Méthode graphique de mise en proportion
I. Façade du temple de Poséidon à Paestum. — II. Elévation de la nef du même. — III. Coupe transversale du même. — IV. Temple C à Sélinonte. — V. Parthénon. — VI. Façade de l'Arsenal du Pirée. — VII. Profil des chapiteaux du Parthénon. — VIII. Elévation du porche des Caryatides à l'Erechthéion. — IX. Profil des chapiteaux du temple de Poséidon à Paestum. — X. Temple C à Sélinonte. — XI. Temple de Corinthe. — XII. Monument de Thrasyllos à Athènes. — XIII. Elévation de la nef du temple d'Aphaia à Egine.
tuaires et, à partir du ive siècle, les maîtres dans l'art de bâtir se plurent à exposer en des traités des systèmes théoriques de rapports.
332 l ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE
De la formule à la recette, le passage était fatal : il fut accompli par l'art hellénistique, au déclin de l'ère païenne, et Vitruve nous donne une idée de ses résultats1. Mais il s'en fallait que, même à cette époque, l'architecte grec procédât comme un ingénieur. Au canon il ne demandait quun canevas général et c'est par approximations qu'il déterminait les tracés définitifs, en tenant compte des nécessités particulières et surtout des exigences de l'œil2. Pour ces amendements l'époque hellénistique s'aidait de formules. Ainsi, pour déterminer la hauteur des colonnes qui, nécessairement, doit être proportionnée à leur écartement, elle utilisait, non pas le canon général, mais un canon particulier qui fixait la cote désirée à la valeur de 10 modules, de 9 '/.,, de 9, de H i]2, de 8 selon que l'entrecolonnement était « minime », « étroit », «juste », « large », « extrême »3.
En vérité, qu'elle fût harmonique, métrique ou canonique, la mise en proportion systématique ne fut jamais, aux yeux des Grecs, une méthode absolue susceptible d'application mécanique, mais bien u/i moyen pratique de réduire les tâtonnements, en se référant à un patron dont le mode d'établissement garantissait la justesse moyenne ; somme toute, elle favorisait la recherche de l'harmonie, de la même façon que rétablissement d'un quadrillage à l'échelle facilite le tracé d'un plan. Cela est si vrai que même un formulaire mesquin comme celui de Vitruve ne manque pas de spécifier que, « les symétries bien établies et les mesures parfaitement prises, ce sera faire preuve de talent autant que de savoir, selon que la nature du lieu, l'usage et la beauté le demandent, retrancher on ajouter pour... introduire toutes les modification* nécessaires » \
1 Voici, par exemple, une méthode pratique pour ordonner une façade de temple dorique à six colonnes : diviser la largeur en 42 parties, dont une servira de module : compté une fois, celui-ci donnera le demi-diamètre de la colonne; 14 fois, la hauteur de celle-ci; si le programme ne comporte que quatre colonnes, choisir pour module 1 27e de la largeur, etc.
"1 Ainsi, si on reprend l'exemple déjà utilisé de la façade du temple de Poséidon à Pœstum, on s'aperçoit que la mesure réelle des entre-axes des colonnes ne concorde pas exactement avec la théorique, qui est égale à 15 pieds; les deux extrêmes mesurent 15 pieds moins 3 pouces et les autres 15 pieds plus 2 pouces. C'est que forcé, pour des raisons d'aspect que nous exposerons plus loin (Cf. p. 344), de contracter le dernier entre-colonnement, l'architecte n'a pas manqué d'assouplir la rigidité théorique du système modulaire.
3 La nomenclature technique étail : pyknostyle : entre-colonncmcnt égal à 1 module 1/2; systyle : entre-colonnement égal à 2 modules : eu&tyle : entre-colonnemenl. égal à 2 modules 1/4 ; diastyle: entre-colonnemenl égal à 3 modules; aréostyle : entre-colonnement égala 4 modules.
' De Architectures, VI. II. I.