CHAUX
11e point absorber l’oxygène : certains chimistes le nient, d’autres l’affirment.
La proportion de sable à employer dans le mortier varie, comme on peut le penser, selon la nature de la chaux et selon la qualité elle-même du sable. A un certain degré, si les chaux ne gagnent pas au mélange avec le sable, au moins leur effet n’en est-il point sensiblement diminué. Ainsi on trouve que quant à des natures de chaux riches la résistance est plutôt augmentée lorsque le sable y est mêlé dans le rapport de 30 à 240 pour 100 de la pâte mesurée en volume. Au delà de cette proportion la résistance diminue.
La résistance des chaux hydrauliques augmente si le sable y est mêlé dans une proportion de 50 à 180 pour 100 de la pâte. Si l’on augmentait ce rapport, la résistance décroîtrait.
Les meilleures chaux hydrauliques perdent leurs qualités quand elles restent longtemps exposées à l’air : il est donc convenable de ne les employer qu’au moment môme de leur mélange avec le sable, afin d’assurer leur réduction complète en hydrate et leur amalgame parfait avec le sable. Toutefois, en tant qu’elles absorbent difficilement l’acide carbonique, ainsi que nous l’avons dit plus haut, les chaux riches, généreuses gagnent au contraire à être exposées un certain temps au contact de l’atmosphère.
Quelques-unes des expériences de M. Vicat prouvent que toutes les chaux perdent de leur force si elles sont préparées avec trop d’eau. Il est donc préférable d’humccter les matériaux à mettre en œuvre, d’employer un mortier épais, au lieu de se servir d’un mortier liquide comme les maçons ont souvent l’habitude de le faire. Le système du fichage , ou action d’introduire du mortier liquide dans les joints, est hypothétique quant à ses résultats; la chaux qui y est employée est presque détruite; l’introduction de la grande quantité d’eau dans le mortier ne vient qu’ajouter aux difficultés de ce qu’on nomme la prise , déjà opposées au mortier en place.
Il y a certaines conditions de l’état atmosphérique qui attaquent et nuisent à la bonté des mortiers, et sur l’action desquelles les meilleures autorités ne sont point d’accord. Par exemple, les mortiers faits en été sont moins bons que ceux
UES MATERIAUX PRINCIPAUX
laits en hiver. Quelques auteurs supposent que ce fait résulte de la dessiccation trop rapide du mortier; M. Vieat assure même qu’ils perdent quatre cinquièmes de leur énergie s’ils sèchent avec trop de rapidité. En. conséquence, il recommande que la maçonnerie faite pendant l’été dans les constructions de quelque importance soit arrosée afin de la préserver contre ce danger. Il est vraisemblable que les hydrates ne sont point dans les conditions favorables à l’absorption de l’acide carbonique s’ils sèchent trop rapidement, la présence de l’eau étant nécessaire pour combiner la chaux avec le carbone.
L’évaporation de l’eau de l’acide carbonique en solution est une condition essentielle de l’usage satisfaisant des chaux hydrauliques. Leur succès dépend, jusqu’à un certain point, de la manière modérée; lente et graduelle dont elles absorbent ce gaz dans l’atmosphère.
Comme la chaux réduite en pâte ne remplit que les creux des matériaux avec lesquels elle est mêlée, il y a nécessairement une diminution considérable de volume sur les matières respectives prises isolément.. Le montant exact de cette diminution varie naturellement selon la chaux et le sable employés; mais on peut admettre en thèse générale qu’elle est environ les trois quarts de leurs volumes réunis. Pour déterminer ce fait par une formule convenable, si a est égal au volume de la chaux, b au volume du sable, alors a ajouté à b (a -t-è) multiplié par 0,75 sera le volume du mortier qu'ils produiront.
L’emploi de tout mortier modifie aussi la proportion du sable qui doit y entrer. On doit donc employer moins de sable quand le mortier est employé sous terre, dans l’eau ou dans des lieux humides que lorsqu’il est exposé à l’air et à ses in* flenccs diverses.
bit ittortief.
On appelle en général mortier une composition destinée à unir fortement les pierres et à faire corps avec elles, et qui, quoique employée molle, durcit ensuite et forme une matière pierreuse. Cette indispensable composition dans la
DlglHzeU by Cpogle
JHI MORT! EU.
construction est formée de chaux et de sable mélangés an moyen d’eau. Pour des constructions peu importantes, comme hangars, murs d’enceinte, etc., on se sert quelquefois et dans certains pays, d’argile au lieu de chaux; mais cette dernière est toujours préférable dans tous les cas. Le mortier de chaux ne résiste que médiocrement à l’action du feu; car le feu calcine et décompose ou détruit la chaux qui est dans le mortier. 11 faut donc, pour les bonnes constructions, maçonner les cheminées et leurs tuyaux en mortier de terre argileuse; mais pour tout le reste d'un bâtiment on doit employer du mortier de chaux quand la contrée en produit.
11 y a certaines especes de chaux qui non-seulement ne se durcissent pas dans l’eau ou à l’humidité, mais qui se détériorent et font par conséquent des travaux vicieux. Il faut donc employer dans certains travaux du mortier qui résiste aux inlluences de l’eau et de l’humidité : nous en parlerons; car il y a de la chaux qui fait au contraire durcir le mortier dans l’eau.
Quant au mortier de terre argileuse, il ne résiste pas à une humidité médiocre et encore moins à l’action de l’eau. A l’exception de ee qui est nommé chaux hydraulique, qui durcit dans l’eau, l’air est indispensablement nécessaire à tous les mortiers de chaux, d’abord pour les sécher et pour ensuite les durcir.
La chaux est produite par la calcination du calcaire; cette calcination enlève l’acide carbonique et l’humidité de la pierre à chaux, et la substance qui reste ainsi purifiée par l’action ignée produit la chaux vive propre aux mortiers.
Il faut distinguer avec soin les variétés sous ce rapport : les calcaires les plus purs produisent ce qu'on appelle la chaux grasse, qui prend beaucoup d’eau à l’extinction, supporte une grande quantité de sable, et fournit par suite beaucoup de mortier; mais cette chaux est très-lente à durcir à l’air, n’y prend jamais môme une grande consistance, et ne durcit pas dans les lieux humides.
Les calcaires mélangés de silicates alumineux, et principalement de silicates hydratés, produisent au contraire la chaux maigre ou la chaux hydraulique. Moins productive que la chaux
DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX
grasse, en ce qu’elle absorbe beaucoup moins d’eau et supporte peu le sable, elle a l’avantage immense de durcir promptement à l’air et dans les endroits humides, et doit être employée lorsqu’on tient à la solidité plutôt qu’à l’économie. La chaux hydraulique durcit même dans l’eau, circonstance qui la rend indispensable pour toutes les constructions hydrauliques, où les mortiers de chaux grasse se délayeraient complètement.
On ne trouve pas partout des calcaires capables de produire de la chaux maigre, ou hydraulique; mais on parvient à en faire artificiellement lorsqu’on peut se procurer de la craie ou des marnes calcaires susceptibles de se délayer à l’eau. On les réduit en bouillie épaisse, qu’on mélange avec des matières argileuses délayées ou des scories volcaniques, des scories de forges, des briques ou des poteries réduites en poudre fine; on en fait alors des pains, qu’on laisse sécher et qu’on cuit ensuite comme le calcaire lui-même. Lorsqu’on n’a pas de calcaire délayable, on peut employer la chaux ordinaire de la localité , qu’on laisse éteindre à l’air : on en mêle ensuite la poussière avec des silicates argileux délayés ou broyés; on fait une pâte du tout avec un peu d’eau, et on forme comme précédemment des pains, qu’on laisse sécher pour les recuire de nouveau. Ce procédé a l’inconvénient de la cherté, à cause de la double cuisson.
Pour faire de la bonne chaux, il faut choisir les pierres calcaires les plus dures, les plus pesantes, celles dont le grain est fin, homogène, et dont la texture, ou liaison des parties, est la plus compacte. Les cailloux calcaires et les marbres font d’excellente chaux.
La pierre est convertie en chaux au moyen d’un four, qui ne doit être chauffé que par degrés ; il faut que le degré de chaleur aille toujours en augmentant, sans interruption. Chaque fournée ne doit consister que d’une seule espèce de pierre, d’une môme carrière, s’il est possible, afin que la chaux qui en provient soit d’une même qualité. Nous n’entrerons pas plus avant dans la fabrication de la chaux, parce que cette fabrication n’est pas du ressort du constructeur amateur, qui emploie les matériaux tels que les livre le commerce. Disons