Le temple romain
I. Temple de la Fortune virile a Rome. - II. T. d'Eseulape à Spalato. — III. T. île Vénus et de Rouie. — IV. T. à Tivoli. — V. T. de la Fortune virile. — VI. T. de Cori. - VII. T. de Jupiter à F'ompéi. — VIII. T. de Vienne. IX. Temple de Vénus et de Rome. — X T. de la Concorde. — XI. T. d'Apollon à Pompéi. — XII. T. de Jupiter (/</.). — Xlll. T de Castor et de l'ollux. — XIV. T. de Jupiter à F'ompéi. — XV. T. de Hrescia. — XVI. T. de Sbeitla. — XVII. T. de Vénus el de Rome.
par la porte; mais si le terrain disponible ne se prêtait pas a un développement en profondeur, l'architecture romaine n'hésitait pas — témoin le temple de Brescia et, à Rome, celui de la Concorde — à adopter l'implantation contraire1 (310, x, xv).De môme, pour l'orientation : canoniquement elle devait être d'est en ouest, de façon que la sainte image regardât le couchant; en fait, on admettait quelle fût conditionnée par le lieu.
Un programme de temple romain ne comportait pas nécessairement une antichambre, équivalent du pronaos hellénique : des sanctuaires soi-
1 Les édifices mentionnés ont leur façade sur lin de leurs côtés longs parce que l'implantation du premier avail été contrariée par un relief du sol el celle du second par l'existence du Tabularium.
PROGRAMMES ItKLKUKl'X
gnés comme, à Rome, ceux de la Fortune virile ou de Castor et de Pollux. ceux de Nîmes, de Vienne, de Cori, etc., en étaient dépourvus (310, i, v, vi, vin). Il y a. d'autre part, des exemples - tels ceux qu'offrent le temple de Jupiter à Pompéi, celui d'Esculape à Spalato (310, ir, xn) - — d'une réalisation toute rudimentaire de cet élément, au moyen d'une saillie à peine marquée "les murs longitudinaux de la ctdla. Cependant, nombre d'édifices importants — temples romains de la Concorde,
311. — Corniche du temple de la Concorde à Rome. (Restaur. du Daumet). (D'après d'Espony, op. cit.)
de Vespasien, d'Antonin et de Faustine. de Rome et de Vénus, etc., — développaient amplement cette partie préliminaire (310, x. m).
En général, la cella ne prenait jour que par la porte : néanmoins le temple de Tivoli (312, iv), ceux de Palmyre, le Panthéon romain 286 attestent qu'on admettait un complément d'éclairage par des fenêtres : le programme du Panthéon n'en prévit qu'une, sous l'espèce d'une large ouverture béante au sommet de la coupole, et qui dominait de trop haut un vaisseau trop vaste pour que l'entrée de la pluie put constituer un inconvénient. Parfois, notamment dans la partie orientale de l'Empire, une baie semi-circulaire était percée au-dessus de la porte.
Comme son modèle étrusque. la cella romaine était toujours précédée
L architecture romaine
d un portique sur colonnes, caractérisé par une très grande profondeur et par une relégation des soutiens à sa périphérie (310, v-vii; 280). Il était rare — c'est encore un indice de filiation toscane — qu'il fût flanqué de galeries sur ses faces longitudinales et postérieure (310, xi). Le temple de Vienne atteste l'emprunt à l'art étrusque du dispositif à colonnades latérales butées à deux ailes détachées du corps de la cella à son extrémité arrière (310,
vin, xiv). Gomme spécimens d'ordonnance grecque à péristyle continu, on peut citer les temples romains de Castor et de Pollux, de Rome et de Vénus, ceux de Baalbek... (310, ix, xm)
Toujours le temple romain était haussé sur un soubassement qu'on dénommait podium. Il était exceptionnel que celui-ci fût, à la mode grecque, raccordé au sol par une ceinture de degrés; selon le goût étrusque, il était défini par des faces abruptes, parfois percées de baies quand, ainsi qu'on l'observe au temple précité de Castor et de Pollux, il contenait des locaux dans sa masse. La plateforme était accessible, vers l'avant, par un perron plus ou moins proéminent, avec un escalier entre limons dont la largeur variait de celle de Tentre-colonnement central à celle de l'édifice entier (310, x, xi; 280). Il arrivait — témoin le temple de Castor et de Pollux, celui de Jupiter à Pompéi, la chapelle qui avoisinait la curie à Timgad — qu'on l'utilisât comme tribune (310, xn, xm). La plupart des temples étaient propres à une seule divinité; néanmoins, il ne manquait point de sanctuaires triples ; il en fallait d'ailleurs pour le culte, hérité de l'Etrurie, de la triade Jupiter, Junon, Minerve. La complication résultait, tantôt, comme au temple de Jupiter à Pompéi, d'une distribution du fond de la cella en trois chapelles (310, xiv) ; tantôt — ainsi à Brescia(310, xv) — d'une division fondamentale en trois vaisseaux distincts, annoncée extérieurement par un triplement des portes^ voire par un tracé accidenté du perron dégageant une proéminence médiane ; tantôt enfin, comme à Subetula (Sbeitla), par l'alignement sur un même front, à courts intervalles, de trois édifices distincts, celui du milieu