Le palais mésopotamien
I. Palais de Tello. [AA. Harem. SS. Sérail. Z. Ziggourat. P. Porte principale.) — 11. Palais de Sarjrou, à Khorsabad. (SS. Sérail. II H. Harem. KK. Khan. A. Ruines d'un Hilani. Z. Ziggourat.) — III. Le Harem du palais de Khorsabad. (C. Cliambres à coucher. ) — IV. Hilani restauré du palais. — V. Pavillon.
privé (harem), des appartements de réception (sérail) avec leur grand salon (sélamlik) et des communs (khan). Elle y parvenait en affectant à chacune de ces sections un quartier propre et clos, les divers locaux d'un
service étant disposés en bordure d'une cour, laquelle possédait son entrée spéciale et ne communiquait avec les voisines que par des passages étroits, coudés, faciles à barrer; en particulier, l'accès des parties intimes de la demeure était soigneusement contrarié.
Qu'il s'agît de l'ensemble ou de l'un des éléments — salle, cour, le tracé était toujours celui d'un parallélogramme carré ou rectangle ; de même, était constante l'orientation de l'édifice par ses
78. — Vue cavalière du palais de Sargon, à Khorsabad. (D'après Place. Ninive. — Restitution de A. Thomas.)
angles, grâce à laquelle aucune façade n'était en plein midi ou en plein nord.
Les proportions des cours variaient suivant l'importance des services dont les locaux s'ouvraient sur elles ; elles pouvaient être vastes : à Tello, la plus grande occupait 357 mètres carrés et, à Khorsabad, la principale ne couvrait pas moins d'un hectare. Par contre, les salles étaient relativement petites et, pour des raisons d'ordre constructif ', elles ne comportaient de développement qu'en longueur : à Tello. la plus grande largeur
1 Cf. p. 136.
PIWMiUAMMES DOMESTICtUES
est de 3m,65, pour une longueur de 12 mètres; à Nimroud, elle grandit jusqu'à 7 mètres et, à Khorsabad, elle en atteint 10.
Avec leurs tours, leurs passages voûtés, leurs cours et leurs chambres
intérieures, les portes des palais mésopotamiens constituaient de véritables cliàtelets, qui ne servaient pas seulement de fortification, mais aussi de salle d'attente'extérieure (76, n).
Demeure d'un souverain qui était prêtre autant que guerrier, un
palais mésopotamien était toujours doté d'un oratoire composé d'une tour à étages et d'une chapelle '.
Des textes, dont le plus ancien est signé de Tiglatphalazar II (745- 727), nous apprennent qu'un palais assyrien comptait au nombre de ses éléments essentiels un édifice « à la façon d'un hékal du pays des Hittites, que leur langage nomme un hilani » -. C'était ■ — nous y reviendrons en parlant de l'architecture chez les Hittites3 — un logis de
parade comprenant un ample vestibule sur colonnes, une salle du trône et des salons de repos (77, h, iv ; 78).
Les résidences estivales des rois et des grands possédaient l'agrément de jardins, laborieusement entretenus à force d'irrigation, égayés et rafraîchis par des canaux et des bassins : célèbres étaient ceux qu'avaient ordonnés Sennachérib àKoijoundjik et Nahoukodonosor à Babylone. On jouissait de leurs aspects à l'abri de kiosques largement ouverts, que nous connaissons par leurs représentations sur des