Pilier, à Karnak (XVIIl« dyn
(D"après Prisse, op. cil.)
Eileithva (El Kab), dans le temple souterrain de Beit el Ouali, œuvre de Ramsès II, dans le temple de Kalâbché, de l'époque romaine (52, x).
LA COLONNE
Mais, sous le rapport de l'effet, le pilier polyédrique ne pouvait rivaliser avec la colonne, d'autant moins que les Égyptiens affectionnaient
54. — Moitié orientale du portique antérieur, à piliers osiriaques, dans la 2» cour du Ramesséum et débris d'une colonne de Ramsès IL
— nous l'avons observé — les impressions de l'ordre pittoresque. De fait, ils conformèrent le soutien isolé à l'image des réalités végétales — roseaux, arbres, fleurs — auxquelles il pouvait être rapporté, en raison d'analogies de stature et de silhouette générale. Très observateurs et amoureux de la nature; de plus — nous l'avons noté plus haut — nécessairement imprégnés des aspects du paysage local, ils prirent modèle sur les types les plus familiers à leurs yeux, — d'ailleurs tout à fait susceptibles d'appropriations décoratives, — ceux du lotus, du papyrus, du palmier'
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La colonnétte en bois, dont l'architecture légère des kiosques et des
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55. — Colonnettes (bois et métal) figurées sur des monuments de Thèbes (XVIII-XXa dyn.). (D'après Prisse, op. cit.)
tabernacles faisait grand usage et qu'à défaut de spécimens réels, nous connaissons par de nombreuses représentations, à la vérité plus ou moins
enjolivées, consistait en une canne toute mince, image d'un roseau, qu'agrémentait au sommet un relief en forme soit de fleur en bouton ou ouverte, soit d'un bouquet, soit même de plusieurs de ces motifs étages : sans doute, ce décor était-il souvent façonné en métal (55).
Une colonne égyptienne superpose toujours quatre éléments : une hase circulaire plus ou moins épaisse, mais toujours plutôt mince et dépourvue de parure; un fût, dont le diamètre diminue de bas en baut, plus ou moins selon les ordres ou les époques; un chapiteau; enfin, un tailloir de hauteur variable qui, dans le cas du plus grand développement, déborde de très peu la périphérie du chapiteau et, souvent, se réduit aux proportions d'un dé invisible au spectateur.
Aussi loin que l'état présent de la science nous permet de remonter, soit au temps de la Ve dynastie, nous constatons l'existence simultanée de trois modes principaux, entre lesquels se partagea la faveur de l'architecture égyptienne et où domine respectivement l'aspect distinctif soit du lotus, soit du papyrus, soit du palmier.
La colonne loti forme.
La colonne lotiforme est caractérisée par l'emprunt de la forme et des détails de son chapiteau à la fleur en bouton ou épanouie d'une variété de lotus désignée par l'appellation de « Nympluea lotus » (06).
La plus ancienne réalisation qu'on en connaisse a été découverte à Abousir, dans un mastaba datant de la Ve dynastie, celui d'un nommé Ptah Schepsès. Le fût imite un faisceau de tiges cylindriques au nombre de six, serré au sommet par cinq bandelettes jointives; au-dessous de ce collier, la rainure séparative des cannes est partiellement emplie par le relief d'une tigelle qui paraît maintenue par la pression des ligatures. Large, mince, la tranche abattue en biseau, la base simule évidemment la motte gonflée par le paquet des racines. Le chapiteau, dont la silhouette générale reproduit celle d'une fleur de lotus fermée, groupe en un bouquet autant de boutons qu'il y a de tiges et de tigeiles dans le faisceau. L'imitation est plutôt réaliste, distinguant avec soin les pétales et les sépales et accusant le relief, sans omettre de graver les stries longitudinales que montre le modèle. Sur le sommet du bouquet pose, sans le déborder, un dé assez épais (56, m).
La vogue de l'ordre sous le Moyen Empire est attestée par les spécimens qu'en montrent, réels ou figurés, les tombes de Beni-Hasan et
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d'El Bersheh; La formule est la même, sauf qu'elle comporte plus de