eux au moyen de pièces de bois placées obliquement et boulonnées aux pieux de front et de telle sorte qu’elles soient d’équerre sur ces derniers.

Nous donnons dans le figure 402 la face et la coupe de la charpente d’une culée de 2m60 d’élévation. Les pieux carrés aa, sont enfoncés à environ 1 m15, de milieu en milieu, les uns des autres, leur inclinaison (fig. 402) est d’un douzième de leur hauteur, assemblés dans un chapeau ou sablière c, pour les maintenir dans leur position. Derrière ces pieux est établie en madriers la cloison formée des madriers sur champ b b, et posés horizontalement. Ils sont cloués sur les pieux a a dans toute leur élévation ; derrière cette première cloison , s’en élève une seconde moins haute d, qui part du sol e et qui se termine un peu plus haut que le niveau le plus bas des

DES PONTS

eaux. Cette seconde cloison est cloute sur la première, en ayant soin de contrarier ses joints avec ceux des madriers de la première. Les joints supérieurs de la cloison b, seront recouverts au moyen de lattes qu’on clouera alternativement sur l’un et l’autre madrier, et sur la face intérieure, celle qui recevra les terres.

II faut que cet ouvrage en charpente soit fait avec soin et précision. 11 faut qu’en façade les pieux se présentent dans une direction bien verticale. Il faut ensuite que les madriers soient posés horizontalement avec exactitude, afin que leurs joints soient parallèles au niveau de l’eau; car si cela n’avait pas lieu , cette défectuosité nuirait au bon aspect que l’œuvre doit avoir, et puis nuirait encore à sa solidité.

Les palces simples sont composées d’une seule file de pieux, enfoncés et fixés dans l’eau ( dans le lit de la rivière ) suivant la direction de son cours. Quand la rivière est peu profonde, les pieux peuvent être d’une seule pièce ; cette méthode offre néanmoins des inconvénients qu’il faut éviter, car la partie des pieux formant la distance entre la hauteur des plus basses eaux et le niveau des hautes eaux , se trouve nécessairement alternativement exposée à l’humidité et h la sécheresse , et par là tend à se pourrir. Cette partie des pieux exige donc un renouvellement tous les quinze ou vingt ans. 11 est donc préférable d’établir des palées formées de pieux recepés et moisés un peu au-dessous des basses eaux et sur lesquels

DES FONTS

on assemble des poteaux pour recevoir le plancher du pont.

On doit donner aux pieux d’une palée la force convenable pour supporter le pont ét les fardeaux qui passeront dessus ; ensuite il faut qu’ils soient enfoncés à une bonne profondeur déterminée par la nature du sol et la hauteur ou profondeur des eaux ; il faut enfin que ces pieux résistent à la pression et au choc des glaces et ne soient jamais ébranlés. La profondeur à laquelle on doit enfoncer les pieux de palée , pour donner un guide dans cette opération, peut être un tiers et jusqu’à la moitié de leur hauteur. Leur diamètre est déterminé par la hauteur de la palée au-dessus du sol ou fond de l’eau. Pour une hauteur de 2 à 3 mètres, ils auront de 21 à 21 centimètres de diamètre; pour 3 à 4 mètres, 27 à 30 centimètres; de 5 à 10 mètres, 33 centimètres à 375 millimètres.

La distance de milieu en milieu de ces pieux est en rapport avec les diamètres que nous venons d’indiquer; elle peut varier de 73 à 90 centimètres et jusqu’à un mètre. Si cette distance est plus considérable, il faut aussi donner un plus fort diamètre aux pieux. Si on les enfonce .à lm25 par exemple les uns des autres et qu’ils aient 5 mètres de hauteur, il faut qu’à leur extrémité supérieure ils aient au moins 45 centimètres. Il faut employer de préférence pour les pieux (je palée du bois équarri , si c’est du chêne dont on se sert. Si au contraire on emploie du mélèze ou du sapin , on peut leur laisser leur forme naturelle et se contenter de les écorcer. Pour mieux résister à la charge qu’ils doivent supporter, la direction verticale des pieux est préférable à l’obliquité; l’expérience a cependant prouvé la solidité de palées dont le pieu du milieu ou deux ou trois pieux du milieu étaient verticaux et les autres enfoncés obliquement.

Quand la profondeur et le courant de l’eau l’exigent, on établit une palée à deux rangs ou files de pieux, embrassés sur la longueur par des moises ; d’un rang à l’autre on pratique des pièces transversales ou entretoises, sur lesquelles sont posés les poteaux , dont le pied est assuré -par un troisième cours de moises, boulonnées entre elles et avec les entretoises.

Les longerons sont de maîtresses pièces de la longueur du pont, posées d’une culée à l’autre et parallèlement à l’axe du

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