Procédés île la construction Cretoise
I. Caisson en pierre (Kuossosj. — II. Soubassement île mur iKqossos, grande cour . — III. Structure composite avec armature en bois (Knossos . — IV. Jambage île porte (bois et stuc). — V. Socle de jambage l'haestos).
mules d'un béton excellent comportant le mélange soit de chaux, de calcaire pulvérisé et de cailloux soit de chaux, d'argile et de cailloux.
Primitivement j dans la totalité des cas et, par la suite, dans la plupart, la bâtisse Cretoise était une maçonnerie en petits moellons, liés par un abondant mortier argileux et consolidée par une armature en bois (121, iv).
Les constructeurs des palais de Knossos montaient leurs murs en deux étages, superposant à un soubassement en gypse ou en calcaire une élévation en moellons, en briques crues ou en colombage de bois et terre.
L'appareil de la base était 1res soigné : sur de solides fondations était
posé un cours de blocs peu épais, constituant une plinthe très saillante qui, à son tour, portait un empilage très régulier de es blocs dont nous avons loué la taille (121, n ; 1 14). Les lits étaient parfaitement réglés, les joints toujours contrariés, parfois mêmes alternés. La première assise était plus haute que les antres, dispositif qui rappelle une pratique hittite1 et annonce un parti-pris très caractéristique de la construc-
122. — Vestibuledu grand escalier dans le harem du palais de Knossos. (Cf. 115, I n° 3 et IV.) (D'après Auu. of llrilish Sch... Athens.)
tion hellénique2. Parfois la pose était faite à sec, parfois elle comportait l'interposition d'une couche mince de mortier d'argile.
La structure de certains murs, ceux des magasins de Knossos en particulier, révèle le souci d'économiser la pierre détaille. Klle comporte en effet deux parements en blocs de gypse, larges de 0m,50, alignés à un mètre d'intervalle et reliés de distance en distance par des poutres encastrées dans deux mortaises; le vide est comblé par un blocage en moellons
1 Cf. p. 156.
! Cf. p. 292.
188 L ARCHITECTURE CRETOISE
(121, m). Notons, à titre de curiosité, des assemblages de dalles avec emboîtage à la mode de la menuiserie, dont les coffrets lapidaires des magasins de Knossos offrent l'exemple (121, i).
Les portes étaient limitées par des jambages que l'architecture Cretoise primitive faisait de calcaire et que celle de la grande époque constituait au moyen d'un bâti en bois avec remplissage de plâtre, dressé sur un socle bas en gypse (121, iv, v). La baie d'une fenêtre était circonscrite par un cadre en bois.
Les soutiens isolés se composaient de deux parties : un fût en bois, une base en pierre; aux portiques, leur écartement était de deux mètres et demi à quatre.
La matière du sol variait suivant le lieu : dans les cours c'étaient des dalles de calcaire ; dans les courettes d'éclairage, du béton cimenté ; dans les salles, tantôt un lit d'argile foulée, une couche de stuc, ou une nappe de ciment; tantôt des carreaux de calcaire, de gypse ou encore de scbiste soigneusement jointoyés.
Les escaliers empruntaient leurs degrés au gypse ou au calcaire.
Les routes et les trottoirs étaient faits de deux rangées jointives de dalles, lesquelles mesuraient jusqu'à 2m,50 par 0m,60.
Les aqueducs étaient en poterie; les égouts construits, avec recouvrement par dalles.
C'est au moyen de plafonds charpentés qu'on réalisait la couverture : dans la « salle basilicale » de la Villa royale de Knossos, de maîtresses poutres d'un équarrissage énorme (0m,80 X 0m,60) supportaient un solivage de rondins mesurant 0m,44de diamètre. Quant à la toiture, elle était tantôt une terrasse de terre pilonnée, tantôt un comble à deux versants.
l'effet
L'architecture Cretoise balançait un goût très vif de l'effet par un sentiment développé de l'harmonie.
L'élévation de ses édifices est trop ruinée pour que nous puissions apprécier exactement l'effort et l'orientation de sa recherche des grands aspects monumentaux. Néanmoins il en subsiste assez pour que nous soyons assurés qu'elle les estimait et savait en réaliser.
Elle ne paraît point avoir fait cas de ceux qu'engendrent la grandeur
des dimensions : pas plus pour les ensembles que pour les éléments elle n'a visé au gigantesque, la plus ample de ses conceptions étant la cour (l'honneur des palais, réalisée à Phaestos sur une surface de l 037 métrés (46m,50 X 22m,30) et, à Knossos, sur une superficie de I 754 mètres (60m,80x 29 mètres).
Elle se plut, en revanche, aux ordonnances pittoresques; témoin son parti-pris de modeler en terrasses l'assiette des palais; de constituer des entrées monumentales — à Knossos une avenue bordée par un double portique et, à Phaestos, un grand degré de douze marches, large de 13m,S0, menant à un perron qui précédait un porche (123, 114). A preuve encore l'établissement de grands escaliers et des arrangements théâtraux connut' ctdui de la salle du trône à Knossos et surtout celui de la « salle basilicale » dans la Villa royale au même lieu, avec sa distribution — pareille à celle d'une église médiévale — en un vestibule, une nef, un chœur isolé par