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La corniche égyptienne

I. Type simple. — II. Corniche à crénelage. — III. Origines de la corniche.

rassement de la couverture. Il n'est pas jusqu'au décor qui ne facilite la reconnaissance de l'état primitif : car sur les tores est figuré un enroulement de rubans, rappel des ligatures qui serraient les bottes et les attachaient à la muraille, et la gorge de la corniche s'agrémente de canaux verticaux qui, évidemment, sont l'image stylisée des rainures d'une palissade (49, i, n).

Cette mouluration rendait le précieux service d'empêcher que la silhouette de l'édifice ne se perdît dans l'éblouissante illumination de l'atmosphère égyptienne. D'une part, la bande obscure que déterminaient la saillie de la baguette d'angle et surtout la concavité très prononcée de la gorge de la corniche ; de l'autre, la traînée de clair qui s'allongeait, soutenue par l'azur chaud du ciel, sur la convexité de la moulure et sur la tablette de la crête, cernaient les contours d'un double trait, l'un sombre, l'autre lumineux (40, 48, 67).

C'est dans le même esprit que, rarement aux temps pharaoniques, fréquemment au contraire à l'époque ptolémaïque, on couronnait la tablette de la corniche d'une sorte de crénelage, constitué généralement par une haie de serpents dressés et portant le disque solaire, ou encore

par une rangée de singes cynocéphales, comme c'est le cas au grand temple d'Ipsamboul, où leur hauteur atteint 2m,50 environ (48; 49, n).

A l'intérieur de cette sorte de bordure, nul relief architectural n'accidentait les surfaces. Il est vrai qu'au temps du Nouvel Empire, elles étaient revendiquées par les scribes, les sculpteurs et les peintres chargés de publier les saintes images, les textes sacrés et la gloire des Pharaons. C'est tout à fait exceptionnellement qu'apparaissent des ébauches d'arrangement plastique : tels, sur le mur méridional de la terrasse centrale du temple de Deir-el-Bahari, un parti de larges pilastres, d'ailleurs à peine saillants de 8 centimètres; ou encore, offert par l'enceinte extérieure de Louxor et par le soubassement du temple périptère d'Eléphantine, un mouvement selon le profil d'un socle couronné par une corniche et posé sur un degré.

Cependant, pour la tète d'une muraille et pour une partie de paroi opposée à l'extrémité d'une rangée de soutiens isolés, l'architecture égyptienne sut trouver la forme convenable : dans le premier cas, celle d'un pilier, dans le second, celle d'un pilastre, l'un et l'autre couronnés par une corniche (50).

De même elle s'entendit, dès l'époque primitive, à tirer d'une baie de porte ou de fenêtre un effet de plastique, grâce au parti pris de les doter d'un encadrement dont la conformation comportait de la saillie, un dépassement latéral du linteau ou de l'appui, parfois un couronnement par une haute corniche (19, 20, 48). S'agissait-il d'un portail, elle lui imprimait une tournure vraiment monumentale en perçant l'ouverture dans un grand frontispice, qu'elle façonnait tantôt en forme de tour rehaussée d'une corniche, tantôt selon le dispositif — connu sous le nom de pylône — d'un écran flanqué de deux hautes tours (32).

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