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DD MORTIER

eau exerce une grande influence sur le résultat de l’extinction calcaire. De l’eau potable, de l’eau de rivière ou d’étang est préférable à l’eau de puits, et dans tous les cas l’eau sale est trèsnuisible dans l’extinction de la chaux. Si l’eau contient du sel, elle donnera lieu à une sorte d’efflorescence ou salpêtre, qu’on aperçoit aux murs, qui à la longue détruit et le mortier et les pierres qui y adhèrent. L’eau sale contient toujours des parties qui passent en pourriture, produisent des acides et du salpêtre dans le mortier, et qui est également nuisible aux murs ainsi qu’aux pierres mêmes dont ils sont formés.

Pour éteindre de la chaux maigre, on la prend dès qu’on la sort du four : on la baigne pendant quelques secondes dans l’eau jusqu’à ce qu’elle semble se réduire en poudre : alors on la sort de l’eau. Si l’on veut l’éteindre complètement, la réduire réellement en poudre, il faut la concasser en petits morceaux de deux à trois centimètres cubes de volume, afin que la vapeur d’eau amenée par le calorique puisse pénétrer la chaux et la dissoudre. Si l’on préserve d’humidité la chaux en poudre obtenue par immersion, on peut la conserver assez longtemps; mais il est cependant préférable de l’employer aussitôt qu’elle a été éteinte : le mortier alors est plus liant, il prend et durcit plus vite.

On comprend sous le nom de chaux hydraulique les différentes espèces de chaux qui employées dans le mortier possèdent la qualité de durcir dans l’eau. Cette circonstance la rend indispensable pour toutes les constructions hydrauliques, où les mortiers de chaux grasse se délayeraient complètement. La terre graveleuse et alumineuse, la terre argileuse oxygénée dont se composent les chaux hydrauliques les distinguent des chaux ordinaires, en sorte que la terre calcaire n’en forme pas l’élément essentiel. Les chaux hydrauliques sont les chaux maigres; mais, d’un autre côté, toutes les chaux maigres sont loin d’être des chaux hydrauliques.

La bonté du mortier dépend autant de la manière dont il est préparé que de la qualité des matières qui le composent. Il est donc essentiel que cette opération soit faite avec toutes les précautions qu’exigent les qualités de ces matières.

Mais les procédés à suivre peuvent plutôt s’indiquer que se

DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX

prescrire d’une manière absolue, les doses en quantités dépendant toujours des qualités des matières, qui varient selon les localités.

Ainsi, il y a de la chaux vive, comme celle de Melun, par exemple, qui absorbe en s’éteignant deux lois et demie son poids d’eau pour former une pâte moyennement liquide, comme il faut qu’elle soit pour faire le mortier ordinaire sans être oblige d’y ajouter de l’eau.

D’autres qualités de chaux ne consomment, pour former une pâte de même consistance, qu’une quantité d’eau égale à son poids. Pour faire un bon mortier avec la première de ces pâtes l chaux de Melun),. il faut mêler trois parties de sable de rivière avec une partie et demie de chaux; en faisant usage de la seconde pâte, il en faut deux parties pour trois du même sable. — Dans le premier mortier la quantité de chaux en pâte est moitié de celle du sable, tandis que dans le second, elle en est les deux tiers.

Pour fondation de bâtiments on prendra de la chaux grasse (non hydraulique et éteinte par fusion) dans la proportion de 0m.T7O cubes et du sable de rivière Om9aO cubes.

Pour pavage de cours, chaux grasse un peu hydraulique 0™340 et 0m820 cubes de ciment de tuileaux.

Pour réservoirs, etc., chaux grasse un peu hydraulique 0"‘250 cubes, 0m940 cubes de sable de rivière et 0n,200 cubes de pouzzolane ou matière qui en tient lieu.

Pour travaux quelconques dans l’eau, chaux hydraulique très-énergique 0“360 cubes, lm000 cube de sable de rivière et 0n‘()40 de pouzzolane.

Pour jointoyements, 2 parties de chaux hydraulique, 2 parties de sable et une partie de bon ciment romain.

Lorsque le mortier, le bon mortier hydraulique est entièrement confectionué , on ajoute pour faire du béton , la pierraille ou les cailloux qui doivent le constituer, et le mélange s’effectue encore à l’aide de pilons ou de massettes (fixées au bout de manches en bois, et dont nous avons déjà parlé plus haut), en battant avec force et vitesse. Nous reviendrons plus tard sur l’emploi du béton.

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