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Solutions égyptiennes du problème de la couverture

I. Plafond en bois soutenu par des poteaux (Tombe de Qa, lre dyn.). — II. Plafond en pierre (salle hypostyle du temple dAmon, à Karnak). — III. Plafond en rondins de palmier. — IV. Ebauche de ferme en jonc utilisée pour la réalisation de dais. — V. Fausse voûte (chapelles du temple funéraire de Séti I, à Abydos). — VI. Couverture par encorbellement des assises (couloir de la pyramide de Khéop»), — VU. Coupole obtenue par le même procédé (Abydos). — VIII. Berceau réalisé par encorbellement et déchargé (Temple de Deir-el-Bahari). — IX. Berceau en briques tourné par tranches (Magasins du Ramesséum). — X, XI. Renforcement du berceau par une carapace de briques posées debout ou à plat (Ramesséum). — XII. Une brique des voûtes du Ramesséum. — XIII. Couverture au moyen de dalles inclinées les unes contre les autres (Pyramide d'Ounas, Ve dyn.). — XIV, XVII. Voûtes clavées 'tombe de Campbell, à Gizeh, XXVIe dyn.). — XV, XVI. Berceaux dans des tombes, à Bet Khallaf et à Reqaqnah (IIIe dyn.). — XVIII. Berceau en briques (El Asasif). — XIX. Voûte en arc de cercle (Dépendances du temple de Deir el Médiué). — XX. Voûte en ogive (t'Aie!.). — XXI. Ellipse à trois centres : tracé favori des constructeurs de voûtes égyptiennes.

plafonds en rondins de palmier ou en solives taillées dans des Lois plus

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résistants; après leur avoir superposé un matelas de roseaux entrelacés, on les couvrait d'une couche d'argile bien tassée, que contenait un rebord constitué par un dépassement des murs ou par un cours de bottes de roseaux (49, m).

Du temps de la première dynastie, les abouts des solives étaient tantôt encastrés dans des logements réservés en haut des murailles, tantôt posés sur le sommet de poteaux en bois ou de pilastres en briques ; quand le vide était trop grand, une rangée de soutiens isolés constituait des points d'appui intermédiaires (42, i). On obviait à la llexibilité du palmier en disposant les rondins comme les voussoirs d'un berceau, c'est-à-dire en les serrant les uns contre les autres selon un profil convexe, ce qui les rendaient solidaires et reportait la charge de la terrasse sur les murs parallèles à leur axe (42, m).

Cependant, de très bonne heure, au moins dès l'époque delà deuxième dynastie — témoin les tombes de Naga ed Der, la construction égyptienne en briques sût réaliser la couverture au moyen d'une voûte. C'est au système du berceau qu'elle recourut d'abord et toujours elle marqua pour lui de la préférence; mais elle utilisa aussi celui de la coupole (42, vu).

Pour l'application de l'un comme de l'autre, elle employait volontiers le procédé des assises encorbellantes ; elle savait d'ailleurs choisir, pour les monter, le plus pratique des profils, celui de l'ogive, et elle s'arrangeait, pour éviter les échafaudages d'une exécution difficile en un pays pauvre en bois.

Bientôt même — les tombes de Bet Khallaf et de Reqaqnah, contemporaines de la troisième dynastie, en fournissent la preuve — elle s'entendit à tourner un demi-cylindre par la méthode des assises rayonnantes, modelant sans doute en terre la forme qui devait supporter le rouleau en construction (42, xv, xvi). Ala vérité, ces berceaux primitifs étaient grossiers, irréguliers et leur ouverture était fort étroite. Celui qui ferme le couloir du tombeau de Nefer Khat ne dépasse pas lm,25 de large. Les matériaux étaient d'ordinaire les mêmes que pour les murs, les vides angulaires à la périphérie de la couronne étant bouchés au moyen d'un remplissage en argile. Parfois, au lieu de carreaux on employait de véritables voussoirs, dont la forme trapézoïdale était réalisée soit, par l'addition de deux talus triangulaires en limon aux lianes d'une brique normale encore humide, soit, par l'abatage de deux éclats à Tune des extrémités d'une brique sèche.

Cependant c'est le mode d'édification d'un berceau par tranches qui obtint la faveur de l'Egypte : aussi bien, était-il le mieux approprié aux conditions naturelles du pays, puisqu'il n'exige pas de cintres (42, ix, x, xi). Divers artifices en facilitaient l'application : on montait les murailles aussi haut que possible, grâce à un encorbellement de leur partie supérieure ; pour la voûte on se servait de minces carreaux1, parfois faiblement arqués dans le sens de leur longueur, creusés sur leurs grandes faces de deux ou trois rainures destinées à favoriser la prise du mortier : on inclinait les arceaux contre un mur de fond; on superposait plusieurs carapaces, jusqu'à quatre; enfin on choisissait des profils comportant les moindres difficultés, l'ogive, le segment de cercle, surtout une ellipse à trois centres correspondant aux sommets d'un groupe de deux triangles rectangles « égyptiens » adossés par leurs petits côtés2 (42, x. xi).

La résistance aux poussées était assurée par l'épaisseur des murailles qui, au Ramesséum, atteint 3m.(i'j.

Pour la bâtisse lapidaire, le système ordinaire de couverture était un plafond de dalles posé sur les murs et sur les architraves des colonnades (42, n). Parfois la

1 Aux magasins du Ramesséuin, ils mesurent en épaisseur o centimètres, 30 centimètres de longueur, et I) centimètres de largeur.

Le plus ancien exemple connu de ce type de berceau est olîert par un tunnel oblique dans un tombeau à DendéraJi. celui d'Adou I, directeur des travaux des Pharaons Pépi I et II de la sixième dynastie : c'est un cintre constitué par la superposition de quatre rouleaux. Le plus remarquable se voit aux magasins de Ramesséuin : il compte également quatre arches dont l'intérieure, large à la naissance de 3-, 60, culmine à 4™, 57 au-dessus du sol.

1 Le triangle rectangle que les anciens dénommaient c. égyptien a ou « sacré » se distingue par la particularité que ses côtés sont entre eux comme 3, 4 et 5.

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