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INDICES DE LA BONNE CUISSON DE LA CHAUX

Indices de la bonne rnisson de ln chniiv.

« La chaux vive, de quelque nature qu’elle soit, pour être cuite au degré convenable, doit fuser promptement et complètement dans l’eau. Si elle est trop calcinée, elle reste quelquefois un jour ou deux dans l’eau sans avoir subi une extinction complète. Pour être de bonne qualité, les chaux ne doivent contenir aucune matière étrangère, ni aucun biscuit ou durillon de quelque nature que ce soit. »

« Les bonnes chaux hydrauliques bien cuites se reconnaissent facilement à leur légèreté, à leur consistance crayeuse, et à l’effervescence qu’elles font avec l’eau, lorsqu’elles n’ont pas encore été éventées. Quand, au contraire, elles sont lourdes, compactes, vitrifiées légèrement sur les arêtes des morceaux, et longtemps inactives après l’immersion, c’est que le terme de la bonne cuisson a été dépassé. Si 'elles fusent superficiellement, en laissant un noyau, c’est que la cuisson est incomplète. »

« Les pierres à chaux perdent dans leur calcination parfaite environ 0,43 de leur poids primitif, par l’effet de l’évaporation de toute l’eau et de l’acide carbonique qu’elles contiennent. I,a diminution est moins grande en volume qu’en poids; quoique très-variable selon les diverses espèces de pierres, on l’évalue assez généralement à 0,1 ou à 0,2 du volume primitif. On conçoit que cette évaluation ne peut être qu’approximative, car la pierre calcaire se réduisant en fragments plus minimes à la calcination, la même mesure en contiendra une quantité moindre après celte opération qu’avant, attendu que plus on divise la chaux plus le volume d’une môme masse est considérable (1). »

(i) Pratique de l'Art de construire, par J. Claudel et L. Laroque, 2* édit.; Paris, t vol. in -8°, page 87. — Voyez., pour de plus amples détails : Pésutné sur les mortiers et ciments calcaires , par Virât ; Paris, 1828. 2” éd., 1864. — Truité sur l'art de faire de bons mortiers, par liuucourt de Charleville ; Pétershourg, 1822, 1 vol. -8°.

WW MATÉRIAUX PRINCIPAUX.

Du aabli*.

Le sable est une matière composée des parties détachées qui tiennent le milieu entre la terre et les pierres, des débris desquelles elles paraissent formées; il y a autant de sables qu’il y a d’espèces de pierres; il y a des sables vitreux, quartzeux, calcaires et argileux. Il y a des sables de rivière et des sables fossiles ou de carrière. Legros sable est nommé gravier. 11 faut que le sable destiné au mortier soit propre, c’est-à-dire exempt de mélange de terre. En général le meilleur sable est celui qui, étant frotté dans la main, rend un petit bruit sec, effet que ne produit pas celui qui est terreux ou sans aspérités. On reconnaît encore que le sable est de bonne qualité, dit Vilruve, lorsqu’après eu avoir répandu sur un vêtement blanc, on le rejette en secouant l’étoffe, et qu’il n’y laisse aucune trace. On peut purifier tout sable de la terre qui pourrait s’y trouver en le lavant. Le sable fossile, ou de fouille ou de carrière, estpréférable au sable de rivière, parce que le premier est prismatique et anguleux, tandis que le second est de forme ronde. Les grains de sable ronds n’adhèrent entre eux qu’en peu de points et laissent de grands intervalles, tandis que les grains du sable fossile sont prismatiques et anguleux ; dans la trituration ou préparation du mortier leurs faces finissent par devenir adhérentes et laissent peu d’interstices. Si l’on est forcé d’employer le sable de rivière faute de sable de fouille ou de carrière, et si la rivière reçoit des immondices, son sable devra être lavé, parce que sans cela il serait nuisible aux constructions, de même que l’eau sale est contraire à l’extinction de la chaux, comme nous l’avons dit plus haut.

Il a été généralement reconnu que la meilleure eau pour la préparation du mortier est l’eau de pluie ou de citerne. L’eau de rivière quand elle est limpide est bonne aussi. L’eau la moins bonne pour le mortier est l’eau de puits.

Avant de faire le mélange de l’eau et du sable avec la chaux, il faut qu'elle ait été ramenée à l’état de pâte bien homogène de consistance argileuse. Après vingt-quatre heures d’extinction

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