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d’une courbure intermédiaire , formée de trois planches seulement , tandis que les principales consistent en cinq planches.

Le comble le plus simple qui puisse recouvrir un espace circulaire est appelé conique, fîg. 244.

Sa base est ronde et son sommet est aigu, en pointe. Il est souvent pratiqué pour terminer des tours et des tourelles. Il se compose : 1° d’une plate-forme circulaire posée sur la maçonnerie du mur; quelquefois cette plate-forme est double , et alors ces deux plates-formes sont réunies par des blochets ou entre-toises; 2° d’un poinçon

Fig. 244.

central et commun ; 3° de quatre ou huit principaux chevrons en demifermes, assemblés par le haut dans le poinçon commun et par le bas dans la plate-forme circulaire; 4“ de chevrons moins forts remplissant l’intervalle entre les principaux chevrons , et dont le nombre diminue en raison de la circonférence qui va en rétrécissant du bas en haut (vers la pointe , l’extrémité du poinçon suffit pour former le sommet du comble conique continué jusqu’à une certaine distance par les principaux chevrons qui se réunissent) ; a0 de faux entraits assemblés dans le poinçon , placés de deux en deux chevrons, et servant encore à renforcer ces derniers , dans le cas où ils ont trop de portée; (i° de bernes ou entre-toises circulaires , placées dans les intervalles que les chevrons

laissent entre eux, cl qui sont destinées à fixer l’extrémité su-

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périeure d’autres chevrons de moindre longueur que les premiers. Ces liernes se posent à la hauteur où les chevrons sont éloignés de 40 à 50 centimètres les uns des autres : on en pose une ou deux selon le plus ou le moins de hauteur du comble.

Pour répartir aussi également que possible les chevrons autour d’une surface conique , il faut partager le comble sur sa hauteur en un ou plusieurs rangs de liernes. L’usage et la solidité veulent que l’espacement des chevrons n’ait pas plus de 40 à 48 centimètres de milieu en milieu, tant au-dessus de chaque lierne que sur la plate-forme où se termine le comble par le bas. Pour fortifier le pied des chevrons, on pose des jambettes sur la plate-forme intérieure.

Tout ce que nous venons dire pour un comble conique entier peut s’appliquer également à la moitié ou une partie d’un comble semblable, tel que le toit de l’abside d’une église, et en général à une partie de cône quelconque régulier ou irrégulier, droit ou oblique.

Lorsque la base ou le plan du cône à former donne une autre courbe que le cercle , le moyen le plus simple et le plus expéditif est d’en lever le calibre sur l’épure, pour la Iracer sur là pièce de bois. Les courbes représentant les arêtes des surfaces coniques, étant divisées en parties égales ou proportionnelles, donneront les points pour appliquer la règle et former les surfaces en abattant les parties triangulaires.

ben escaliers.

Les escaliers et leur main courante sont une partie essentielle et importante des ouvrages de bâtiment. Il faut apporter un soin tout particulier à leur position, à leur conception ainsi qu’à leur exécution. De leur perfection dépendent la sécurité et la commodité des habitants d’une maison. On a généralement la mauvaise habitude de négliger de donner à l’emplacement des escaliers les dimensions indispensables pour les rendre convenables, et on a souvent vu des maisons où on les avait oubliés et où Ton s’est trouvé dans la nécessité soit de sacrifier une portion de l’intérieur, soit de les annexer à l’extérieur.

Il existe quelques principes généraux qui s’appliquent indis-

UES ESCALIERS

tinctemcnt à toutes les sortes d’escaliers de quelques matériaux qu’ils soient exécutés. Le premier principe, c’est qu’une marche d’une certaine largeur ou giron étendu doit avoir moins d’élévation qu’une marche dont la largeur est moindre ; et cela par la raison suffisamment claire que ce que l’homme perd en s’avançant et en montant en enjambant, il peut le regagner en n’étant pas obligé de lever trop fortement le pied. Il est donc d’usage de donner à une marche de 0n',30 de giron, O™, 13 environ de hauteur. Cependant pour les escaliers les plus habituels on donne aux marches deOm,23 à O™, 27 de giron ou de largeur et 0ro,10 d’élévation ou de hauteur.

Le second principe quant aux dimensions, c’est que la hauteur doit invariablement être la môme pour toutes les marches sans exception d’un môme escalier.

Pour les marches d’un escalier destiné aux maîtres de la maison, on doit donner 0m,16 de hauteur, avons-nous dit; pour les marches d’un escalier de service, on peut leur donner jusqu’à O^it); mais il est convenable de ne jamais aller audelà de cette hauteur, parce que des marches plus élevées deviennent de véritables casse-cou, surtout en descendant où l’on ne conserve plus assez de force d’équilibre dans la jambe qui plie en portant le corps. On ne doit donc donner la hauteur de 0m,t9 aux marches d’escaliers, que quand la place est trop restreinte et qu’on ne peut faire autrement.

11 ne faut pas laisser dans la composition d’un plan, et surtout dans sa mise au net à l’échelle, l’emplacement de l’escalier en blanc , et simplement dire que c’est là qu’il sera. Il faut étudier les dimensions de cet emplacement, y tracer les marches, et voir s’il y a assez d’espace pour le développement de la quantité de marches nécessaires pour passer du rez-dechaussée au premier étage et de celui-ci aux autres, etc.

On mesure toujours la largeur ou giron des marches au milieu de leur longueur, et jamais à aucune de leurs extrémités, dont la largeur est très-variable.

Le palier est un giron plus étendu que celui de la marche : c’est un repos observé aux angles ou pour mieux dire à chaque révolution d’escalier. Le palier interrompt les marches de l’escalier : il est quelquefois forcé, quelquefois arbitraire.

au

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On nomme rampe ou volée d'escalier une suite non interrompue de marches d’un palier au palier suivant : on la fait d’ordinaire d’un nombre impair de marches ou degrés. Pour qu’un escalier soit facile, commode et d’un bon usage, on doit employer trois marches au moins, et vingt au plus.

La conception d’un bon escalier est une des parties les plus importantes et les plus difficiles du constructeur, et la construction d’un escalier irréprochable est également une des parties les plus importantes comine les plus difficiles de l’art de la charpente.

Chacun sait qu’il y a des escaliers de formes et de constructions diverses, et dont le constructeur doit connaître les différences et les noms.

On distingue d’abord les escaliers à rampe droite et à rampe circulaire.

Dans le premier les marches ou degrés sont parallèles et l’on monte droit devant soi, sans se détourner à droite ni à gauche. Quand l’espace le permet , on emploie les escaliers à rampe droite, et il est d’usage de placer un palier vers le milieu de l’escalier. Supposons qu’on ait 22 marches : à la onzième on pratique un palier carré, c’est-à-dire aussi long que la largeur de l’escalier. Mais cette sorte d’escalier n’est pas gracieuse et ne doit être employée que dans des dépendances , comme magasins à foin, scellerie, greniers à grains, etc. Les escaliers à deux rampes contraires sont ceux qui commencent par un palier, tournent soit à gauche, soit à droite et se terminent par un autre palier ou plancher d’un étage supérieur, fig. 246.

L'escalier à deux rampes contraires et à marches tournantes est celui qui a deux rampes comme les précédents, mais où les marches tournent en se continuant et rem- Hg. 247. placent le palier, fig. 247.

L’escalier à repos et d’un bel effet est celui dont les rampes sont droites et parallèles, formant des angles droits entre elles et terminées par des paliers carrés. On pratique cette sorte d’escalier dans les palais et les grandes maisons de ville et de campagne.

On a parmi les escaliers à rampe droite : 1° les escaliers à jour, dans lesquels on a laissé un vide entre les rampes; 2° les escaliers à quartiers tournants, dont les rencontres des limons de chaque rampe sont curvilignes ou circulaires ; 3° les escaliers en biais, ou ceux qui n’ont point d’ouverture ou de vide ( nommé aussi puits ), et dont les rampes, la balustrade et l’élévation progressive, ainsi que les contours, retombent dans les mômes plans.

Au nombre des escaliers à rampe circulaire , on place 1° les escaliers ronds, dont les marches portent par un bout au mur de la cage et de l’autre au noyau du centre; 2° les escaliers ronds suspendus , dont le limon du centre décrit une ligne en spirale, en laissant un jour au centre ; 3° les escaliers en fer à cheval, dont la rampe est un peu plus que semi-circulaire, avec une rampe des deux côtés qui, en montant, se réunissent à un palier commun.

Les escaliers ronds ou circulaires sont ceux qui prennent le moins de place de tous les escaliers connus et employés : ce sont ceux qui sont employés dans les tours et tourelles de toutes nos églises du moyen âge que nous citons afin qu’on puisse se faire facilement une idée de cette sorte d’escalier. Quand on lui donne une largeur convenable, de lm,30 par exemple ou plus, qu’il est éclairé par des jours directs, cet escalier peut ôtre parfaitement employé pour des maisons particulières; mais mieux vaudrait encore employer l’escalier rond suspendu qui est d’un effet plus élégant.

Nous avons déjà dit que le nombre de marches pour un escalier dépendait naturellement de la hauteur du dessus du plancher du bas au-dessus du plancher du haut : mais ce nombre dépend et peut dépendre encore de la forme et de la dimension de la cage de l’escalier. De cette dernière dépend particulièrement la hauteur des marches, et c’est d’après cette hauteur que peut ôtre déterminée la largeur du giron. C’est

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pour cette raison qu’on ne peut pas toujours arriver à donner une proportion normale entre la hauteur de la marche et de son giron, proportion qu’on a fixée de la manière suivante.

On a considéré les escaliers comme des plans inclinés , dont l’ascension demande un plus grand effort, en raison des degrés qu’on y a pratiqués, que la marche sur une surface horizontale; et cet effort sera d’autant plus considérable que l'angle que forme la rampe avec la ligne de niveau est plus obtus. Si l’ascension de chacune des marches ne doit pas être pénible, il faut qu’elle soit en conformité «avec le p«as ordinaire de l’homme. Si, de plus, l’ascension commode des marches ne doit pas fatiguer pendant le parcours d’un escalier, il faut que le nombre de marches jusqu’aux paliers intermédiaires ne dépasse pas une certaine dimension. L’expérience a prouvé que la hauteur d’un degré ou d’une marche de 0n,,303 de largeur ou de giron était de 0m,14 — 0"’,305 multipliés par0"',i4 = 0"1,427, nombre qui serait un numérateur constant pour la proportion en question. Supposons une marche de 0”,25 de giron, on aurait alors ^ = 0m,17, ce qui n’est pas loin, comme on voit, de l’us.igc h«abituel. Nous répétons qu’il est d’un usage commun de donner «aux marches de 0m,25 è 0,D,27 de-largeur,- et cette Largeur est d’une bonne proportion pour les marches d’escaliers dans les maîisons particulières. Mais dans les escaliers de luxe pratiqués dans çle grandes habitations où l’on ne vise pas précisément à l’économie, la largeur des marches ne devra jamais être moins de 0m,30i ni jamais plus de0“,48.

Ayant déterminé les proportions (la -largeur et la hauteur) des marches , il nous reste à indiquer le nombre de degrés nécessaire pour nous faire parvenir d’un étage à un autre. La démonstration,- quoique un peu abstraite, n’est cependant pas bien difficile a comprendre et à suivre si l’on saisit bien notre raisonnement. Supposons que la distance ou hauteur du dessus d’un plancher au-dessus d’un autre soit de 4m,64, ou, ce qui revient au môme, 464 centimètres. Nous disons qu’une marche doit avoir 0,n,16 de hauteur; par conséquent, sans nous inquiéter de la forme et de la longueur des marches, nous devons chercher combien de fois 16 il y a dans 464; divisant donc

TES ESCALIERS

cc dernier nombre par 4 G, nous trouvons 29. Pour monter convenablement à un étage, placé il 4'n,Gi au-dessus d’un autre étage , il faut par conséquent construire un escalier ayant vingt-neuf marches de 16 centimètres de hauteur chacune. Maintenant, comme les marches doivent avoir 25 centimètres de giron ou de largeur, il s’ensuit qu’en mettant les 29 marches à la file les unes des autres, il faut 7™, 23 pour ce qu’on nomme leur développement, car 29 X 25 = 723. Mais la profondeur d’une maison ordinaire n’est pas toujours assez considérable pour y trouver 7,25 en droite ligne, et, de plus, un escalier à rampe droite n’est pas élégant ni commode, parce qu’en descendant on a un trop grand vide devant les pieds, ce qui les rend incertains pour la plupart des personnes.

On a donc imaginé de faire tourner les escaliers et d’y pratiquer même quelquefois des repos, nommés paliers.

On a cherché le minimum de grandeur d’un espace dans lequel il serait possible d’établir un escalier circulaire et tournant sur lui-même comme une vis, dont les marches auraient 16 centimètres de hauteur ou de pas, 32 centimètres de giron ou de largeur, 97 centimètres de longueur etlm,95 d’échappée (hauteur pour passer au-dessous d’une rampe d’escalier); ce qui a déterminé treize marches dans une révolution , et un espace circulaire de 2m,31 de diamètre, fig. 248.

C’est par la raison que la place est souvent très-bornée et que les points de départ et d’arrivée sont déterminés, qu’on est quelquefois obligé de donner aux escaliers des formes contournées, afin d’avoir de l’échappée, c’est-à-dire, la facilité de pouvoir monter et descendre sans risquer de se heurter la tête contre le dessous des marches supérieures, lorsque l’escalier fait plus d’une révolution.

Les principales difficultés qui se rencontrent dans la conception et l’exécution des escaliers consistent dans la distribution des marches en plan, relativement aux points de départ et d’arrivée, surtout pour les escaliers de dégagement, dont

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la cage est souvent très-bornée. Quel que soit le plan d’un escalier, il faut que la division des marches soit faite également sur une ligne qui passe par le milieu des rampes , qu’elles soient droites ou circulaires. Lorsqu’il y a des parties tournantes, leur division doit se faire sur un arc de cercle qui se raccorde avec le milieu des parties droites x, qui sont au-delà des cercles inscrits au droit des marches tournantes, lig. 249.

Tout escalier se compose 1° d’un limon, pièce de bois rampante, qui soutiennes marches du côté du vide; quelquefois d’un faux limon , pièce de charpente rampante posée contre le mur, laquelle ne reçoit pas le bout des marches comme le vrai limon, mais qui est découpée pour les porter en dessous et en appuyer les contre-marches; 2° de marches , pièces de bois sur lesquelles on pose le pied pour monter ou descendre ; 3° de contre-marches, pièces de bois posées verticalement et qui font le devant de la marche. Dans un escalier en charpente les marches peuvent être pleines ou non. Dans le premier cas, chacune d’elles est formée d’un seul morceau de bois , profilé et taillé selon la disposition de l’escalier; dans le second cas, les marches sont simplement en planches, alternativement verticales et horizontales, et assemblées à rainures et languettes. Les rainures se trouvent alors sur la marche, elles languettes sur la contre-marche. On construit des escaliers à limon continu, qui peut être de plusieurs morceaux dans son étendue rampante ; les différentes parties de ce limon sont alors reliées entre elles par des plates-bandes en fer plat, entaillées de leur épaisseur et fixées à vis. Pour faire cette sorte de limon il faut mettre le plus grand soin à choisir du bois de chêne bien sec. Sans cette précaution les raccords des pièces se disjoindraient, produiraient un mauvais

Fig. 250.

Fig. 251.

Fig. 252.

effet et compromettraient même la solidité de l’escalier.

Dans ces escaliers à limon continu, les marches sont entaillées à crémaillère : le dessus de la marche se visse sur la partie horizontale du limon en crémaillère, la partie verticale de la crémaillère est coupée à onglet qui reçoit l’onglet de la contre- marche.

C’est ce genre d’escalier qu’on nomme demi-anglais.

La manière de construire un escalier dit à V anglaise consiste à supprimer le limon , à faire les marches pleines et à recouvrement (avancement que fait une pièce de bois par-dessus le point où elle s’assemble avec une autre pièce) , emboîtées l’une sur l’autre par un joint pendant. Dans ce cas il faut avoir soin de réunir les marches par des pièces de fer appelées clefs, entaillées dans les joints et serrées par-dessous au moyen de chevilles, pour prévenir le relâchement des assemblages.

L’escalier à l’anglaise ne s’emploie guère que pour des escaliers de luxe, où la dépense vient en second ordre.

La forme circulaire ou elliptique de l’escalier est celle qui est le plus généralement adoptée pour les maisons particulières. Elle peut présenter des parties droites plus étendues. Quant au dessous des marches, il est d’usage de le plafonner sur lattis, comme les plafonds appliqués sur solives; il est inutile de faire rabotter et lisser tout ce qui est caché, une fois l’escalier terminé , comme le dessous des marches et la face intérieure des contre-marches : ils peuvent rester bruts.

Il faut encore apporter un soin tout particulier à ce qu’il n’y ait pas le moindre aubier, ni de nœuds et gerçures dans les bois qui constituent un escalier. Le ver se met dans l’aubier, les nœuds et gerçures sont un obstacle pour la bonne peinture et sont toujours un mauvais effet. Quand on a le soin de recommander au charpentier de choisir ses bois pour les escaliers, et de lui dire qu’on veut les laisser apparents, on peut se dispenser de les enduire de couleur et se contenter d’y passer plusieurs couches d’huile. Alors le bois reste naturel et est d’un aspect agréable.

Dans les rez-de-chaussées dallés, on a l’habitude de poser la

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première marche d’un escalier, en pierre, afin de la garantir de l’humidité qui pourrait être produit par le dallage. Mais comme on élève beaucoup maintenant le sol des rez-de-chaussées, qu’on les parquette ou planchéie au lieu de les daller ou de les carreler, la première marche peut être en bois. Dans tous les cas, elle sert de base au limon, et son extrémité est assez habituellement circulaire. La courbe ordinairement donnée à celte première marche est celle d’un demi-cercle ou d’une volute ou spirale. Toutefois son contour doit toujours être subordonné à l’emplacement de l’escalier.

On construit des escaliers droits dans des dépendances, comme écuries, grenier à fourrages, etc. Celle sorte d’escaliers, tîg. 233, très-économique, qu’on peut établir en chêne ou

en sapin, est appelée échelle de meunier. Chaque marche n’est formée que d’une seule planche, assemblée dans les limons à tenon et à queue d’aronde avec entaille.

On se sert encore de l’échelle de meunier pour monter au grenier dans une maison d’habitation.

Quand une cage d’escalier forme un rectangle allongé, l’escalier se compose ordinairement de deux rampes droites jointes ensemble par des marches, si l’on n’y pratique point de paliers. 11 n’y a point de difficulté pour le tracé des marches qui sont parallèles ; il n’en est point ainsi des marches tournantes. Cette difficulté est cependant vaincue par un procédé trèssimple. Voici comment on s’y prendra :

Tirez d’abord une ligne ab, d’une longueur arbitraire ; failes-y autant de divisions égaes qu’il y aura de marches entre la marche (fig. 254) la plus large et la marche la plus étroite, plus une. Aux extrémités a et b de cette ligne élevez des perpendiculaires; donnez à l’une des perpendiculaires, i\ ac, Fig. 254. pour longueur la plus grande largeur de

Fig. 253.

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marche, donnez à l’autre, bel, pour longueur, la plus petite largeur de marche. Maintenant, si les points c et d sont joints par une ligne droite et que vous tiriez des perpendiculaires à la ligne a b par tous vos points de division, allant aboutir à la ligne cd, toutes vos perpendiculaires entre «cet db diminueront proportionnellement. Les perpendiculaires qui se trouvent entre les deux perpendiculaires extrêmes ac et bd, et qui sont indiquées par les nombres 2, 3, 4, etc., jusqu’à 10, doivent ensuite être rapportées sur une ligne ef, c’est-à-dire ca de e en f, et ainsi de suite. Du point c tirez une ligne eg, formant un angle arbitraire avec ef ; donnez pour longueur à cette ligne l’étendue du limon, y compris le développement de la partie circulaire jusqu’à la marche la plus étroite; soit cette longueur, eg. Du point f joignez les deux lignes ef, eg par une ligne droite, et tirez ensuite des parallèles à cette ligne gf parles points que vous avez précédemment reportés sur la ligne ef. Les points que vous donneront ces parallèles sur la ligne eg seront les points où vos marches dansantes devront aboutir au limon.

Pour faire ce raccordement proportionnel des marches droites avec les marches tournantes, on peut encore employer le moyen suivant, qui est également géométrique. 11 consiste dans le développement des parties de limon droit et courbe qui répondent aux petites et aux grandes longueurs de marches. La hauteur étant la même pour toutes, il en résulte des lignes de rampes différentes qui forment un- angle F : ayant fait F 6 égal à FG, on élève des points 6, G, des lignes indéfinies perpendiculaires à la direction des rampes sur lesquelles ils se trouvent; le point H, où ces perpendiculaires se rencontrent, sera le centre de l’arc qui doit former le raccordement de ces lignes de rampe.

Les lignes des hauteurs de marches, tracées sur ce développement, donneront, par leur intersection avec la courbe de raccordement, les points 1, 2, 3, 4, 5 et G qui indiqueront la largeur du collet des marches contre les parties de limons droits et courbes. On aura ces largeurs progressives en abaissant les perpendiculaires 6a, 5 b, 4 c, 3 d, 2 c, 1 f, qui donneront a 5, à 4, c 3, d 2, e l et f!i, qu’on portera, dans le

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même ordre sur le plan en G, 5; 5, 4; 4, 3; 3, 2; 2, \ ; 1, B A : de ces points et de ceux qui divisent la ligne tracée sur le milieu de la largeur des rampes, divisée en autant de partics égales qu’il doit y lf avoir de marches, on tirera || des lignes qui exprimeront la direction et le devant de chacune d’elles.

Enfin il y a encore une troisième manière de tracer un escalier tournant, à noyau évidé, représenté dans la fig. 256. De e en b il n’y a point de difficulté pour la division des marches. Dès que le point de centre de la courbe régulière du noyau évidé est déterminé, on trace ce noyauainsi que la ligne de foulée, ou ligue qui passe au milieu de la longueur des marches, depuis la ligne de départ o jusqu’à la ligne d’arrivée x . Les lignes d’emmarchemcnt sont menées d’équerre sur la ligne de foulée depuis la première jusqu’à la quatrième marche et depuis la dixième jusqu’à la treizième marche. Quant aux six autres marches, elles s’obtiennent en divisant d’abord la ligne eb en six parties égales.

Ayant fixé ainsi la direction de la cinquième et neuvième marches , pour ne pas trop brusquer le passage des marches droites aux marches dansantes, il faut chercher le milieu g entre le point e et le point h, puis le milieu m entre le point e et le point g. C’est par ce point m qu’on fait passer la quatrième ligne d’emmarchemcnt. Une opération semblable sera faite

Fig. 255.

Fig. 256.

DES CINTJRES. 359

pour la détermination de la ligne d’eramarchement de la dixième marche. '

On appelle emmarchement l’assemblage d’une marche dans le limon, c’est-à-dire la quantité ou l’épaisseur dont une marche pénètre dans le limon pour s’y assembler.

La première marche d’un escalier, au rez-de-chaussée, est posée sur le sol. Quand la révolution de l’escalier qui conduit d’un étage à un autre est terminée, cette révolution aboutirait au vide si l’on ne prenait pas une disposition d’abord pour l’affermir, la consolider. A cet effet, on emploie ce qu’on nomme marche palière, qui soutient la partie supérieure de l’escalier. Cette marche est une pièce de bois scellée dans le mur d 'échiffrc ( mur rampant sur lequel portent les marches et la rampe d’un escalier) qui forpie les deux côtés latéraux de la cage de l’escalier. Ces murs d’échiffre ne sont quelquefois formés qu’avec de simples cloisons en briques à plat, ou bien avec de simples pans de bois.

La marche palière doit former la dernière marche en montant et toujours être dans le niveau du plancher de l’étage auquel elle aboutit. Elle forme encore le support, ou le pied ou le départ de la révolution suivante, c’est-à-dire de la révolution qui cônduit à un autre étage. C’est sur la marche palière que se pose la contre-marche et le limon de la première marche d’un autre révolution d’escalier, conduisant d’un étage à un autre. Il faut éviter de faire porter sur la marche palière les solives de remplissage qui doivent former le plancher, palier ou repos auquel aboutissent les marches formant une révolution.

Des cintres.

Comme la voûte est la couverture d’un espace vide quelconque, on comprendra qu’elle ne peut être exécutée sans une sorte de support. A cet effet, on emploie ce qu’on appelle des cintres, ouvrages en charpente qui servent à soutenir la maçonnerie des voûtes pendant leur construction, et jusqu’à ce que la pose de leurs clefs ait doqné la faculté de se tenir seules. Les cintres sont donc à ce point de vue de véri-

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tables échafauds; mais ils ne sont que des étais, lorsqu’on les établit sous de vieilles voûtes qu’il s’agit de réparer ou de démolir avec précaution, soit pour prévenir les accidents qui pourraient arriver aux ouvriers , soit pour ménager les matériaux, qui se dégraderaient dans leur chute.

L’objet des cintres est donc de maintenir les voussoirs immobiles après leur pose, jusqu’à ce que la voûte qu’ils doivent former par leur réunion puisse être abandonnée à elleînôme.

Il est facile de comprendre que les cintres varient en forme et en importance selon les travaux auxquels ils sont employés. Dans tous les cas, il faut qu’ils soient construits avec soin et exactitude.

Les cintres destinés à l’exécution des voûtes ont de l’analogie avec les fermes employées dans la charpente des combles ; seulement les fermes sont à demeure, tandis que les cintres ne sont que temporaires.

Le cintre pour une voûte en berceau est formé d’un entrait a, pièce horizontale posée à la hauteur de la naissance

de la voûte et dont l’objet est de porter les autres pièces de bois du cintre; d’un poinçon b, pièce de bois solide posée verticalement au milieu de l’entrait; de deux fiches cc, pièces biaises, assemblées dans l’entrait, au pied du poinçon ; de courbes d, d, d, d, faisant l’office d’arbalétriers et destinées à recevoir les madriers ou couchis e, e. L’entrait a est soutenu par trois- poteaux / dont la hauteur est déterminée par l’élévation de la cave, du sol à la naissance de la voûte; un de ces trois poteaux se place au milieu de l’entrait pour aider à supporter le poinçon, et les deux autres se placent contre les murs de retombée pour maintenir l’entrait à ses deux extrémités. Ces poteaux sont posés et assemblés sur une

Fig. '257.

DES C1NTHES,

autre pièce de charpente g , nommée sablière et qu’on établit bien de niveau sur le sol de l’espace à voûter.

On incline quelquefois les deux poteaux d’extrémité sous l’entrait ; alors, dans cette position biaise, ainsi que l'indique la ligure, ils prennent le nom de jambe de force.

Pour une voûte au-delà d’une dimension moyenne, le cintre doit être 'plus solide et se complique par conséquent. Au lieu seulement de deux fiches , on y ajoute des contrefiches d. côté droit de la figure 239.

Dans la construction d’une suite d’arcades on se sert de cintres avec deux arbalétriers e, sur lesquels on pose le pied des fiches et des contre-fiches; il est entendu que les poteaux

soutiendront l’entrait, comme dans les exemples précédents.

Voyez le côté gauche delà fig. 239.

S’il s’agit d’une voûte surbaissée ou en anse de panier, on se servira du principe suivi dans la fig.

238 en allongeant la courbe , en se servant de fiches et de contre-fiches. On placera sous les contrefiches des jambes de force, destinées à soulager l’entrait.

Les différents genres de cintres dont nous venons de parler, et qui s’appuient sur un certain nombre de supports posés sous l’entrait, s’appellent cintres fixes, il y a un autre genre de cintres , nommés retroussés , parce qu’ils n’ont de points d’appui qu’à leurs extrémités ou à la naissance de la voûte; on emploie princi* paiement des cintres retroussés pour la construction des ponts et des voûtes de grande étendue.

On se sert souvent pour

Fig. 258.

les courbes de deux ou trois planches clouées ou chevillées ensemble et auxquelles on fait suivre à l’extérieur la courbure de l’intrados de la voûte à construire. Mais les courbes de ce genre ne peuvent être employées que pour les voûtes légères et de peu d’étendue. Il est des joints de cet assemblage de planches, comme de ceux des joints des voussoirs. Il faut qu’ils soient perpendiculaires à la surface de la voûte, afin d’avoir toute la solidité désirable, fig. 260.

Il y a trois choses principales à observer dans les cintres. 1° Il faut que les cintres aient une force suffisante pour prévenir tout dérangement ou tassement pendant la construction de la voûte ; 2U il faut ménager les moyens de donner du jeu aux cintres ou de pouvoir les baisser graduellement au-dessous d’une partie quelconque de l’arc ou de la voûte; 3“ comme la construction des cintres demande généralement une assez grande quantité de bois de charpente, employée seulement à un usage temporaire, il faut éviter avec soin tout ce qui pourrait sans nécessité détériorer les pièces de charpente formant les cintres, afin de diminuer le moins possible leur valeur et pour qu’on puisse encore en tirer parti dans la suite.

Le choix des bois pour les cintres n’est pas indifférent; ils peuvent être neufs ou vieux; la distinction doit en être faite dans le mémoire, et il est bon de s’assurer quel est le genre de bois employé avant que la construction de l’arc ou de la voûte soit commencée. En France on a l’habitude de construire les cintres en bois de chêne et de prendre du bois blanc ou de sapin pour les conclus. Pour les cintres de petites dimensions on emploie le sapin en Angleterre et en Allemagne.

Gomme l’ellipse se rencontre fréquemment dans l’intersection des voûtes en berceau, nous allons donner la manière de la tracer. 11 est bien entendu qu’on ne se sert dans les cintres que de la moitié supérieure de l’ellipse.

Cette figure, courbe fermée, est une des plus remarquables de son genre; sa forme n’est point arbitraire, c’est pourquoi aussi elle est comptée au nombre des courbes régulières. Les planètes et leurs satellites ou lunes dpèrent leur rotation en

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