‹ L'architecture (volume 2)Chapitre 40 sur 266 · I. Mur à Karnak.- [[.Coupe · texte numérisé non relu

I. Mur à Karnak.- [[.Coupe

on les prévenait par l'application d'enduits, de boiseries, de nattes, de bourrelets de roseaux l.

La construction en matériaux lapidaires procédait à joints vifs, sans liaison au mortier. Parfois — • ainsi à la salle bypostyle de Karnak, au temple de Séti I à Abydos — elle unissait deux blocs attenants d'une même assise à l'aide d'agrafes façonnées en queue d'aronde dans du bois de sycomore. Chaque fois que les circonstances le lui permirent, elle réalisa des contacts parfaits. Au dire d'Hérodote, le revêtement de la grande pyramide était « si bien ajusté que toute l'enveloppe ne semblait former qu'un seul bloc ». Son affirmation tire créance de l'excellence de l'appareil que montrent la tombe de Nolir Ka (11e dynastie), certaines chapelles funéraires contemporaines de la m8 dynastie, la base de la pyramide de Mykérinos, le temple de granit ou encore la grande galerie de la pyramide de Khéops, cette dernière si remar-

transversale selon A B. —III.

quable que, pour employer les termes de l'Arabe /</. selon cd.—iv. MuràEi-

.,,.,-.„ . . ■. ■ . 1 . Kab. — V. Coupe transversale

Aba-ui-Latii, « on ne pourrait introduire dans les seionEF. — vi. id. selon gh. joints, ni une aiguille, ni même un cheveu! »

L'architecture égyptienne avait trop le sentiment du beau pour ne pas désirer et trop de pouvoir pour ne pas réaliser — pour autant que les conditions fussent favorables — le réglage des lits, la verticalité des joints et l'égalité des assises. Mais trop souvent, par économie, elle dut non seulement se résigner à des dénivellations, mais encore s'accommoder de blocs de conformation irrégulière, quitte à corriger les défectuosités par des remplissages en petites pierres ajustées ou en garni de mortier. A partir du Nouvel Empire thébain, la question de l'aspect de la construction se trouva simplifiée, parce qu'un parti-pris de couvrir la totalité de la surface d'un mur ou d'une colonne de figures ou d'inscriptions, entraîna la nécessité de placages en pierre statuaire ou de revêtements en stuc. f

De tout temps, les Égyptiens pratiquèrent le système économique qui réalise un massif au moyen d'une enveloppe construite et d'un bourrage du vide avec du sable, du limon, ou des gravois (31) vi, vu). Toujours

1 Cf. les lambris à l'intérieur de plusieurs tombes proLobistoriques ; les représentations d'édifices sur les reliefs et les peintures et certaines formes décoratives qui gardent le souvenir de formes constructives (voir plus loin, p. 82).

une muraille en pierre élail constituée par deux parements indépendants. Si sa hauteur était petite, ils étaient juxtaposés ; dès qu'elle devenait un peu considérable, ils étaient écartés l'un de l'autre, celui du côté intérieur se dressant vertical, tandis que l'extérieur montait avec une inclinaison atteignant jusqu'au dixième de la hauteur: dans le cas d'un pylône, tous ileux étaient en talus '. Quant au vide, il était comblé à l'aide de pierrailles, voire même de sable : pratique détestable, puisqu'il suffisait qu'une brèche ouvrît une sortie au bourrage pour que le parement oblique portât à faux et s'écroulât. Le même principe apparaît dans l'édification des grosses colonnes. Ainsi, à Louxor, chaque tambour est une couronne faite de plusieurs blocs et dont on a rempli le vide central de mortier et de brique pilée.

Le couronnement ordinaire d'une baie de fenêtre était un linteau, de pierre ou de bois, selon que la construction était lapidaire ou en briques, et que soutenaient soit les parties de mur en bordure de la brèche, soit des jambages rapportés. Plus rare, mais non pas exceptionnelle, était la forme en arc cintré.

Le sol et la couverture.

Pour le sol d'un bâtiment modeste, l'architecte égyptien se contentait de limon battu. S'agissait-il d'un édifice soigné, on établissait soit un lit de briques recouvert d'une nappe de mortier, soit un plancher sous enduit de plâtre, posé sur des semelles qui l'isolaient de la terre et dont les tombeaux de la première dynastie offrent de vénérables restes ; soit encore un dallage en pierre parfaitement jointoyé, soit enfin un carrelage émaillé. Au palais d'Aménophis IV, à Tell el Amarna, on avait superposé de bas en haut : un lit de briques, une couche de mortier épaisse detreize à vingt-six millimètres, enfin une autre — très mince — déplâtre mêlé de matières filamenteuses, laquelle, après avoir été peinte, avait été polie et imperméabilisée.

Au problème de la couverture, les Egyptiens proposèrent diverses solutions. La première en date utilisa sans doute des roseaux ou des joncs courbés pour façonner des ébauches de fermes (28, i) dont les dais de l'Egypte historique nous ont conservé l'image (42, iv). Puis on fit des

' Cette élévation oblique, dont la construction égyptienne lit une application constante — sans doute parce qu'elle y voyait un élément de solidité, — procédait évidemment de celledont lui donnaient exemple les digues de la vallée.

LA CONSTRUCTION

LES PROCEDES

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