Le couloir de la pyramide
de Kliéops. (D'après Descr. de VEg.)
portée était réduite par un élargissement de la partie haute des murs (42, vi; 43) ; il en est ainsi aux sanctuaires du temple de Séti I à Abydos 1:2, v). Etait-il exposé à des pressions, on l'en préservait par l'artifice d'une décharge, telle qu'en montrent les chambres de la grande pyramide et un des couloirs du temple de Deir-el-Bahari (42, vin).
Néanmoins la voûte en pierre n'était pas exceptionnelle. Tantôt elle naissait d'un encorbellement des assises supérieures de deux muraillles opposées, les ressauts étant ou bien conservés — comme à la grande galerie de la pyramide de Khéops — ou bien taillés suivant un profil de cintre comme au couloir sus-mentionné de Deir-el-Bahari. Tantôt, elle était constituée par la rencontre de deux rangées de dalles d'égale hauteur, dressées sur la crête du mur et inclinées l'une vers l'autre : parfois, pour plus de sécurité, on doublait ou l'on triplait le dispositif. Gomme spécimens nous citerons, dans la Grande pyramide, le comble de la « chambre de la Reine » et celui d'une des cellules au-dessus du caveau royal ; la couverture de la chambre du Pharaon Ounas (cinquième dynastie) dans sa pyramide de Saqqarah ; la décharge de la galerie précitée de Deir-el-Bahari (42, xin, vm). Plus rarement, c'était un berceau appareillé sur cintres, d'abord avec des moellons rectangulaires serrés à la périphérie par des bourrages en pierraille et, à partir de l'époque saïte, avec des voussoirs trapézoïdaux (42, xvn).
En somme, de très bonne heure, la construction égyptienne disposa de moyens variés et pratiques et ses productions possédèrent au plus haut degré la qualité essentielle, la stabilité. Avec ses murs talutés poussant vers l'intérieur, ses plafonds épais fortement ceinturés par les pressions équilibrées des quatre murailles, ses colonnes maintenues au pied par le dallage et à la tête par la charge des architraves, un édifice égyptien soigneusement bâti en pierre, devait durer aussi longtemps que le sol ne fléchirait pas sous ses bases.