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PREMIÈRES VOUTES SUR CROISÉE D’OGIVES

Les premières applications du système de construction des voûtes sur croisce d’ogives apparaissent dans

Fig. p. — Plan d’une travée de l’église V7 ,

d’Angers (Saint-Maurice). Noid et, particuliè-

rement, ceuxde l’Ilede-France; quelques parties secondaires des édifices élevés par ceux-ci, comme des bas côtés ou des chapelles absidales, pourraient en fournir les preuves par des dispositions timides qui rappellent plutôt les voûtes romaines dont les arêtes seraient accusées par des nervures, qu’elles n’indiquent une révolution dans le mode de voûtement des églises.

Mais nulle part, au xnc siècle, le nouveau système des voûtes sur croisée d’ogives ne s’est manifesté avec

les grandes églises d’Angers et de La-

val.

Il est probable que les nouvelles méthodes, propagées par les architectes religieux de l’Aquitaine ou des provinces voisines, avaient excité l’émulation des architectes du

. f. * «i * «Al.

Fig. 10. — Coupe transversale de la nef de l’église d’Angers (Saint-Maurice).

pleur de la composition architecturale, aussi bien que les détails techniques d’une admirable exécution, démontrent l'expérience consommée que les architectes

plus de puissance qu’à Angers, dont les nefs ont plus de seize mètres de largeur, si ce n’est à Laval. L’am-

JH L’ARCHITECTURE GOTHIQUE.

de ces magnifiques e'difices avaient acquise dès le milieu du xue siècle.

Les plans de ces églises ressemblent à ceux d’An-

goulème et de Fontevrault, et nullement aux édifices du Nord.

Les nefs uniques, comme celles des églises à coupoles, sont formées de travées sur plan carré, mais la construction des voûtes s’est perfectionnée par l’emploi raisonné de l’arc-ogif ou croisée d’ogives remplaçant les pendentifs de la coupole, les constructeurs du temps ayant réalisé dès lors les progrès considérables que nous avons constatés et expliqués dans le chapitre précédent.

Ces immenses nefs, voûtées sur croisée d’ogives, ressemblent aux coupoles; elles rappellent leurs formes générales, mais les dispositions des voûtes sont différentes. Les croisées d’ogives ne sont plus de simples nervures décoratives, mais bien des arcs possédant des fonctions aussi actives que les doubleaux et les formeras; leur réunion composant une ossature élastique dont le poids est reporté sur les quatre points d’appui, recevant les retombées des arcs qui composent, pour ainsi dire, la charpente en pierres appareillées.

Les coupes comparées (fig. i3 et 14) des églises

Fig. 11. — Plan d’une travée de la nef de Laval (la Trinité).

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cTAngoulême et d’Angers déterminent nettement la filiation certaine qui existe entre ces édifices élevés : l’un dans les premières années du xii® siècle et 1 autre trente ou quarante ans plus tard; elles marquent en

même temps les progrès réalisés par les architectes angevins dans la construction des voûtes sur croisée d’ogives remplaçant les coupoles sur pendentifs, d’ou elles dérivent, par l’application plus raisonnée et plus perfectionnée des mêmes principes architectoniques.

L’église de Laval, élevée en même temps que celle

L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE. )t

d’Angers ou peu d’années après, montre de nouveaux

— Vue perspective des voûtes de la nef (Saint-Maurice d’Angers).

perfectionnements, très sensibles, non seulement au point de vue de la forme, mais encore par les combinai-

L’AKCHITECTURE GOTHIQUE.

jaiii-

Fig. 1 6. — Plan du sommier des voûtes de la nef (Sainte-Trinité, à Laval).

sons plus savantes ou plus ingénieuses et par la sûreté

méthodique de l’exécution.

Les arcs formant l’ossature des voûtes sont, dès leur naissance audessus des tailloirs des chapiteaux, indépendants comme à Angers, ce qui est le caractère essentiel du système, nouveau dans la première moitié du xne siècle. Les points d’appui latéraux se composent des piles proprement dites et de colonnes engagées, couronnées de chapiteaux cncorbellés, accusant en les prolongeant les arcs-formcrcts, doubleaux et ogifs qui retombent sur les tailloirs des chapiteaux. Il est facile de voir dans ces dispositions l’origine des faisceaux de colonnes engagées, com-

binées pour dissimuler (Sainte -Trinité de Lavai),

autant que possible les

poir.ts d'appui dont l'usage devint général — et même excessif — aux xme et xiv' siècles. ,

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La coupe (fig. 12) et les de'tails qui précèdent, montrant le mode de construction des voûtes, affirment à Laval, au moins autant qu’à Angers, la filiation certaine existante entre les coupoles sur pendentifs et les voûtes sur croisée d’ogives.

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