DEPENDANCE ET RAYONNEMENT
Babylone et qu'au temps de Ramsès II (1292-1225] un autre put tenir tête à l'Empire des pharaons à son apogée.
D'ensemble, l'architecture hittite resta fort en arrière de celles de la Babylonie, de l'Assyrie et de l'Egypte, aux deux premières desquelles elle demanda, d'ailleurs, des leçons et des modèles. Cependant, dans l'ordonnance des plans comme dans la construction et dans l'invention
94. — La citadelle de Sendjirli. (D'après Koh/en-ey, Ausgrab. in Sendchirli.
décorative, elle lit preuve d'une certaine originalité et d'une aptitude remarquable à réaliser un programme de fortification ou de logis. Aussi bien — nous l'avons noté plus haut — le dispositif de la porte hittite fut-il adopté par les Assyriens, tandis que, de Tiglatphalasar à Assourbanipal, il ne fut pas un de leurs orgueilleux souverains qui ne se vantât d'avoir reproduit dans son palais « un hékal du pays des Hittites qui dans le langage de celle contrée se nomme un hilani ». D'autre part, l'art hittite influença fortement ceux de la Phrygie, de la Lydie et de la Syrie méridionale.
Une analyse des ruines hittites aboutit à la distinction de deux for-
mules architectoniques, lune anatolienne. l'autre syrienne, celle-là appliquée à Ptéria, celle-ci à Sendjirli et, dans une certaine mesure, à Euijuk.
LES PROGRAMMES ET LEURS RÉALISATIONS
Le sanctuaire de Yasili-Kaija, constitué par l'aménagement d'un vallon rocheux dont les lianes furent dressés et ornés de reliefs, répond à un programme de culte en plein air dans un enclos sacré, ;i la façon des Sémites de Syrie.
Telle que l'ont révélée les fouilles de Sendjirli, l'architecture militaire des Hittites apparaît égale à celle des Mésopotamiens et supérieure à celle des Égyptiens. Au principe de la résistance passive au moyen de murailles épaisses ou multiplées, elle préférait celui d'une défense active assurée, grâce au Manquement des murs par des tours et à une fortification des portes (95, n, m, iv; 94). Celles-ci, qu'elles fussent de ville ou de château, satisfaisaient à toutes les exigences de leur rôle, étant à la fois monumentales et de traversée aussi commode en temps de paix que difficile en cas de siège. Les assaillants n'avaient pas seulement deux passages à forcer ; ils ne pouvaient s'attaquer à la barrière extérieure qu'en s'exposant dans une sorte d'avant-cour à un tir croisé des défenseurs : l'obstacle était-il franchi, ils se trouvaient au fond d'une sorte de fosse, battus de quatre côtés à la fois.
En Anatolie, le palais hittite se dressait au centre d'une esplanade nettement isolée et, comme lui, sur plan rectangulaire. A Ptéria (95, i . la plateforme mesurait 140 mètres par 110 et l'édifice 57 mètres par 42; des salles étaient distribuées autour d'une cour centrale ; au fond, s'isolaient les appartements privés.
Chez les Hittites de Syrie, le logis royal était ordonné selon un principe différent qui, nous l'avons noté plus haut, fit fortune en Assyrie En réalité, son ordonnance n'était qu'une variante de celle de la porte et les découvertes de Sendjirli permettent de suivre son évolution dans le sens d'une distribution de plus en plus différenciée et confortable (95, v, m, vu En couvrant l'avant-cour et en plantant une ou deux colonnes entre les tours, on avait fait d'elle un vestibule de belle apparence. La pose d'un toit sur la courette centrale et l'érection de deux cloisons l'avait transformée en un ensemble d'une grande salle centrale et de deux petites latérales
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Tel apparaît à Sendjirli le hilani I1 contemporain du xc ou du xic siècle.
Un premier progrès, — que marquent, vers le milieu du vme siècle les hilani II et III de Sendjirli — consista dans un accroissement et une amélioration du logement obtenus par l'aménagement dune des tours, par un doublement de l'appartement primitif permettant la distinction d'une partie pour la réception — une grande salle oblongue (hékal) avec un
95. — Programmes civils et militaires réalisés par l'architecture hittite.
I. Palais de Ptéria. — II. Porte de la citadelle de Sendjirli — III. Porte du palais d'Euijuk. — IV. Porte de Ptéria. — V. Hilani n° 1 à Sendjirli. — VI. Hdani n" 2 (ibid.). — VU. Hilani n* 3 [ibid.). — VIII. Canalisation en poterie (ibid.).
salon à une extrémité (débir) — ■ et d'une section pour la vie domestique, avec division en chambres grandes et petites. Au petit hilani du palais supérieur de Sendjirli, datable du dernier quart du vme siècle, la transformation s'achève par une distribution avisée facilitant les communications avec les différentes pièces.
Les hilani s'ouvraient sur une cour, qu'à l'occasion bordait un portique Le programme de ces constructions hittites faisait une part à l'utile ; à preuve l'installation de salles de bains et l'agencement de canalisations et d'égouts (95, vin).
1 Les explorateurs de Sendjirli ont distingué au moyen d'un numérotage les différents hilani qu'ils ont découverts.
LA CONSTRUCTION
Leur territoire fournissait aux Hittites la pierre et le bois. Celui-ci était alors, en Asie Mineure, aussi abondant qu'il tend de nos jours à s'y faire rare et les montagnes de Syrie offraient à volonté des essences diverses et précieuses.