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Plastique égyptienne de la tête du mur

I. Temple de Medinet Habou. — II. III. Temple de Khons. — IV. Temple de Louxor. — V. Temple de Kourna. — VI. Salle hypostyle du grand temple de Karnak.

L AlîCHITECTURE EGYPTIENNE

Le portique.

En contraste avec la massiveté et la monotonie des aspects extérieurs, la clôturé dune cour était presque toujours richement modelée en portiques (51, 65). L'ordonnance de ceux-ci comportait une assez grande diversité. Tantôt — ainsi au temple funéraire de Séti 1, à Kourna — la

51. — La grande cour du templede Louxor pondant l'inondation.

colonnade était limitée à l'un des cotés du parallélogramme; tantôt — comme dans la deuxième cour du temple de Louxor — elle se développait sur deux d'entre eux ; tantôtsur trois — comme au temple de Khonsj à Karnak ; tantôt, enfin, elle régnait sur tout le pourtour, témoin la première cour de Louxor. Il y avait encore variété sous le rapport de la profondeur: tel portique était simple, tel autre redoublé; parfois une même cour --la deuxième du Ramesséum en offre un exemple — réunissait des applications de l'un et de l'autre types (28-30, 33, 36 .

Limitée par la portée des solives lapidaires dont le mode de couver-

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ture par plafond lui imposait l'emploi, retenue aussi par la prudence, l'architecture égyptienne ne réalisa jamais que des entre-eolonnements plutôt étroits : dans la nef centrale de la salle hypostyle de Karnak, ils n'atteignent pas la somme de deux diamètres et, dans les bas côtés, ils dépassent à peine la mesure d'un seul ; au portique du fond, dans la deuxième cour du temple de Médinet-Habou, ils sont inférieurs à la largeur des bases! Il convient encore de noter que dès le temps de la XIXe dynastie — ainsi que le prouve un exemple enregistré au Ramesséum par les savants de l'expédition d'Egypte — et couramment à l'époque ptolémaïque — témoin Dendérali, Edfou, le portique de Neclanebos dans l'île de Philae, etc., — régnait la mode de fermer les entre-colonnements, parfois jusqu'à mi-hauteur, par un parapet couronné d'une corniche (66).

EFFET PAR LA PLASTIQUE DE DÉTAIL

Les diverses formes que l'art égyptien imprima au soutien isolé méritent une étude attentive, en raison d'abord de leur diversité et de leur qualité esthétique, et aussi du fait qu'elles ouvrent glorieusement, avec une avance d'au moins deux millénaires, la série des réalisations satisfaisantes de ce membre d'architecture.

Du jour où elle pratiqua la construction lapidaire, l'Egypte employa concurremment le pilier et la colonne, mais avec une préférence très marquée à l'égard de la seconde. Nous envisagerons successivement les variétés de l'une et de l'autre, avec le souci de rendre manifestes leurs origines et leur évolution.

LK PILIEK

Sans doute débuta-ton par le pilier à section carrée, la plus facile à réaliser des conformations de ce type, qu'il s'agisse, en souterrain, d'épargner une partie de roche ou, sur le sol, soit de dresser un tronc monolithe, soit d'édifier une pile d'assises. Comme exemples on peut citer ceux qu'offrent, à de longs siècles d'intervalle, le « temple de granit » et le petit temple périptère d'Éléphantine (52).

De bonne heure — témoin mainte tombe des débuts de l'Ancien empire — la nécessité d'assurer au pied une ferme assiette détermina l'addition d'une base ; une application illustre de ce perfectionnement, datant de la première moitié du xvie siècle, se voit dans la partie du temple de Karnak qu'on dénomme le « Promenoir de Thoutmosis III ».

Les piliers du « temple de granit » sont nus. Mais, de tout temps, les programmes tant soit peu soignés substituèrent à cette excessive simplicité la recherche décidée d'un effet : pour le moins, celui d'une peinture ou d'une gravure (53) et, autant que possible, celui d'une sculpture. Tantôt celle-ci se réduisait à l'exécution d'un motif en bas-relief, tel que ces images de lys et de papyrus qu'exposent, à Zaouyet-el-Metein, un tom-

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