‹ L'architecture et la sculpture de la renaissance à VeniseChapitre 7 sur 24 · LE CLOCHER DE S. PIETRO DI CASTELLO · texte numérisé non relu

LE CLOCHER DE S. PIETRO DI CASTELLO

Francesco Sansovino décrivant l'Eglise patriarcale de S. Pietro écrivait que « peu distant est situé un bien composé et riche campanile de très belle

> grandeur, lequel fut fait dans les premières années du Principat de Chri- » stoforo Moro » ('). Nous lisons dans la chronique Sivos que parmi les autres «nombreuses belles constructions d'Eglises (élevées à Venise au temps » de ce Doge ... fut encore construit le campanile de Castello fait de pierres

> blanches oeuvre merveilleuse et belle » (').

Dans les principaux Guides de Venise il est dit que cette tour commencée en 1463 fut terminée onze ans après et à l'appui de leur assertion ils donnent la date MCCCCLXXIIII qu' on voyait, il y a quelques années encore, gravée sur la porte (').

Dans les papiers de la Mense Patriarchale j' ai retrouvé plusieurs indications des travaux exécutés dans ce campanile à partir de Janvier 1474 {*) ; on y voit mettre la main un certain Alvise tailleur de pierres — que je crois fils de ce Pantaleone vénitien (f 1465) qui fut le compagnon de notre Bartolomeo Bon dans les travaux du Palais Ducal (^) — Guido Bianco (f 1484) avec son fils Pietro qui sur la fin de sa vie (f 30 Novembre 1474) sculpta pour cette tour les quatre médaillons avec l' image de S. Pierre, et un maître Santo (°) qui en 1475 avait restauré la crypte et disposait plusieurs autels dans la même Cathédrale. Et c'est précisément au commencement de cette année que maître Vittore Sapa maçon achevait de couvrir le campanile.

Dans les années 1478 et 1479 il est encore question d'autres travaux exécutés par les mêmes tailleurs de pierres Guido et Santo et par certain Corradino qui pourrait bien être le même que nous avons vu à S. Michel.

Mais si ces indications peuvent jusqu'à un certain point donner raison à ceux qui ont écrit que le clocher actuel fut achevé en 1474, d'autres documents incontestables établissent et prouvent qu' il fut presque entièrement reconstruit quelques années plus tard après avoir été renversé par la foudre.

En effet le 3 Août 1482 Maffeo Gerardo Patriarche faisait passer contrat C) cum magistro moreto lapicida et murario . . . pro fahrica campanilis Ecclesie sue, s' engageant, outre la fourniture des aliments, à lui payer: 50 ducats pour chaque pas de travail jusqu' à la chambre des cloches, 100 ducats pour la corniche supérieure et pour la restauration des deux premières branches de r escalier et de l' endroit où fulminavit fulgor, plus 10 ducats en compensation

(12 3 4 5 0 7) xexte It., p. 172 et 173.

du surcroit de travaux nécessaires à l'avancement de la construction eu égard à la hauteur.

Moretto prenait à ses frais pour compagnon, Giacomo de Bergame maçon et s'eng-ageait également à se rendre à son propre compte aux carrières d'Istrie pour choisir les pierres et les préparer et de remettre en œuvre les susdits quatre médaillons avec les images de S. Pierre et les armoiries patriarcales (') ; et il fut fait ainsi.

De cette manière suivant un système alors fréquemment en usage et pratiqué au moins en partie également à S. Michel, maître Moro cumulait les fonctions d'architecte et d'entrepreneur de la construction. Ce qui sert à expliquer comment en pareil cas sur les registres des commettants on ne peut qu'incidemment retrouver le nom des autres (et parfois fort nombreux) exécuteurs des mêmes œuvres,

C'est précisément dans les comptes de ce campanile que j'ai trouvé la première indication de la patrie de ce maître qui dans une note de 1484 (relative à la partie des revêtements en pierre d'Istrie qui était alors mise en œuvre et à la corniche déjà terminée et autres parties) est nommé moretto

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