La fortification cananéenne
1,11. Poi'le fortifiée syrienne reproduite par le « pavillon » de Rarasès III. à L'entrée du temple de Medinet- Habou. — III. Forteresse syrienne figurée sur un bas-relief égyptien. — IV. La citadelle de Zakariya. — V. L'enceinte de (lezer.
ruines des villes de LâJpish, de Gezer, de Ta'annak, de Megiddo, de Zakariya..., échelonnées «lu sud au nord, à l'ouest de la mer Morte et du Jourdain.
LES PROGRAMMES ET LEURS REALISATIONS
En Canaan, l'architecture ne fut point sollicitée du côté de la production monumentale. La religion n'y avait point de dieu à loger et le principal du culte consistait en sacrifices en plein air sur un « haut lieu ». La commande princière était assez étroitement limitée par la médiocrité-
LES PROGRAMMES ET LEURS REALISATIONS
•les ressources disponibles en des étals minuscules. Par contre, à cause d'une sérénité souvent excessive du ciel et de l'extrême insécurité d'un pays exposé à d'incessantes luttes intestines et à de fréquentes incursions des armées mésopotamiennes, égyptiennes et hittites, il y avait forl à faire du côté des travaux hydrauliques et de la fortification. De fait, c'est en nombre que subsistent les citernes, les puits, les tunnels et les restes d'enceintes de villes et de châteaux forts.
Le temple (bâmôth) cananéen — celui de Megiddo «mi offre un exemple
10]. — Le « pavillon » ,1e Ramsés III au temple de Médinet-Habou, vu de la cour. (Reproduelion d'une porte syrienne.)
typique — consistait en une aire sacrée (haram) définie par une enceinte : sa surface portait, outre une rangée de hautes pierres levées (massebôth) alignées du nord au sud sur une plate-forme de blocage, un autel pour les sacrifices, une fosse et des bassins à offrandes, et, sous elle, se dissimulait un réduit, caverne naturelle, grotte artificielle ou chambre construite.
Les tombeaux — on en voit à Gezer, à Megiddo — étaient souterrains, constitués par une chambre sépulcrale excavée dans le roc ou édiliée en sous-sol et par un couloir d'accès au fond d'un puits circulaire.
Ce qui fait le plus honneur à l'architecture cananéenne, ce sont ses travaux de fortification, qui témoignent d'ingéniosité et sont, pour le i. il
temps, très remarquables. Son système — révélé par des représentations sur des monuments commémoratifs de campagnes égytiennes et assyriennes, par l'entrée triomphale du temple funéraire de Ramsès III à Médinet-Habou, enfin par l'exploration des tells palestiniens — comportait, dès le IIP millénaire, non seulement un renforcement considérable de la résistance passive — par le doublement d'enceintes crénelées, à base cuirassée (102, n) et précédées de fossés à contrescarpe parementée, par l'érection de citadelles et l'arrangement de portes à accès commandé et à passage contrarié (100, i, n ; 101) — mais encore l'organisation d'une résistance active au moyen d'un ilanquement des murailles par des tours et des bastions (100, m. iv, v).
LA CONSTRUCTION
Les procédés des constructeurs cananéens présentent de grandes analogies avec ceux de l'architecture hittite de la Syrie septentrionale. Bien que pour une bâtisse considérable ils préférassent, par raison d'éco-
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Procédés de la construction cananéenne.
I. Soubassement d'une muraille à Megiddo. — II. Coupe du mur de lu forteresse occidentale de Ta'annak.