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PL. X

Entrée des magasins du « Printemps ». 1909.

Pholo de la revue « L'Architecte ».

ses faciles à réaliser par les procédés de construction modernes : elles suppriment les arêtes qui étaient la conséquence normale de la construction de bois des poutres, des solives et des lambourdes. Il n'y a pas à regretter ces arêtes au point de vue de l'arrangement décoratif des pièces ; car, si du mode de construction en bois résultèrent des lignes qui se prêtaient à une certaine décoration, il n'y a aucune raison de ne pas tirer un parti artistique très souple de ces raccords insensibles auxquels on peut appliquer la peinture, d'un entretien facile, ou des revêtements encore plus nets et plus luxueux comme la céramique.

Les casernes ont commencé, elles aussi, à profiter des leçons de l'hygiène.

Peut-être une question de surveillance et de discipline y a-t-elle maintenu plus longtemps le principe des bâtiments compacts. On ne peut nier le caractère imposant de la caserne de la Garde républicaine, boulevard Henri IV, œuvre d'Hermant; mais elle correspond à un corps spécial, peu nombreux, pour le logement duquel les raisons d'économie ne se posaient pas. D'ailleurs, notamment dans les couronnements, cette architecture massive comporte des lourdeurs qui n'ajoutent rien aux qualités de l'œuvre.

Le problème des casernes de la troupe est plus complexe parce que l'économie y joue son rôle.

Les dernières casernes élevées sur les fortifications

nord de Paris réalisaient un certain progrès vers une conception moins austère de ce genre d'architecture, mais elles sont assez dépourvues de caractère. Celles qui étaient en voie d'achèvement à Compiègne en 1914 se rapprochent logiquement des dispositions des hôpitaux par leurs bâtiments isolés ne comportant pas plusieurs étages : les problèmes à résoudre sont en efFet d'un ordre analogue; à l'intérieur, il faut faciliter le nettoyage par l'emploi de matières lavables, éviter les planchers qui se détériorent vite et deviennent des nids à parasites et des foyers d'épidémies.

Mais il faut dire que l'éducation de la jeunesse serait toute à faire pour qu'un peu plus de soin de la part des occupants permît un peu plus de luxe de la part de l'administration chargée d'aménager les locaux. Il n'y a pas d'exemple plus frappant de la nécessité de développer l'hygiène et le goût dans tous les milieux.

A ce genre de bâtiments, où il s'agit d'abriter le plus grand nombre possible de personnes sous le même toit, se rattachent les hôtels à voyageurs. Si le programme d'une chambre d'hôtel n'est évidemment pas le même que celui d'une salle d'hôpital ou d'une chambrée de caserne, il reste des données analogues dans la centralisation des services, dans la dimension des salles communes, dans la recherche de dispositions hygiéniques.

Dans les plus beaux quartiers de Paris, la plupart des grands hôtels récemment construits partent encore du principe déplorable qui est d'étonner le client par des masses de pierre à Textérieur, par des surcharges de staff doré à Tintérieur. Ailleurs c'est un aspect exotique qui est recherché : trop souvent le confort réel du client paraît être le souci secondaire.

L'étude artistique des détails est d'ailleurs inexistante : il semble qu'on ait pris pour point de départ que les hôtels sont faits pour les étrangers et que les étrangers n'ont pas de goût, ce qui ne paraît d'une psychologie ni exacte ni intelligente.

Même un hôtel comme Lutetia, œuvre de Boileau et Tauzin, qui est le rare témoignage d'une sérieuse recherche artistique, présente des lourdeurs dans le pavillon d'angle, dans les consoles et les couronnements : on y trouve un effort moderne dans l'étude du détail sculpté, quoiqu'il ne soit pas certain que l'esprit moderne consiste à faire entrer dans la décoration des éléments de nature pris sur le vif.

Des recherches intéressantes ont été faites dans des établissements d'un caractère populaire comme l'hôtel élevé par Labussière et Longerey rue de Charonne : l'étude du plan, avec ses pans coupés et ses pavillons, donne une disposition heureuse pour l'orientation et l'éclairage des chambres, en même temps que l'emploi de la brique ajoute une note gaie à la simplicité de la construction.

L'hôtel élevé rue de Lille par Bliault pour les

li.-M. Magne. — L'Architecture. 4

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demoiselles des Postes offre un intérêt analogue de recherches délicates dans leur simplicité.

C'est peut-être parmi les auberges édifiées dans les pays d'excursions que l'on trouverait les solutions les plus originales. Une auberge comme celle élevée par Laverrière au col Saint-Auterne (Haute- Savoie) présente autant de qualités à l'extérieur par l'emploi des matériaux, la silhouette de la construction, qu'à l'intérieur où la salle commune donne une disposition rustique et confortable, parfaitement adéquate au programme; il est inutile d'insister sur le décor pittoresque que permet un plan de ce genre.

On aimerait trouver autant d'esprit dans les pavillons, à usage de restaurants, qui s'élèvent tant au Bois de Boulogne que dans la banlieue parisienne. Mais il semble que le modernisme et l'élégance des Parisiennes n'ont pas inspiré les architectes qui n'ont su trouver autre chose que des colonnes ou des pilastres donnant faiblement l'illusion des styles du XVIII* siècle qu'ils prétendent copier.

On peut faire en général aux restaurants la même critique qu'aux hôtels : qu'ils fassent partie des hôtels, constituent des pavillons isolés ou soient établis en boutiques, on ne saurait dire s'il est plus ridicule d'y voir se maintenir trop souvent le décor de faux luxe des murs en pâtisserie dorée ou la disposition, contraire a tout confort et à toute élégance, des banquettes fixes le long des parois alors que, dans les voitures publiques elles-mêmes, on a cherché à remé-

SOLUTIONS RAISONNÉES DES PROGRAMMES MODERNES 5l

dier à cette disposition surannée. Il est curieux que la clientèle la plus élégante par sa toilette et la plus soucieuse de bonne chère se contente d'un tel cadre. On trouvait peut-être plus d'originalité dans certains bars comme celui qui a été installé par la Morinerie. Il y a d'ailleurs eu, dans les villes d'eaux, dans les stations de montagne ou dans les stations balnéaires, un effort plus grand qu'à Paris pour l'amélioration des hôtels et des restaurants.

Cette amélioration a été cherchée également pour les établissements thermaux, et tandis qu'à Paris on ne trouverait pas un établissement d'hydrothérapie installé d'une manière moderne et esthétique, il y a eu de réels progrès accomplis dans les villes d'eaux.

C'est d'ailleurs par les recherches du plan, notamment pour la disposition du grand vestibule, que se distinguent les qualités d'un établissement comme celui de Châtel-Guyon, de Chaussemiche, ou encore par l'arrangement très séduisant des cabines avec leurs baignoires fixes en faïences prises dans le sol, plutôt que par le style des façades qui reste respectueux de traditions banales.

Dans l'établissement de Contrexéville, Mewes a réalisé une œuvre distinguée, par l'emploi de la mosaïque.

Les établissements financiers sont parmi ceux qui

ont atteint le plus grand développement depuis le début de ce siècle et ils semblent prendre un essor encore plus considérable à mesure que diminue la valeur de l'argent et des titres.

Ils n'ont pas, en général, échappé à la mégalomanie architecturale suivant laquelle la solidité des institutions ou du crédit doit paraître en raison directe du diamètre des colonnes de la façade : les colonnes ont apporté avec elles le contingent indispensable de vases et de balustrades. A cet égard, il n'y a rien de plus significatif qu'un immeuble de la rue La Fayette, avec son ordonnance qui s'élève sur trois étages et nécessite un entablement proportionné à sa hauteur.

Les Caisses d'épargne ont été particulièrement atteintes; aussi faut-il citer avec satisfaction celles qui, comme la Caisse d'épargne de Montbrison, de Gaudibert, fait exception à cette étrange règle. On pourrait dire qu'elle offre une certaine réminiscence de formes du moyen-âge : néanmoins, dans la simplicité des nus de pierre, dans leur alliance avec la brique, dans la recherche du détail, c'est une œuvre moderne dont l'intérêt apparaît peut-être plus encore dans la grande salle intérieure que dans la façade.

Dans un grand nombre de banques, installées dans des immeubles ou des parties d'immeubles existant, il s'est agi surtout d'aménagements intérieurs dont l'architecte n'a d'ailleurs pas toujours eu suffisamment à se préoccuper.

Dans d'autres, on a fait des agrandissements se

A. AGACHE.

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