‹ L'architecture (volume 2)Chapitre 20 sur 266 · I. Construction d'un mur. — II. Construction d'un pylône · texte numérisé non relu

I. Construction d'un mur. — II. Construction d'un pylône

1 L'artifice fut constamment utilisé pour l'érection des pyramides qui au dire d'Hérodote, « furent d'abord construites en forme d'escalier, avec des degrés ou des gradins ».

Tu

de deux éperons en briques crues, reliés par des poutrelles et des murettes transversales chargées d'empêcher, les premières leur rapprochement, les secondes leur écartement ; on bourrait les creux avec de la terre, et on réalisait de la sorte une échelle de gradins, hauts chacun d'environ cinq pieds. D'échelon en échelon cheminaient les briques et les pierres, les premières montées par des servants, les secondes hissées grâce à des manœuvres, qu'Hérodote mentionne sans les préciser et que vient d'expérimenter avec plein succès M. Legrain, l'habile restaurateur du temple de Karnak.

Elles étaient de deux sortes, selon qu'on avait affaire à de gros monolithes ou à des pierres de dimensions moyennes. Les premiers étaient élevés jusqu'au niveau du degré supérieur, grâce à une progression d'efforts de leviers alternant avec des opérations de calage, puis poussés sur le palier à l'aide de rouleaux, enfin haussés de nouveau, et ainsi de suite. Pour les secondes, la montée était bien plus rapide, grâce à un appareil aussi simple qu'ingénieux, dont M. Legrain a retrouvé et restauré l'usage et que M. Choisy, à qui nous en empruntons la figuration, a baptisé « ascenseur oscillant »>. C'est un berceau en bois, fait de deux joues en segment de cercle, rendues solidaires par des traverses, et sur lequel on amarre le bloc (17). Pèse-t-on sur une de ses extrémités, l'autre se relève; si on glisse sous lui une cale et qu'on l'abandonne à lui-même, il bascule et se trouve en équilibre sur elle. Qu'au moyen de madriers on établisse une plate-forme au niveau de la cale, et qu'on renouvelle la manœuvre, on gagnera encore une fois la valeur de l'épaisseur de la cale; on recommencera jusqu'à ce qu'on soit à la hauteur du degré supérieur, sur lequel on s'avancera, et ainsi de suite. L'oscillation est obtenue sans peine, par le travail d'un levier qu'actionne soit l'effort d'un homme, soit plus pratiquement sa suspension à l'extrémité. Au be-

Page 1