DU SALPÊTRE SUR LES PAROIS DES MURS
dans les ouvrages de chimie. Le général Freussart fut peut-être le premier qui porta son attention sur ce sujet, lorsqu’il dit que les ciments artificiels différaient de ceux obtenus par les concrétions pierreuses ou septaria , en tant que ces dernières contenaient une petite dose de l’un ou de l’autre de ces oxydes métalliques. Mais il s’en tint purement à cette énonciation, qui n’eut point d’influence sur la question qui nous occupe.
Les chimistes des derniers siècles croyaient pouvoir expliquer la production du salpêtre au moyen de la combinaison du nitre qui se montrait sur les parois des murs ( né d’une combinaison primitive de l’oxygène de l’air avec l’azote produit par la décomposition des matières animales que contenaient les matériaux de construction) avec les oxydes métalliques que ces parois pouvaient contenir. Cette théorie resta incontestée jusqu'à ce queM. Longchamp en proposa une autre, au moyen de laquelle il cherchait l’explication du phénomène de la production du nitre, en supposant que les carbonates de chaux et de magnésie, suffisamment pulvérisés et humectés, pouvaient absorber l’air, le condenser, et le transformer en acide nitrique avec le temps, ou après condensation le mettre dans un état qui pourrait le forcer à s’allier avec la chaux et la magnésie, faisant naître ainsi les nitrates de ces deux substances, en le rendant d’autant plus apte à se combiner avec le potassium si surtout il existait sous la forme de carbonate.
Dans tous les cas, l’existence de bases puissantes, comme la craie et la magnésie, ou le potassium, semble indispensable, et ces bases demandent à être dans un haut degré de pulvérisation. De la chaux crayeuse ou une pierre calcaire extrêmement poreuse sont favorables à l’action du nitre. Les marbres et l’espèce la plus dense des pierres à chaux se nitrifient très-difficilement, à peine tout à fait paraît-il; et les chaux qui en sont tirées jouissent d’une exemption correspondante de cette défectuosité. Thouvenel semble croire que ces bases se nitrifient seulement quand elles sont à l’état de carbonates. Mais la facilité extraordinaire avec laquelle les sulfates de chaux font naître la formation du salpêtre n’est pas de nature à persuader de la généralité de la règle.
Quelle que soit la théorie qu’on admette pour expliquer la