‹ L'architecture gothiqueChapitre 22 sur 62 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

grand nombre d'édifices religieux ae cette période en furent pourvus à une date postérieure.

La grande révolution qui se produisit, dans l'art de bâtir, à la fin du xir siècle et au commencement du xme, eut, pour un de ses effets, de multiplier, comme ! forme et comme nombre, les chapelles au pourtour des grandes églises élevées en si grande quantité à cette époque. Les principes de cette révolution architectonique étantde remplacer la masse résistant aux poussées des voûtes par des points d’appui plus fins et plus rapprochés, dont l’équilibre est maintenu par des charges ingénieusement réparties, la conséquence de ce nouveau système de construction fut d’augmenter considérablement la surface intérieure des édifices religieux. Les espaces libres, simples clôtures entre les points d'appui, furent ornés de vastes réseaux de pierre, décorés de verrières immenses, retraçant, avec un art admirable, les principaux faits de l’Ancien et du Nouveau Testament et les scènes si vivement décrites par les mystérieuses et poétiques légendes du temps. De grandes chapelles s’ouvrirent non seulement dans les murs ou plutôt entre les piles de l’abside, mais aussi dans les bas côtés des nefs, dont le mur de clôture était reporté jusqu’à la saillie externe des contreforts des arcs-boutants qui formaient les parois latérales des nouvelles chapelles disposées dans leurs intervalles.

La dévotion aux reliques des saints ayant augmenté après l’an 1000, à la suite des pèlerinages en terre sainte qui ont précédé les croisades, il fallut à chaque corporation un patron et, par conséquent, un oratoire particulier, qui devait être plus riche que celui de la

corporation voisine et presque toujours rivale. Ces exigences devinrent si grandes à la fin du xiv® siècie et pendant le siècle suivant, que les chapelles bâties dans toutes les parties disponibles d’un édifice, aussi vaste qu'il fût, devinrent insuffisantes et que ces sanctuaires, particuliers d’abord, furent affectés à plusieurs confréries.

La chapelle dédiée à la Vierge s’élevait ordinairement au chevet de l’église. Dès le xnr siècle et surtout vers la fin, cette partie de l’abside prit une très grande importance par son développement considérable dont les cathédrales de Bourges, d’Amiens, de Meaux et de Rouen, entre autres, offrent des exemples fort curieux.

Plusieurs cathédrales ou églises du moyen âge possèdent des chapelles latérales ou annexes, bâties pour recevoir des services accessoires : salle capitulaire, d’archives ou de trésor, ou bien encore de chapelle mortuaire, comme la salle capitulaire de Lincoln, la chapelle circulaire de Cantorbery, renfermant le tombeau de Thomas Becket, et celle de Westminster.

A Soissons, la cathédrale possède un exemple des plus intéressants de ce genre de construction qui date de la fin du xiic siècle; un édifice à deux étages voûtés et reliés aux galeries superposées du transsept circulaire du sud, sur lesquelles ils s’ouvrent, contient une cha-' pelle funéraire et, au-dessus, une autre salle voûtée dite le trésor.

Il existe en divers pays de petits édicules anciens, baptistères ou chapelles ; ces dernières sont sans doute des exemples des petites églises rurales bâties en grand nombre dès les premiers siècles de notre ère et que les ‘

L’ARCHITEGTURE religieuse.

Page 1