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Ce n'est pas avant la lin de l'ère glaciaire que se trouva réalisé un état économique et social propice à l'ébauche d'une architecture.
Aussi longtemps que la rigueur du climat l'avait condamné à l'existence nomade et précaire du chasseur, l'homme s'était contenté d'abris de fortune, dans une anfractuosité de rocher ou sous un gourbi en branchages; il ne s'inquiétait pas de sépulture et à ses pratiques cultuelles suffisait un fond de caverne, orné sur ses parois de l'image peinte d'animaux « totems ».
Mais, dès qu'à la suite d'un adoucissement de la température, une vie sédentaire et agricole eut déterminé, par l'accroissement et la régularisation des moyens de subsistance, d'une part, une prospérité créatrice de besoins, de l'autre, la densité de population et l'organisation politique sans lesquelles il n'y a point de travail collectif et discipliné, il y eut à la fois nécessité et possibilité d'entreprises architecturales. D'autant plus qu'au progrès matériel correspondirent des développements moraux — croyances génératrices de rites, conception d'une autre vie à l'image de la terrestre — qui devaient entraîner une demande de temples et de tombeaux. En fait, de cette lointaine époque, dite néolithique ou de la pierre poiie, il subsiste quelques restes d'habitations terrestres ou lacustres, des vestiges de fortifications en terre, des sépulcres, — grottes artificielles, cistes, dolmens, allées couvertes, — enfin des monuments sans doute religieux, — menhirs, cromlechs, alignements.
En même temps s'ébauchait, favorable au progrès rie l'art, une circulation commerciale nécessairement doublée d'une circulation d'idées et d'inventions.
Ainsi se constitua, au cours de longs siècles, une architecture rudimentaire, commune à des degrés divers à toutes les civilisations naissantes i. t
2 I, ARCHITECTURE PREHISTORIQUE
de l'Ancien Monde, de l'Atlantique au Pacifique et à l'Océan Indien, et de la Scandinavie au Soudan.
CHRONOLOGIE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALES
Trop de millénaires, trop de révolutions, trop de perfectionnements se sont succédé, conjurés contre la durée des pauvres et trop souvent fra-