Procédés de la construction hittite
I. Fondation d'un mur à Sendjirli. — II. Enceinte de Ptéria. — III. Parement d'une muraille à Sendjirli. — IV. Structure d'une muraille (ibid.). — V. Structure d'un mur de défense (ibid.). — VI. Muraille avec armature en bois. — Vil. l'olerne de l'enceinte de Ptéria.
La construction hittite de l'Asie Mineure n'était pas identique à celle de Syrie.
La première affectionnait la pierre, dont elle bâtissait l'élévation totale des murailles de fortification et le soubassement des autres. Pour celleslà, elle employait de grosses masses polygonales, à peine débruties (96, n) : pour ceux-ci. des blocs d'assez grandes dimensions (couramment lm,50 de long, pour lm530 de large et 1 mètre de haut), proprement dressés sur leur front, frustes sur leur face postérieure et grossièrement taillés sur les autres. Les gros murs, dont l'épaisseur atteignait jusqu'à 6 mètres, consistaient en un noyau de blocage entre deux parements de pierres de
LA CONSTRUCTION
taille1. L'appareil ne comportait ni mortier, ni scellements ; parfois il assurait la solidarité de deux blocs en munissant leurs tranches jointives de saillies et de cavités s'encastrant les unes dans les autres. Le couronnement de la grande porte de l'enceinte de Ptéria avait été réalisé par l'expédient des assises encorbellantes ; une poterne atteste la connaissance de la voûte clavée (96, vu).
'Jl. — Porte du palais d'Euijuk. (D'après Chantre, Mission en Cappatloce.)
En Syrie, la construction hittite offre des particularités intéressantes, dont quelques-unes annoncent un réel savoir.
Elle utilisait la pierre sous l'espèce de moellons sommairement dégrossis, ou de blocs pouvant cuber jusqu'aux environs d'un mètre et qu'une taille économique se bornait à dresser sur leurs faces visibles et jointives. Elle employait la terre conformée en briques crues ou cuites : les premières, qui contenaient un peu de menu gravier et de débris végétaux, mesuraient en moyenne 0"',35 de côté et 0m,13 d'épaisseur; les
1 A Euijuk. où elles sont de granit, leur longueur est souvent de près de deux mètres et pour toutes la hauteur était à peu près la même.
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secondes respectivement 0m,30 et 0m,18. Enfin elle faisait une grande consommation de bois.
L'appareil en pierre tendait très décidément au nivellement des lits, qu'il réalisait tant bien que mal à l'aide de remplissages en mortier de boue et de pierraille; celui de briques, qui comportait une liaison à l'argile, était assez irrégulier.
Le mur, dont l'épaisseur atteignait jusqu'à cinq mètres, se composait de trois parties. Un solide fondement en pierres, entièrement enterré ou émergeant à peine, était fait de deux parements talutés en gros moellons avec de menus matériaux au centre ; des briques crues constituaient la muraille, que protégeait un enduit d'argile pure ou additionnée de chaux ; entre les deux, en vue de niveler l'assiette de la partie de briques et de la rendre indépendante de la masse pierreuse sous-jacente, s'intercalait une plate-forme de bois : celle-ci consistait tantôt en un rang de poutres transversales tantôt en un grillage de madriers alternativement en travers et en long, les intervalles étant soigneusement garnis d'un blocage de menues pierres ou de briques noyées dans un mortier d'argile (96, i, v, vi).
Volontiers l'architecte hittite munissait la base de ses murs d'un paremenlde pierre fait de blocs de 0m,80 à 1 mètre, dispositif que les Assyriens adoptèrent et dont l'équivalent se voit aux murs « cyclopéens » de Malte, tandis que le principe en est rappelé par l'ortbostate du mur hellénique1 (97). Dans ce cas, c'est encore au bois qu'on demandait le liaisonnement nécessaire : un cours de poutres posé sur la tranche supérieure de ces pierres et fixé à elle au moyen de tenons, les rendait solidaires les uns des autres, tandis que des traverses prises dans la masse intime de la muraille les ancraient solidement à la bâtisse (96, iv).
Quant aux soutiens isolés, ils se composaient d'une base en pierre et d'un fût en bois.
La couverture était plate, constituée par un plafond de bois recouvert d'une couche épaisse de terre foulée.
Le sol était pavé avec des briques cuites ou des dalles de pierre jointes à l'aide d'un mortier de chaux.
Les conduites d'eau étaient réalisées au moyen de tubes de poterie adroitement raccordés (95, vin) et les égouts étaient des canaux en pierre à section rectangulaire fermés par des dalles.
1 Cf. fig. T. III. IV ei p. 292.
E EFFET
[.EFFET
11 s'en faut que le sentiment de l'effet ait été étranger à l' architecture hittite. Elle le demandait à des mouvements de masses —saillie de tours el de contreforts; à des dénivellations du sol compensées par des.degrés.; à des