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Fig. 216. — Maison en bois aux Andelvs (xve sicole).
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clore par des châssis vitrés mobiles dont la manœuvre
L’AKCHITECTURE GOTHIQUE.
Les façades sont généralement construites en pierre ou en brique, c'est-à-dire en matériaux résistants, le bois n’étant plus en usage que pour les planchers et la charpente des combles.
Au xv* siècle, dans les provinces du Nord où la pierre est rare, celle-ci n’était employée que dans la partie basse, les étages établis en encorbellement étaient composés de charpente dont les vides étaient maçonnés en briques; les membrures principales : les poutres cncorbellées, les poteaux, les saillies, les cadres des fenêtres étaient ornés de moulures et de sculptures; ces étages étaient, le plus souvent, couronnés d'un pignon accusant la forme par un arc brisé en saillie, de la charpente du comble ou bien par des lucarnes en bois richement décorées.
Dans les climats pluvieux, la charpente était recouverte d’ardoises ou de bardeaux, en bois fendu en lames, afin de la préserver de l’humidité.
Suivant un usage adopté dans le Nord, chaque maison était séparée, à son sommet, quand elle ne l’était pas par une ruelle étroite ou par un espace vide, non seulement pour satisfaire la vanité du bourgeois qui voulait avoir pignon sur rue et le faire voir, mais surtout pour éviter la propagation des incendies si fréquents dans les cités dont les maisons étaient presque toutes bâties en bois, et dont les conséquences étaient désastreuses, alors qu'il n’existait que des moyens rudimentaires pour combattre le fléau.
Pendant le xvc siècle et surtout pendant le siècle suivant, on éleva de grandes habitations, des maisons nobles qui n’existaient guère avant ce temps, les sei-
L'ARCHITECTURE CIVILE. } + l
gneurs habitant leurs châteaux forteresses. Ces grandes maisons seigneuriales diffèrent essentiellement des habitations du bourgeois; l’hôtel occupait un espace assez étendu, comprenant des cours et souvent des jar-
dins, la maison du bourgeois ou du marchand donnait directement sur la rue, tandis que les bâtiments de l’hôtel étaient disposés dans une cour intérieure, souvent très richement décorée et que des communs, écuries, remises et logement des gens bordaient la rue sur laquelle s’ouvrait la porte principale donnant accès à la cour et aux bâtiments intérieurs.
A Paris, au xiv® siècle et surtout au xv®, il existait des hôtels dont les noms au moins ont été conservés : des Tournelles, de Saint-Pol, de Sens, de Nevers, de
Fig. 217. — Hôtel Lallemand, à Bourges (fin du xve siècle).
}+a L’ARCHITECTURE GOTHIQUE.
la Trémoille. détruit en 1840. I/hôtel de Cluny, construit vers 1485, est un des plus curieux exemples de cette disposition, et il est d’autant plus intéressant qu’il a été conservé presque tout entier.
A Bourges, il existe encore plusieurs grandes maisons
Fig. ait*. — Hôtel d« Jacques Cœur, à Bourges. — Façade sur la place Berry
(xv' siècle).
du même temps, entre autres, l’hôtel Lallemand, construit vers la fin du XVe siècle, dont la cour intérieure présente un grand intérêt, et principalement l’hôtel ou plutôt le château de Jacques Cœur.
Elevé dans la seconde moitié du xv* siècle, en partie sur les remparts de la ville, ce superbe édifice est trop connu pour que nous en donnions des images et une
nouvelle description d,e l’entrée et de la cour intérieure; mais la façade sur la place Berry, pour être moins somptueusement décorée, n'en est pas moins intéressante. Elle montre les deux grosses tours de l’enceinte fortifiée, assises sur leurs soubassements gallo-romains, les corps de logis de l’immense hôtel rappelant encore le château féodal, qui témoignent en même temps de la richesse et de la puissance de l’argentier de Charles VII, aussi célèbre par sa haute fortune que par ses malheurs immérités.