CHAPITRE II SUR LE TERRAIN
À l'encontre de maintes sections des études historiques, on ne le soulignera jamais assez, celle de l'architecture commande la visite approfondie des lieux. Impérativement! Le «monument» reste sa source privilégiée, qui surclasse toute autre. Or, il ne se déplace jamais.
Amasser en chambre des images, des textes et des photographies ne dispense en aucun cas d’aller voir sur place. C’est là une caractéristique fondamentale du travail archéologique, en même temps que l’un de ses handicaps lorsque la saison, la distance et l’accessibilité s'y prêtent mal.
D'autant qu’un regard rapide, même pour l’oeil exercé, ne remplace pas une inspection répétée, sous différents éclairages, si possible à plusieurs moments de l’année, avec ou sans végétations, sous la neige comme en plein soleil.
De surcroît, un édifice avec ses trois dimensions est l’unique forme d'œuvre du passé qui permette et oblige d’y entrer. On peut le maîtriser du dehors, on le subit du dedans. Volumes et espaces, contenant et contenu, agissent en osmose sans arrêt. Il faut tourner longuement autour d’une construction, mais encore pénétrer à l’intérieur. La parcourir en tous sens, la «sentir», se laisser imprégner par son atmosphère toujours mouvante, demeure chose essentielle.
Le site
Rien n’est isolé. Toute chose occupe un endroit identifiable et qui n’est pas interchangeable. Tout a sa «bulle». Une statue, un autel, une rue, un lit, un édifice, une lucarne se placent dans un environnement qui n’est pas indifférencié. Chaque chose s'inscrit par conséquent dans un site au sens large.
A ne point confondre avec la «sitologie», cette jeune discipline qui porte sur la composition architecturale, c’est-à-dire la conception et le dessin d’une œuvre en fonction du lieu qui lui est destiné, avec son relief, sa végétation, ses tonalités, ses
CHAPITRE II abords déjà bâtis, et dès lors, sur l'aménagement du territoire,
plus que sur la reconnaissance de l'insertion d’une bâtisse
ancienne dans un cadre donné.
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