‹ L'architecture et la construction pratiquesChapitre 18 sur 161 · MÉTAUX · texte numérisé non relu

MÉTAUX

Tl faut toujours préférer les fers méplats plus d’épaisseur que de largeur aux fers carrés.

Les fers dont les surfaces ne sont que forgées sont moins susceptibles de s’oxyder que ceux qui sont limés; les scellements dans du plâtre s’oxydent beaucoup : ceux faits dans le mortier ne s’oxydent presque pas.

Une barre de fer forgé de 1"' 94901 de longueur s’allonge de

- — ; — de sa longueur, depuis le terme de congélation jusqu’à

celui de l’eau bouillante, c’est-à-dire pour 100 degrés centigrades ou — J-—- par degré, en supposant la dilatation pro- 147004

portionnelle.

Le fer s’emploie dans le bâtiment pour des chaînes, des tirants, des ancres, des étriers, des boulons, dans la serrurerie pour un grand nombre d’objets.

Le fer est laminé pour en faire de la tôle, du fer-blanc, etc.

Dans l'emploi du fer il faut surtout s’assurer de son grain, de sa texture : on y arrive en cassant un barreau, car les cassures anciennes n’éclairent pas sur la qualité du fer. Un œil exercé peut avant d’avoir vu le grain, savoir la qualité de ce métal. La meilleure manière, et aussi la plus simple, pour arriver à la connaissance de la qualité du fer, c’est de l’entamer avec un ciseau ou une lime en travers de la barre que l’on pose ensuite à faux, en l’appuyant sur deux soutiens distants l’un de l’autre, ou en l’appuyant simplement contre quelque objet stable. On frappe alors avec la partie d’un marteau formée en coin sur l’endroit limé ou entaillé. Dans le cas ou le barreau cède et plie, s’il faut le retourner plusieurs fois avant qu’il se rompe, c’est preuve que le fer est doux : s’il dégage beaucoup de calorique en se rompant, c’est un autre indice de sa bonne qualité. Enfin si le marteau marque les empreintes sur ce fer et semble le pétrir, on peut en conclure qu’il sera doux, à froid du moins. Le fer aigre se brise sur-le-champ, et ne produit pas de chaleur bien sensible à l’endroit de la cassure.

Le fer absorbe le gaz oxygène à la température la plus élevée, et décompose l’eau à l’aide de la chaleur rouge. Les trois centimètres cubes de fer de Berri pè.sent 153 grammes 12 dé-

DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX

cigrammes. Les trente-trois centimètres cubes pèsent 243 kilogrammes 082 grammes, et forgé 283 kilogrammes 923 grammes. Sa pesanteur spécifique, sous la température moyenne, comparée à celle de l'eau prise pour l’unité, est de 7,783.

Le poids spécifique ou densité est un nombre proportionnel qui exprime combien de fois plus ou moins un corps pèse qu’un volume d’eau égal au volume de ce corps. On prend pour unité un kilogramme ou mille grammes, poids dans le vide d’un décimètre (dixième de mètre) cube d’eau distillée à la température de 4 degrés centigrades.

Par exemple, si une sphère en verre massive pèse cinq fois autant qu’une sphère massive en bois, le poids spécifique du verre au bois serait comme 5 à 1.

Si un mètre cube d’eau pèse 1,000 kilogrammes et un mètre cube de chaux 800 kilogrammes, le poids spécifique de l’eau sera au poids spécifique de la chaux comme 1,000 à 800 ou

10 à 8. On admet d’habitude l’eau comme unité = 1, le poids spécifique de la chaux vive sortant du four = 0,88.

Le cuivre est d’un usage beaucoup plus restreint que le fer.

11 est eitfployé dans la serrurerie.

Le cuivre est d’une couleur rouge jaunâtre particulière et très-brillant; sa saveur est astringente et nauséabonde; lorsqu’il a été tenu et frotté pendant quelque temps dans les mains, celles-ci acquièrent une odeur désagréable particulière. Le cuivre est extrêmement ductile; il se laisse marteler et laminer à froid, et plus il est pur plus aussi est il malléable; mais il est moins dur et moins dense que le fer.

Le cuivre fond dès qu’il est chauffé à blanc; le cuivre fondu donne une masse poreuse avec soufflures. De là des inconvénients dans l’emploi de la fonte de cuivre. Dans quelques pays du nord de l’Europe, on se sert de la tôle de cuivre pour couvertures , gouttières et tuyaux de descente, à cause de sa longue durée et la facilité avec laquelle on la travaille. Le cuivre étant exposé à l’air, sa surface se ternit par degrés, se recouvré d’une croûte verdâtre d’un bel effet (oxyde amené par l’acide carbonique de l’atmosphère). Cette croûte est trèscompacle et abrite le métal qu’elle recouvre de toute transfor-

Page 1