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I. ARCHITECTURE ÉGÉENNE HELLENIQUE

en fonction d'une bâtisse lapidaire, ou qu'on la rapporte, connue il a été proposé, à un arrangement originel de charpenterie traduit en pierre1.

Non qu'elle fût constructive. Si — ce qui ne s'observe qu'à l'époque classique et sur les monuments les plus soignés — il Y a accord de l'appareil et de la forme, c'est cette dernière qui l'a commandé : il n'en est pas de meilleure preuve que la structure de la frise dorique- : les métopes n'y étaient indépendantes des triglyphes que si elles comportaient une

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Les Propylées de l'Acropole d'Athènes. Coupe longitudinale restituée par E. Ullmann. (D'après d'Espouy. Fragm. antiques.)

parure sculptée qu'il y avait avantage à exécuter avant la pose : aussi bien, quand la matière n'était pas du marbre, la maçonnerie était-elle masquée par un revêtement. Ce que nous venons de remarquer à propos de la plastique de la pierre vaut pour celle du bois : car charpentiers et menuisiers demandaient l'effet du relief, non pas à une sculpture dans la masse, mais à l'application de planchettes, de baguettes, de moulures.

C'est en d'autres qualités que résidait la logique des formes que le Grec imposait à un membre d'architecture : dans leur appropriation à son rôle organique^ dans leur accommodation à sa situation relative dans

' Ci p. 314.

2 Cf. i». 30.*>, 1 i?- . '20?., ii.

r élévation et à son degré d'éclairage ; et aussi, dans une sage application du principe de moindre effort, c'est-à-dire dans le choix de profils dont la concordance avec ceux que réalise aisément le travail du carrier et du tailleur de pierre réduisît au minimum les opérations de refouillement.

Rapports et proportions.

C'est de la raison autant que du sentiment, voire même, dans une très large mesure, de l'emploi de systèmes et, jusqu'à un certain point —

du moins au déclin de l'art hellène de l'application de formules que

dépendait la mise en proportion des dimensions d'un membre d'architecture et des diverses parties d'un tout.

Et d'abord — du moins en ce qui regarde les temples — le rythme était abstrait, car ce n'était point la stature de l'homme qui en donnait la clef: les degrés du soubassement n'avaient point leur hauteur commandée par l'amplitude normale du mouvement éJévaloire du pied, pas plus que la hauteur d'une porte n'était en rapport avec la taille humaine. Une ordonnance monumentale grecque n'était à l'échelle d'aucune réalité extérieure à elle-même ; elle consistait en une sorte de (famine mathématique dont la note initiale était choisie par V architecte.

Souvent elle était réglée par un système harmonique qui, rapportant chaque grandeur d'un monument à une même mesure, faisait d'elle un multiple ou un sous-multiple exact de cet étalon, de sorte que tous les éléments — hauteurs, largeurs, pleins, vides, saillies, retraits — étaient, pour parler comme les Grecs, « symétriques » et, pour employer notre vocabulaire, commensurables. Ce mètre dit « module », était tantôt une cote principale -- la longueur de la façade, tantôl une secondaire — la hauteur d'un soutien isolé, tantôt une de détail — le diamètre d'une colonne ou la largeur d'un triglvphe. Ainsi, le frontispice de l'arsenal du Pirée était proportionné par rapport à sa largeur : sa hauteur jusqu'à la crête de la corniche était la moitié de cette dimension ; l'altitude du sommet du fronton en mesurait les deux tiers ; celle du linteau de la porte équivalait aux deux tiers de la moitié de Ja cote fondamentale, tandis que sa longueur était précisément égale à cette moitié, etc.

Pratiquement, cette échelle harmonique se confondait avec une échelle métrique1, en raison de la précaution que prenaient les Grecs de

' La façade du temple de Poséidon a PœBtum offre un exemple typique de l'alliance des

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chiffrer toutes les dimensions, notamment l'initiale, par un nombre entier de pieds, de pouces, de palmes ou de doigts ', quitte à arrondir les cotes fractionnaires 2.

Enfin, les architectes grecs facilitaient à eux-nièmesla réalisation et an spectateur la perception de l'harmonie en ne choisissant que des rapports simples : l'examen de cotes de l'arsenal du Pirée révèle que la plus grande et la moindre hauteur de la façade étaient à sa largeur, l'une comme 2 est à 3, l'autre comme 1 est à 2; que le petit coté du rectangle «le la porte était au vertical comme 2 est à 3 et au développement de la façade comme 1 est à (i, etc.

Le système arithmétique modulaire de mise en proportion (Hait concurrencé, parfois en une même ordonnance, par la mètliode graphique d'une construction géométrique à laquelle servait de fondement une ligne initiale du tracé. Tantôt la ligure était un triangle soit équilatéral, soit rectangle du type « égyptien », avec des cotes rapportantes aux nombres 3, 4, 5; soit isocèle, avec une hauteur en rapport avec la hase, comme 2 i/2 à 4; tantôt c'était un carré ou un rectangle. Les croquis de la figure 211) indiquent la modalité et l'utilité des opérations.

Cette recherche de l'harmonie monumentale par des voies rationnelles et par des méthodes scientifiques apparentait étroitement l'esthétique de l'architecture des Grecs à celle de leur statuaire, qui faisait dépendre la beauté d'une statue de l'a harmonie des membres » et de l'« accord de beaucoup de nombres » : d'une manière plus générale, elle s'accordait parfaitement avec la tournure logicienne du génie hellène et avec le gmïl des Grecs pour les spéculations mathématiques.

deux systèmes (219, î). D'une part, si l'on divise la largeur de la plate-forme en douze parties égales, on constate que la première et la dernière déterminent la position des axes des colonnes extrêmes et les autres, groupées par paires, les axes des autres colonnes, leur hauteur, etc. La largeur entre les axes des colonnes extrêmes étant prise comme tenue initial, ou obtient : avec 1/5° de sa longueur, en gros, la mesure des entre-axes et de l'entablement, chéneau compris: avec 2/5° celle de la hauteur des colonnes, et avec 3/20° la flèche du fronton: avec 1/25° le demi-diamètre moyen et la hauteur du chapiteau; avec 3/25° la longueur de son abaque; avec 1/15° l'épaisseur de l'architrave, de la frise et de la corniche. D'autre part, toutes les grandes cotes sont des nombres entiers de pieds italiques égaux à une dimension étalon : entre-axe. demi-diamètre moyen de la colonne ou à ses multiples exacts.

1 La valeur du pied, divisé en pouces et en palmes, varie suivant les lieux et le temps. Le pi, d d'Olympie valait 0m,3205 : le pied primitif d'Athènes 0">,3288, plus tard (K30S; celui de la Grande Grèce 0m,296 : celui de Milet et de Priène 0m,295.

2 Les Grecs recherchaient les nombres carrés, les « puissances ». C'est ainsi que les sommes de pieds qui expriment la hauteur du frontispice de l'arsenal du Pirée, celle de ses façades latérales, la largeur de la porte, expriment respectivement le carré de 6. le cube et le carré de 3.

Cela menait tout droit à la formule, au canon comme disaient les Grecs. De fait, il y eut dos canons architecturaux, comme il y en eut de sla-

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