Lo « Kiosque » dans l'île de Pliilae
et d'exactitude, — elle fut encore influencée par cette « sagesse » dont l'antiquité faisait honneur à l'Egypte, et qui la lit habile à tourner les difficultés.
LES CONDITIONS TECHNIQUES
De fait, la qualité maîtresse des constructeurs de l'antique Egypte fut une admirable ingéniosité, fertile en artifices pratiques. Aussi bien, ces hommes qui nous étonnent par les proportions gigantesques de tant de
leurs édifices, par le nombre et l'ampleur de leurs excavations, par la perfection du travail de leurs tailleurs de pierre, par l'énormité des blocs qu'ils ont si souvent manœuvres, ne disposaient que d'un outillage rudimentaire et ignoraient les plus primitives de nos machines.
Le dessin d'une ellipse exécuté à l'encre sur une paroi rocheuse enduite de chaux appartenant à l'hypogée de Ramsès VI, à Biban el Molouk (xne siècle avant J.-G) montre qu'ils s'entendaient à tracer à grandeur d'exécution les épures de leurs profils. Mais ils ne procédaient point par calculs savants et même ne s'embarrassaient point d'exactitude
dans les mesures : « II faut, écrit Mariette, avoir mesuré, le mètre en main, les temples et les tombeaux de l'Egypte, pour savoir combien de fois les deux murs opposés d'une même chambre ne sont pas d'égale longueur. » Dès le temps de la Iie dynastie, les Egyptiens possédaient un outillage en cuivre ; mais longtemps ils continuèrent l'emploi de masses en pierre. A partir de la XIIe dynastie (début du deuxième millénaire), ils confectionnèrent leurs instruments en bronze et, à dater de l'époque saïte (vne siècle), ils les réalisèrent en fer.
Pour le travail du bois, ils utilisaient la bâche, l'herminette, la scie, le ciseau, la vrille. Ils débitaient la pierre à l'aide de la scie à sable et la perçaient au moyen d'une tarière à archet imprimant à des grains un mouvement de rotation ; ils la conformaient par percussion avec la pointe et la marteline et par entailles au ciseau; enfin ils la polissaient par friction à l'aide de galets, de sable, de grès
L'exploitation des carrières se faisait, suivant les circonstances, à ciel ouvert ou par le moyen de galeries dont on soutenait les plafonds en réservant des piliers dans la masse. Le détachement des blocs était préparé par le creusement de rainures et achevé par le travail de coins de bronze chassés dans ces fentes, ou de coins de bois que l'on faisait gonller en les mouillant.
Le transport à pied d'œuvre s'accomplissait autant que possible par eau, les gros monolithes, les obélisques par exemple étant suspendus entre deux bateaux et sans doute immergés, en vue d'une réduction de