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tique elle réalisait un énorme progrès — consista dans l'érection
et sur les flancs de la scène, d'un haut écran en maçonnerie1
raccordement des extrémités de celui-ci avec
le mur de soutènement de l'hémicycle; enfin,
dans l'installation d'un abat-voix au-dessus
de l'estrade, voire dans la couverture totale
de 1 édifice2 (305. Cf. 170, 177).
En outre, au système grec de la constitution d'un théâtre par utilisation d'un relief du sol, l'architecture romaine substituait volontiers celui d'une construction sur galeries voûtées, qui lui permettait non seulement une implantation à son gré, mais encore une multiplication des voies d'accès aux différents étages de gradins et la mise à l'abri des spectateurs en cas d'orage. Bref, le théâtre romain possède sur son modèle grec l'avantage d'être un tout organique.
au fond dans le
Le théâtre d'Orange.
Le cirque romain procédait du stade hellénique, mais il s'en différenciait par divers perfectionnements, en particulier sous le rapport des dégagements (306).
Le grand cirque à Rome.
La carrière (arena) était une aire environ cinq fois plus longue que large, dont une épine, allongée selon son grand axe, faisait une piste sans fin. Elle était définie à une de ses extrémités par une demi-circonférence et, à l'autre, où était l'entrée, par un arc de cercle. En bordure de celui-ci, se trouvaient, au centre, une porte triomphale et, de part
1 Au théâtre d'Orange sa hauteur est de 36 iiiiHres.
3 Gomme exemple de théâtre couvert (tectum) on peut citer celui d'Aoste.
et d'autre, des stalles [carceres] où les chars compétiteurs attendaient le signal du dépari ; au-dessus, étaient aménagées des loges pour les magistrats et, à Rome, une tribune impériale. Sur le reste de son pourtour, la piste était dominée par un étagement de gradins facilement accessibles, grâce à un dispositif ingénieux et simple d'escaliers, de passages extérieurs et de galeries intérieures. Les cirques romains étaient de proportions colossales Le « grand » (maximus) de Rome mesurait 635 mètres sur 110 et contenait 150.000 spectateurs! L'implantation de la spina manifeste cette faculté de prévision et ce sens pratique qui recommandent l'architecture romaine. Comme il fallait faciliter aux concurrents l'accès de la carrière et qu'on pouvait tabler sur une réduction progressive du front de leur peloton par le distancement des inférieurs, on imagina de déporter la barrière vers la gauche par rapport au départ et de l'incliner sur l'axe de l'arène, de façon que la piste d'aller fût plus large que celle de retour et l'une et l'autre plus à leur début qu'à leur fin.
Cette faculté de prévoir et de pourvoir, de doter toute fonction de l'organe convenable, on les apprécie encore mieux quand on examine la structure de V amphithéâtre romain dans sa réalisation la plus achevée, le Cotisée de Rome (290, 307, 302). Tout y est admirable : l'ampleur, la parfaite unité, la clarté de la conception d'un ensemble dont le développement longitudinal mesure 187 mètres, le transversal 155, le vertical 48 et demi; le souci et le sens de l'appropriation des éléments à leur rôle, qu'annonce le choix — malgré les difficultés d'exécution qu'il devait entraîner — d'un tracé elliptique, à cause des facilités qu'offrait une arène axée pour l'ordonnance du spectacle; l'installation pratique des magasins, des « coulisses », de la machinerie nécessaire dans le sous sol, excavé en galeries, en cages pour la garde des fauves, en égouts pour une vidange rapide de la piste, quand elle avait été transformée en bassin pour des jeux nautiques; le parfait drainage de l'édifice; l'exacte accommodation du profil à ressauts des gradins aux conditions' de visibilité du spectacle; l'aménagement dans l'infrastructure de l'amphithéâtre, à chaque étage, de galeries d'abri pour le cas d'orage ; l'ingénieux agencement d'une voilure mobile dont la manœuvre, exécutable d'un chemin de ronde au sommet de l'édifice, permettait d'ombrager les parties ensoleillées et aussi le raffinement d'une circulation d'eau pour rafraîchir l'atmosphère, voire d'une distribution d'air parfumé! Surtout, il faut louer le dispositif simple et clair des dégagements, grâce auquel en quelques instants, avec un service d'ordre
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infime, une foule de 50.000 personnes pouvait être, pour employer l'expression pittoresque et significative des Romains, « vomie » du dehors au dedans ou inversement1.
307. — Structure du Colisée. (D'après Guadet, Eludes sur le Colisêe.)
Le programme des Thermes n'est pas un moindre chef-d'œuvre d'organisation.
1 L'ouverture, au rez-de-chaussée, de 76 arcades numérotées permettait de diviser le Ilot populaire en autant de pelotons. Chacun d'eux, les barrières ouvertes, était expédié par le canal d'une suite d'escaliers de plus en plus étroits, sur les différents chemins de ronde, d'où, par des degrés échelonnés selon les rayons du plan, il s'éparpillait sur les gradins d'un secteur.
Complet, un bain romain comportait successivemenl : une sudation, un séjour dans l'eau chaude, une réaction dans l'eau froide, une onction de la peau; de plus, il «Hait 'écédé ou suivi d'exercices gymniques, de ieux sportifs, d'entretiens, ci étions littéraires. C'est dire combien était complexe la distribution d'un é ablissement de bains approprié à tant et à de si diverses destinations et combien les installations en devaient être raisonnées et savantes. D'un côté, le service balnéaire exigeait un ves-
308. — Le Frigidarium des Thermes de Caracalla. (Restaur. de Viollet-le-Duc, Entret. sur Varckit.).
tiaire [apodytium], un chauffoir (caldarium) . une étuve [laconicum), un rafraîchi ssoir (frigidarium), une salle pour les onctions [unctoriiim . une région tiède (tepidarium) ménageant une transition entre les locaux de températures extrêmes et entre leur ensemble et l'extérieur: enfin, un calorifère puissant (hypocausté), un système pratique d'adduction et d'évacuation des eaux. D'autre part, pour l'exercice et l'agrément des visiteurs, il fallait des promenoirs ouverts, des galeries couvertes, des gymnases, des exèdres, des salons, des salles de conférences, des bibliothèques.
Or, si l'on choisit comme type de réalisation les thermes de Caracalla. on constate avec quelle maîtrise l'architecture romaine s'acquittait de la
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mission qui lui était proposée (309). En conformité avec son rôle d'intermédiaire, le Tepidarium y occupait le cent du bâtiment, à égale portée des vestibules, eux-mêmes accotés de , „ires, de la salle froide (308) et de la salle chaude flanquée d'étuves. ues cellules des bains réservés s'alignaient en avant des thermes publics, le long d'un portique, et chacune était pourvue d'un local préliminaire. L'économie du chauffage était tout à fait remarquable, réductrice de la dép< nse et parfaitement hygiénique.
Thermes de Caracalla.
Les chambres de chauffe étaient situées sous les locaux dont la'température devait être élevée et qui se trouvaient garantis contre une déperdition de leur chaleur par une antichambre ou par un tambour : les gaz issus des foyers des chaudières ne s'échappaient au dehors qu'après avoir circulé sous les pavages des salles, derrière le parement de leurs murs, au-dessus de l'intrados de leurs voûtes.
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La conception romaine de l'édifice sacré n'était autre que celle des
l architecture humaine
Etrusques, à peine concurrencée sons l'Empire, mais sans grand succès, par celle de la Grèce.
A l'instar de ses modèles, le temple romain n'avait point d'autre destination que d'abriter la statue de la divinité qui était censée l'habiter, un mobilier cultuel et un trésor d'offrandes précieuses. Aussi était-il devisé à petite échelle, essentiellement constitué par une chambre [cella) et par un autel devant l'entrée (310, xi).
Le plan dessinait généralement un rectangle dont le grand axe passait
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