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textes du temps de Charlemagne désignent sous le nom de capella, ou bien des oratoires érigés ordinairement dans le charnier des villes ou des grands établissements religieux1.

L’origine des oratoires particuliers remonte aux prc* ^ • miers temps du christianisme, et les grands personnages d’alors ne faisaient que suivre l’exemple des Romains qui élevaient des basiliques privées dans l’intérieur de leurs palais. Cet usage se perpétua et la splendide chapelle palatine d’Aix en est un des plus magnifiques exemples. Par la suite, les rois et les grands seigneurs firent construire dans l’enceinte de leurs châteaux des édifices religieux. Le Louvre, du temps de Charles V, possédait unechapelle importante; les châteaux féodaux de Coucy et de Pierrefonds, pour ne citer que ces deux exemples, contenaient de grandes chapelles dont les dispositions sont des plus curieuses. Les archéologues signalent parmi les plus belles chapelles seigneuriales l’ancienne chapelle des ducs de Bourbon à Moulins, les chapelles des châteaux de Chenonceaux, de Chambord, de Chaumont et celle de l’hôtel de Jacques Cœur à Bourges. Plusieurs palais épiscopaux possèdent des chapelles remarquables, entre autres celle de l’archevêché à Reims.

Les maisons d’asile, les maladreries, les hôtels- Dieu et les prisons mêmes possédaient également des chapelles plus ou moins vastes.

Au moyen âge, on donna le nom de Sainte-Cha • ,

i. L'Architecture romane, par Édouard Corroyer.

Alcide Picard, éditeur.

pelle1 aux édifices élevés sur l'emplacement sacré par le martyre d’un saint, ou à ceux qui étaient destinés a renfermer des reliques considérables. La plus célèbre est celle qui fut l’oratoire royal, construit de 12^2 à 1248 par Pierre de Montereau — sur le côté sud du Palais du Roi, aujourd’hui le Palais de Justice — pour recevoir la couronne d’épines, les morceaux de la vraie croix et les autres reliques précieuses que saint Louis, son fondateur, avait rapportées de la terre sainte.

Le caractère particulier de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, c’est la division en chapelle haute, qui communiquait avec les salles et les appartements royaux, et en chapelle basse, au niveau du sol extérieur, qui pouvait être ouverte au public. Sa construction est remarquable aussi bien par la hardiesse du parti, fai» sant de l’espace compris entre les contreforts autant d’immenses verrières, que par la perfection apportée, malgré sa rapidité, à l’exécution de l’œuvre même et des sculptures qui la décorent; une construction annexe s’élevait sur le côté nord du chevet — et qui a disparu — et était divisée en trois étages pour les sacristies et le dépôt des chartes. La flèche, en bois recouvert de plomb, du temps de Charles VII, incendiée en i63o, remplacée à cette époque et détruite de nouveau à la fin du siècle dernier, a été refaite par l’architecte Lassus qui a restauré l’édifice.

La Sainte-Chapelle du château de Saint-Germainen-Laye aurait été construite quelques années avant

1. Les plans et les élévations de ces saintes-chapelles sont si connus et ont été publiés tant de fois, que nous croyons inutile de les reproduire ici de nouveau.

L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE

Fig 94. — Cathédrale de Reims. — Statuaire.

Façade occidentale. — Porte centrale.

bâtir; les piles portant les voûtes sont plus saillantes â l'intérieur; les formerets sont isolés du mur de face et les fenêtres, de forme carrée, occupent sous la corniche tout l’espace compris entre les contreforts. Cette disposition originale, d’une science achevée, donne à l’édifice un grand aspect de légèreté et en fait valoir les élégantes proportions.

celle du Palais à Paris. Elle est dans tous les cas remarquable par les particularités de sa structure, qui témoigne d’une plus grande habileté dans l'art de

j*2 L’ARCHITECTURE GOTHIQUE.

La Sainte-Chapelle du château de Vincennes, commencée par Charles VI, fut terminée seulement sous Henri II; elle ressemble comme construction à celle de Paris; les annexes formant les sacristies et le trésor à deux étages ont été terminées vers la fin du xv< siècle.

A l’exemple des rois et des princes, les puissantes abbayes élevèrent de grands oratoires indépendants de l’église conventuelle. L’abbaye de Saint-Martin des Champs, à Paris, fit bâtir vers le milieu du xm' siècle deux grandes chapelles : l’une dédiée à Notre-Dame et l’autre à saint Michel.

Pierre de Montereau fut chargé, en outre de la Sainte-Chapelle du Palais, d’élever une chapelle dédiée à la Vierge, dans l’enceinte de l’abbaye de Saint-Germain des Prés; le plan des voûtes se distingue de celui de la Sainte-Chapelle du Palais. D’après un dessin d’Alexandre Lenoir, relevé avant la destruction de la chapelle de la Vierge, les arcs-ogifs comprenaient deux travées à l’imitation des voûtes sur croisée d’ogives de Notre-Dame de Paris, dont nous avons indiqué l’origine au chapitre vi.

L’abbaye de Châalis, près de Senlis, fondée en 1 1 36 par Louis le Gros, et qui était au xm® siècle une des abbayes les plus considérables de l’ordre de Cîteaux, possédait une église abbatiale à cinq nefs et de cent mètres de longueur; cependant elle fit construire vers le milieu du xm' siècle une Sainte-Chapelle, dite chapelle de l’Abbé. Cet édifice a subi diverses atteintes et scs voûtes sur croisée d’ogives, du temps de saint Louis, ont été décorées de fresques attribuées au Primatice; mais il existe encore presque tout entier. Il

prouve l’influence considérable que la Sainte-Chapelle de Paris exerça, dès son origine, sur les grands seigneurs et surtout sur les abbés des opulentes abbayas, jalouses de manifester leur puissance et leur richesse, qui étaient alors immenses.

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