Evolution du pilier égyptien
beau de la VIe dynastie et, à Karnak, deux soutiens isolés dans la cour de Thoutmosis III (52, m); tantôt, en des temples funéraires de Pharaons — par exemple ceux de Médinet-Habou ou d'Ipsamboul (35, 54), c'était, saillant en ronde bosse ou en très haut relief de la face antérieure du tronc, une statue géante d'Osiris ou d'un souverain sous les attributs de ce dieu ; ou encore — ainsi à El Kab — on appliquait sur la partie haute du pilier un masque d'Hathor; ou, enfin, — Karnak en montre un spécimen dans une chapelle dont les éléments datent d'Aménophis II, — une façon de chapiteau
uSÉAJ
EFFET PAR LA PLASTIQUE DE DÉTAIL : LE PILIER 87
naissait du couronnement (le chacun des quatre pans par une corniche de mur (53). L'idée de cette dernière addition dut venir aux architectes égyptiens du spectacle des poteaux surmontés d'une planchette à l'aide desquels les carriers d'Egypte soutenaient le plafond de leur g'alerie : l'effet plastique des tombes hypogées de Beni-Hasan ne fut-il pas demandé à l'image d'un cuirassement de mine?
Cependant les défauts de la forme quadrangulaire qui gène la circulation et la vue, durent, de bonne heure, déterminer Fabatage des arêtes (52, vi-x) . Il en résulta un type polyédrique à huit pans, qu'une répétition, tout indiquée, de l'opération transforma en un fût à seize facettes : on en trouve des exemples datant du Moyen Empire, dans les nécropoles de Beni-Hasan et d'Àssouan et dans ce qui reste des constructions d'Ousirtasen à Karnak, tandis qu'on en voit d'autres, contemporains du Nouvel Empire, au portique d'Anubis, dans le temple de Deir el Bahari, création de Thoutmosis III et d'Aménophis II. La tète fut maintenue cubique, en vue de faciliter la réception des sommiers, tandis que le pied posait sur un disque de peu d'épaisseur. Une heureuse innovation, suggérée sans doute par le désir d'accuser le modelé, fut le creusement d'une cannelure sur chacune des facettes ; l'analogie de l'aspect qui en résulta avec celui d'un fût de colonne grecque de l'ordre dorique explique la dénomination de « protodorique » que lui appliqua Champollion (52, vm). L'époque du Nouvel Empire fut moins bien inspirée quand, poussée par le besoin de surfaces susceptibles d'illustration, elle imagina de réserver à l'aplomb d'une, de deux, de trois, ou de la totalité des faces du sommet cubique de ces piliers, une bande plus ou moins large, descendant plus ou moins bas, souvent jusqu'au pied du tronc : on en voit de tels dans un temple d'Aménophis III à