‹ L'architecture (volume 2)Chapitre 38 sur 266 · Menuiserie égyptienne triangulée. (Thèbes, XVIIIe dyn · texte numérisé non relu

Menuiserie égyptienne triangulée. (Thèbes, XVIIIe dyn

Ci L ARCHITECTURE ÉGYPTIENNE

ternes d'assemblage à queue d'aronde, à tenons et à mortaises, à grains d'orge et à prisonniers chevillés. Elle avait inauguré d'ingénieux procédés pour la consolidation d'une structure, au premier rang desquels il faut mentionner le dispositif triangulé, avec raidissement par des pièces en écharpe : elle en faisait couramment usage quand les dimensions étaient petites (38) ; mais, dès que celles-ci grandissaient, le défaut de rigidité de ses bois la condamnait au système inférieur des assemblages d'équerre et à la double nécessité de rapprocher les montants et de multiplier les traverses (40).

Le mur.

La maçonnerie égyptienne associait de façon déconcertante des précautions minutieuses et d'étonnantes négligences. Comme type de ces dernières, on peut citer l'insuffisance générale des fondations. Si considérable que pût être le poids d'un monument, non seulement sa substructure descendait à peine clans la terre, mais encore elle était peu ou point soignée. Ainsi, au temple de Séti I à Abydos, elle se réduisait à une unique assise de blocs mal équilibrés; les gigantesques colonnes de la salle hvpostvle à Karnak ont pour fondement de méchants massifs en moellons, dont la section est parfois moindre que la leur. Au temple de Louxor, sous les parties les plus exposées, à cause du voisinage du Nil, c'est tout juste si l'on compte trois assises, hautes chacune de 80 centimètres. Le Ramesséum olfre l'exemple d'un support sous l'espèce d'un radier en briques sèches, épais de 2 mètres environ. Ce n'est pas avant l'époque ptolémaïque qu'on trouve des fondations descendues jusqu'à 5 ou 6 mètres au-dessous du sol. En revanche, la colonne égyptienne possédait, dans le large disque qui lui servait de base, un empattement plus que suflisant. Normalement, on se bornait à niveler l'aire du futur édifice et à serrer la terre au moyen d'un pilonnage. A la vérité, une fois desséché et tassé, l'humus de la vallée du Nil acquiert une incompressibilité remarquable et le fait qu'il est d'ordinaire superposé à une nappe de boue n'engageait point aux fouilles profondes. Aussi bien, était-ce à d'autres moyens que les Égyptiens demandaient la stabitité de leurs constructions.

Réalisé en briques, l'appareil égyptien employait des carreaux séchés et comportait entre les assises un lit d'argile pâteuse, pure ou mélangée de paille, dont l'épaisseur était de 1 centimètre en moyenne. Parfois — ainsi aux pyramides de Dachour et de Haouara — on lui substituait

une nappe de sable, très propre à assurer à la fois une égale répartition des charges et le drainage des constructions; ou encore, c'était un matelas de paille d'alfa, souvent façonné en natte (39, v). Le rôle d'armature qu'il jouait était tenu, d'autres fois, par un chaînage de madriers ou de troncs novés dans la masse. Il n'était pas rare que les joints verticaux ne fussent pas garnis, particularité d'ailleurs favorable à l'assèchement. Ordinairement, les briques étaient posées à plat, par files transversales

Page 1