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Entablement du temple du Soleil à Rome

Restaur. d'Esquié. (D'après d'Espouy, op. cit).

le Jeune atteste qu'au début du if siècle de notre ère, il n'y avait pas de province « qui ne possédât des hommes pleins d'expérience et de talent ». Au siècle suivant, Alexandre Sévère institua des écoles et Constantin suivit son exemple.

L'architecture officielle disposait à son gré de travailleurs libres expérimentés, de professionnels soumis aux réquisitions, d'esclaves, de corvéables, enfin, dans les provinces, de légionnaires. Ces derniers ne recrutaient pas seulement des manœuvres inintelligents, mais aussi des ouvriers habiles, à preuve, pour n'en citer qu'une, la création deTimgad par la légion IIP Augusta, dont le quartier général était à Lambèse.

D'autre part, guidés par leur sens pratique, les Romains ne concevaient point une entreprise, si considérable fût-elle, sans une large dotation, assurée dès la mise en train.

Or, ils voyaient grand, réalisaient volontiers l'utile au delà du nécessaire, avaient un faible pour le colossal et soignaient les programmes les plus modestes, au point que la postérité a pu prendre certains de leurs marchés pour des temples1 !

Leurs moyens techniques étaient considérables. Maîtres du monde méditerranéen, ils bénéficièrent des inventions mécaniques de l'ancien Orient et de la Grèce comme de la science alexandrine.

Nous ne nous attarderons pas à l'examen des conditions naturelles que rencontra l'architecture romaine, vu que nous avons défini plus haut celles qui étaient propres à la région orientale de son aire et au domaine delà civilisation étrusque2.

Sous le rapport de l'approvisionnement en matériaux, la situation de Rome était privilégiée : surplace ou à proximité elle se procurait aisément une excellente terre à briques ; un tuf volcanique grossier, de couleur gris verdàtre (péperin-lapis albinus) ; un calcaire poreux, gris -jaunâtre, de dureté moyenne, supportant bien la charge (travertin-lapis tiburtinus) ;

1 Ce lui le cas par exemple puni' le marché aux légumes et aux paissons de Pouzzoles. Les ruines d'une cour quadrangulaire bordée de portiques sur colonnes de marbre el de granit, avec des logettes latérales, une chapelle à péristyle au centre et un portique à colonnes devant l'entrée, furent considérées comme un sanctuaire deSérapis. Deux locaux pourvus de bancs dé pierre, avec des orifices, passèrent pour des réduits aménagés pour un dégagement île vapeurs l liermales. C'étaient des latrines '.

" Cf. p. 154, 159, 2S6.

LES CONDITIONS NATURELLES

un autre rougeàtre, dit pierre de Gabies ; des sables volcaniques, élément essentiel du fameux ciment romain; enfin l'Apennin la fournissait de bois. Grâce au Tibre qui lui ouvrait l'accès de la mer, elle avait toute facilité de mettre à contribution la Toscane pour sa pierre de Lima et ses bois

Cliché Alinari.

29o. — Le forum de Nerva ou transitorium à Rome.

de grande portée ; Pouzzoles pour ses sables volcaniques (pouzzolane) ; la Gaule, la Numidie, la Grèce pour leurs marbres; la Syrie, l'Egypte pour leurs pierres dures. En Gaule, en Espagne, en Afrique, il y avait abondance de bonnes pierres, de marbres, de bois.

Le régime climatérique des pays où s'exerça l'activité de l'école romaine d'Occident fut pour elle une cause de progrès II comportait en

L ABCHITECTURE HUMAINE

effet plus de variété, pi lis de contrastes que celui dont avait eu à tenir compte l'art de bâtir en Grèce et en Orienl : moins de chaleur, plus d'humidité ri. dans certaines provinces, des froids rigoureux et de la neige1. C'est assez dire que l'architecture romaine lui astreinte à un effort d'adaptation auquel ne furent pas vouées ses émules helléniques et orientales.

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