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La Krépis

I. Temple C à Sélinonte. — II. Temple de Zeus à Olympie. — 111. Temple R à Sélinonle. — V. Temple lÀ à S.'h nonle. — VI. Temple de Phigalie. — VII. Temple de Némée. — VIII. Plnlippeion à Olympie.

position d'entrées monumentales; le second parle dispositif de ressauts retardateurs de l'accès que constituait l'exhaussement de la plate-forme

21b. — Conformation accidentée de la Krépis. I. Arlémisiou d'Ephese. — II. Didymeion.

du temple par rapport au sol, du pronaos par rapport à celui du péristyle et du pavé du naos par rapport à celui du vestibule.

Cependant l'architecture hellène était encline et experte à séduire les yeux par l'aspect pittoresque consécutif à une présentation avisée de l'édi-

fice, en accord avec le point de vue et avec le cadre monumental naturel et, encore plus, à satisfaire l'esprit par le rythme harmonieux d'une balance de motifs, tels qu'en ordonnèrent les plans d'Halicarnasse, de l'autel de Pergame, d'Àntioche, etc..

EFFETS DE l/ORDRE HARMONIQUE

11 n'est rien qui soit plus caractéristique de l'architecture grecque parvenue à maturité et qui lui fasse plus honneur, que sa passion des etfets de l'ordre harmonique qu'engendrent la beauté des lignes, la justesse des proportions et la cadence d'un rythme de rapports.

La perfection formelle.

La perfection de l'exécution, qui est la condition nécessaire de tout raffinement en matière de plastique monumentale, ne fut jamais poussée plus loin que par les Grecs. A cet égard, leurs monuments soignés de la belle époque sont des modèles de précision et de délicatesse : la pureté des contours, la franchise des arêtes, la netteté des surfaces, la correction des jointoiements donnent à l'œil et à l'esprit des satisfactions analogues à celles que procure, dans l'ordre musical, la justesse des sons. Nous avons dit ' quelles précautions minutieuses étaient prises tant pour préserver des chocs les rares parties des blocs taillées à pied d'œuvre et pour assurer une pose sûre et exacte des matériaux. Ajoutons que le ravalement était retardé jusqu'à l'entier achèvement de la bâtisse et exécuté en conscience, en commençant par le haut du monument2.

Le souci de la pureté de la ligne s'accuse, en des édifices particulièrement soignés, par des artifices tout à fait significatifs, en vue de corriger les etfets pertubateurs de certaines illusions optiques. Ainsi, pour l'appa-

1 Ci', p. 289-291.

- Ce n'est pas à dire que les architectes grecs aient été des métreurs serupuleux. Il s'en faut que l'implantation de leurs édifices fût toujours parfaite ; au temple C de Sélinonte on relève des différences de 0m,20 entre deux entr'axes consécutifs, de 0,14 entre deux triglyphes ou deux métopes voisins ; le côté long méridional du grand autel de Syracuse est de 0,80 plus long que le septentrional ; le diamètre des colonnes du temple de Zeus à Olympie varie de 2m,20 à 2°\29 ; dans un édiiice aussi soigné que le Parthénon, le sommet du fronton ne correspond pas au milieu de l'entre-colonnement central, et il n'y a ni égalité des largeurs des métopes et des triglyphes, ni exacte correspondance des triglyphes avec les axes des colonnes. La vérité est que les Grecs se contentaient, avec raison, de l'apparence de la régularité.

L ARCHITECTURE ÉGÉENNE HELLENIQUE

rénce d'inflexion que présente toute horizontale un peu prolongée et qui devait affecter l'arête de la plate-forme comme celle de l'entablement : les auteurs du temple d'Apollon à Corinthe, de celui de Poséidon à Pa-stum, du Parthénon, des Propylées, du Théseion la combattirent en imprimant aux tracés en question un renflement compensateur dans le sens vertical1. Ainsi encore, pour l'illusion d'un étranglement à mi-hauteur

216. — Correction do l'apparente inflexion d'une horizontale prolongée par une convexité

compensatrice.

1. Conformaliou du Parthénon. — II. Détail de la façade ouest (selon Magne). — III. Profil de la kn'-pi> du nord au sud (selon Penrose). — IV. Id. (selon Durm).

qui affecte la vue d'un prisme ou d'un cylindre : on v remédia en galbant les antes et les colonnes, c'est-à-dire en leur donnant un peu de ventre, selon un profil hvperbolique ou parabolique qui, d'abord, fut très

' Au Parthénon, la convexité dessine uni" courbe elliptique prononcée dès sa naissance et dont la flèche mesure, d'un côté, Oil,,06j pour une longueur de 30 mètres et, de l'autre, 0m,123 pour une corde de 70 mètres.

Au temple de Paestum la flèche est. pour le petil côté de la. façade, de 0m,02 pour une corde de 2i mètres, pour le grand de 0m.Û4 pour 6u mètres de corde; aux Propylées, elle est de 0m,04 pour 24 mètres-

1 La proportion de ce renflement, que les Grecs appelaient entasis, était variable. Voici, pour quelques monuments athéniens, son rapport à la hauteur du fût :

Olympieion, 1/382. — Parthénon, 1 552. — Erechthéion, 1/1080.

Propylées, 1/400. — Théseion. — 1/708.

Le fût des colonnes du Didymeion est cylindrique sur le tiers inférieur de sa hauteur ; le septième tambour est

marqué, puis à peine sensible1 (217). On eut aussi soin de combattre par

un petit accroissement du diamètre l'apparent

démaigrissement des colonnes d'angle par

l'effet de la lumière qui, pour une certaine

situation du spectateur, « les baigne — ce sont

les mots de Vilruve — et les dévore ». Une

autre précaution fut d'incliner légèrement en

avant le parement antérieur de l'entablement

ionique qui, moins élevé que le dorique2,

risquait — c'est encore Vitruve qui parle — de

paraître se renverser en arrière3 (201, j).

La logique îles formes.

Tous les cléments d'une ordonnance monumentale grecque conspiraient à la génération d'un puissant effet d'harmonie : car, d'une part, la conformation des membres était rigoureusement déterminée par la structure générale de l'édifice et par la fonction propre de chacun ; de l'autre, une stricte discipline

assurait leur dépendance réciproque et la su- Pi

bordination du détail à l'ensemble.

La plastique secondaire de l'édifice grec avait pour caractère dominateur d'être, comme tous les autres éléments de l'architecture hellène, profondément raisonnée : a telles enseignes qu'il est possible de rendre compte de ses diverses particularités, qu'on l'envisage

4? II fe

L'entasis de la colonne grecque.

un tronc de cône et les onze autres sont tronconiques. mais i. « Basilique » de Paestum. — 11. Prodans une moindre proportion (217 m). pylécs à Athènes. — lit. Didymeion. 2 Cf. p. 303.

J Aussi bien, une inscription gravée sur une ante du temple de Priène l'atteste, les Grecs savaient calculer l'accroissement de hauteur nécessaire, pour qu'il y eût compensation tic 1 apparente réduction d'une grandeur à proportion de son altitude au-dessus du sol.

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