‹ L'architecture et la construction pratiquesChapitre 136 sur 161 · PONTS EN PIERRE · texte numérisé non relu

PONTS EN PIERRE

pouvant embrasser toute l’étendue entre les deux arcs, défendent très-imparfaitement les arêtes contre les eaux et les corps flottants.

Les inconvénients dont on vient de parler sont communs aux arches en demi-cercle et en anse de panier. L’inconvénient relatif à l’écoulement devient très-grave , lorsque le rapprochement des deux rives ne permet pas de compenser, par la largeur totale du débouché , les pertes dues à la forme des tympans, et cette dernière considération a fait souvent accorder la préférence aux voûtes en portion de cercle , dont les naissances sont placées au-dessus des grandes eaux ordinaires. »

Ce que nous avons dit des voûtes s’applique en partie aussi aux arches des ponts en pierre. Après avoir donné quelques détails sur certaines arches à plein cintre, en anse de panier et en arc de cercle, Rondelet dit : « Il n’est pas possible de donner de règles générales pour le choix qu’il faudra faire entre ces différentes espèces d’arches; on se décidera dans chaque cas particulier d’après les circonstances locales qui pourront se présenter. La surface du débouché qu’il faudra donner à la rivière, les hauteurs relatives des plus grandes et des plus basses eaux, celle à laquelle on sera maître d’élever la surface du pavé du pont, l'obligation où l’on sera quelquefois de laisser la liberté de détruire une arche , et par conséquent de faire faire aux piles la Jonction de culées, fourniront les principaux motifs du parti qu’on prendra sur cet objet. II faudra aussi faire entrer en considération la nature des matériaux que l’on aura à sa disposition , et le degré de résistance qu’ils pourront offrir (1). »

Nous croyons opportun de consigner ici quelques indications sur la combinaison des cintres destinés à la construction des arches de ponts en pierre. Le cintré d’une arche est l’assemblage d’une charpente temporaire , destinée à la supporter pendant sa construction. Cette charpente est formée d’une quantité de pièces placées dans plusieurs directions sur lesquelles est enfin posée la suite de couchis qui reçoit les voussoirs.

(I) Rondelet, Traité théorique et pratique de l'art de bâtir. Paris 1862, 12e édition, t. IV, p. 339.

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