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LE MODE DORIQUE

Au jugement de l'artiste comme de l'historien, la constitution du mode dorique fut l'œuvre la plus remarquable de l'architecture grecque: plus original que son émule ionique, plus expressif que lui du tempérament hellène, il est aussi plus foncièrement architectural. Tirant tous ses effets d'une franche manifestation des fonctions, d'une composition raisonnée et harmonieuse des parties et d'une conformation raffinée des éléments, il satisfait les yeux et il ravit l'esprit. Considéré dans la moyenne de ses applications, il répond à un idéal de force et de dignité qui, du moins jusqu'au terme de l'ère classique, comporta des risques de lourdeur et de froideur; un classement chronologique de ses réalisations révèle, à côté d'une remarquable permanence de ses traits essentiels, une succession de variantes qui at lestent un effort incessant vers le mieux, un progrès régulier et une évolution marquée dans le sens de 1 élégance.

Le soubassement.

La part qui est faite à la krépis dans le plus grand nombre des réalisations supérieures du style à l'époque classique — nommons le temple de Poséidon à Paestum, le temple de Zeus à Olympie, le Parthénon, le temple de Phigalie — oseille entre le neuvième et le onzième de la hauteur totale, fronton non compris, la fraction étant généralement répartie entre trois degrés. Une altitude plus considérable caractérise, d'un côté, plusieurs temples de Sicile, notamment ceux de Sélinonte que désignent les lettres C, D, R, et, de l'autre, des édifices du ive siècle -- tel l'Asklépieion d'Epidaure.

Quanta la conformation des degrés, elle comporta maintes variantes Parfois, comme à Néniée, ils étaient tous de même hauteur ; plus souvent, ils étaient inégaux, les supérieurs étant les plus élevés. Tantôt, ainsi au Parthénon, leur largeur était minime; tantôt, comme au temple de Poséidon à Pœstum, elle approchait de la dimension verticale; rarement elle la dépassait. Enfin, tantôt leur face antérieure était lisse, tantôt elle était refouillée à la base par un refend plus ou moins profond, à profil simple ou compliqué par des ressauts.

Le mur.

La plastique normale d'un mur dorique se réduisait à un petit nombre de mouvements, très peu marqués, du profil le plus sobre, et confinés à la base et au sommet de l'élévation. C'étaient, d'une part, — ainsi au Parthénon — les très faibles ressauts des assises de la plinthe et de l'orthostate (221, iv. 195, a et, de l'autre, — témoin le temple de Zeus à Olympie — la médiocre saillie d'une simple moulure silhouettée, il est vrai, en bec de corbin de façon à délimiter franchement par un trait d'ombre la frontière supérieure de la paroi (221, i). Toutefois, le style dorique admettait — notamment à Athènes où il subissait l'influence de son rival, quelques complications et un peu de recherche ; tel, l'agencement d'un rudiment de corniche par le développement, en dessous de la moulure terminale, d'un simple bandeau très peu saillant — c'est la solution observable à Egine (221, n) — ou d'un bandeau souligné par une moulure dans le genre de ce qu'expose le Parthénon (221, m); telle encore une ondulation du profil delà plinthe, dont le Théseion offre un exemple (221, v). 11 pouvait encore arriver, à preuve le Trésor de Sicyone à Olympie, que le mur fût

L ARCHITECTURE EGEENNE HELLENIQUE

agrémenté dans sa partie haute d'une frise de triglyphes et de métopes ou,

témoin le Partliénon, d'une zone sculptée (221, vi)ou même que sa surface fût accidentée par une rangée de colonnes engagées, comme c'était le cas à l'Olympieion d'Agrigente.

Les solutions doriques du problème de la conformation de la tête du mur manifestent une évolution du goût. D'abord on inclina à rapporter l'aspect de l'anteà celui des colonnes qui Favoisinaient : en effet, le temple D de Sélinonte, le temple d'Apollon [G T) dans la même ville et la « basilique » de Paestum montrent l'application d'un système de terminaison par pénétration de la muraille dans un 221.— Plastique du mur dorique, membre en forme de soutien isolé, une colonne i. NaosdutempiedeZeusàOiympie. - dans le premier cas et, dans les deux autres,

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