‹ L'architectureChapitre 11 sur 24 · PL. XII · texte numérisé non relu

PL. XII

Intérieur de la boucherie Eco. 1918.

raccordant avec une architecture précédente : c'est ainsi que le Crédit Lyonnais de Bouwens, édifice de la fin du siècle dernier qui était certainement un modèle, a été prolongé latéralement et postérieurement par une architecture qui s'est raccordée avec les travées antérieures, tout en présentant d'ailleurs moins de simplicité et de finesse dans les lignes et l'échelle des ornements.

Dans les édifices transformés ou dans les constructions neuves, on a d'ailleurs adopté une disposition générale qui est celle d'un hall intérieur sur lequel ouvrent plusieurs étages de galeries : on a ainsi réalisé une surveillance facile, des relations rapides de service à service, une vaste circulation pour le public avec accès à tous les services.

Au Crédit Lyonnais, la galerie de premier étage, en fer apparent, est soutenue par la rencontre d'arcs surbaissés qui donnent, avec les balcons et les rampes, un ensemble décoratif intéressant.

A un type analogue se rattachent les établissements de banque entièrement neufs comme la Compagnie Algérienne de Bœswillwald et la Société française des reports et dépôts, dans laquelle Lucien Magne étudia toutes les dispositions dans le même souci d'adaptation au programme, de précaution contre le vol, contre l'incendie : ainsi arriva-t-il à des dispositions spéciales comme les deux étages de caves oîi se trouvent les caisses, entourés de couloirs de rondes, revêtus de faïence, comme le hall et l'escalier

métalliques, comme les planchers de verre laissant passer le plus de jour possible. Les façades sobres, en brique avec quelques points de pierre sculptée, sont largement éclairées; dans cet établissement, de proportions modestes, c'est par ces dispositions autant que par l'étude précise de quelques motifs simples formés par les barreaux d'escalier, par les consoles métalliques soutenant le toit vitré du hall, qu'apparaît le caractère architectural moderne, et la bonne qualité de la matière et de l'exécution suffit à lui donner un aspect imposant.

Dans la succursale de la Société Géniale aménagée par Hermant près de l'Opéra, le hall est métallique ; dans celle qui s'élève avenue Kléber, la construction intérieure du grand hall avec les nombreux étages de balcons, est d'un arrangement logique et nouveau.

Dans un ordre d'idées un peu différent, l'annexe du Crédit Lyonnais de Narjoux, rue Ménars, donne l'impression d'un immeuble industriel, avec ses trois grandes baies prenant trois étages, immense clairevoie construite en briques et en cornières. Les lucarnes plates donnent un grand caractère de simplicité au couronnement et l'on peut se demander pourquoi les bandeaux offrent un ressouvenir inutile des antiques gouttes des triglyphes ou des mutules.

L*un des plus beaux programmes qui puissent

tenter actuellement les architectes est celui des grands magasins. Il offre quelques rapports avec le précédent, par la nécessité d'un large accès du public à tous les services, d'une comptabilité exigeant des espaces de bureaux importants. Ce qui amplifie singulièrement le programme, c'est la recherche des grands dégagements, tant pour le public que pour les marchandises, et l'exposition permanente dans des conditions favorables aux objets présentés. Mais de même que pour les établissements de crédit, l'impossibilité d'arrêter la marche de l'entreprise conduit souvent à des arrangements plutôt qu'à des conceptions neuves.

Les Magasins du Printemps sont les plus typiques à étudier, parce qu'ils représentent la transformation du programme depuis un demi-siècle.

Ce fut l'œuvre maîtresse de Paul Sédille et, si elle ne fut pas exempte de complications et de réminiscences des styles antérieurs, elle montre, par la disposition préalable et par l'emploi des matériaux, l'esprit novateur et la belle conscience de l'artiste.

Binet, en faisant les premiers agrandissements qui viennent malheureusement d'être détruits par le feu, sut habilement élargir la conception du plan, tant par le développement donné au grand hall que par le parti des façades à jour, se relier par quelques motifs, ceux qui dataient le moins, avec la construction antérieure et faire une œuvre d'une haute distinction, par l'emploi de belles matières, par la

recherche délicate de fins détails. Depuis la mort de Binet, de nouveaux agrandissements avaient été commencés.

Dès le début et dans ces agrandissements successifs, les travaux du Printemps avaient été assez franchement entrepris pour que l'architecte pût donner une expression satisfaisante du programme.

A la Samaritaine, Frantz-Jourdain fut plus gêné par la nécessité d'englober successivement une série de petits immeubles à mesure que le magasin se développait. Son rôle consista à réaliser cet aménagement ingrat et à jalonner par des points décoratifs les extrémités du magasin. Peut-être l'artiste fut-il poussé à une accumulation de richesse et à une complication de silhouette par le désir de réclame de son client; toujours est-il que les façades latérales présentent une plus grande simplicité dans le parti des pans de fer, l'utilisation décorative des cornières, et les notes de couleur que donne l'émail.

Le problème s'est présenté d'une manière à peu près analogue aux Galeries La Fayette et Chanut l'a résolu avec une grande hardiesse en soutenant en l'air tous les immeubles du groupe pour ouvrir largement les boutiques ; les grands combles en béton armé, décorés des mosaïques de Gentil et Bourdet, ont un caractère original.

Dans les immeubles destinés à des magasins de moindre importance, on ne peut pas dire que le progrès réalisé depuis vingt ans soit aussi grand que

celui réalisé immédiatement auparavant. Le percement de la rue Réaumur, dans un quartier particulièrement commerçant, n'a guère donné de solutions plus nouvelles que les maisons élevées aup3.ravant par les architectes qui, comme Raulin et Bayard, avaient établi la disposition type des façades à jour, de la cour vitrée servant au moyen de rails et montecharges à la manutention des marchandises; et l'immeuble commercial élevé boulevard Haussmann ne présente pas un progrès par les deux énormes colonnes qui coupent la façade et font face à deux pilastres.

C'est plutôt dans l'architecture des boutiques qu'on peut observer depuis quelques années un grand progrès. Il y a bien encore des magasins qui montrent le goût prétentieux, déjà signalé dans la plupart des restaurants, des brasseries et des bars, quand ce ne serait que la boucherie élevée boulevard Sébastopol. Mais on voit en général des tendances nouvelles, très intelligentes et très nettes.

Partout, on tâche de faire pénétrer le plus de lumière possible, soit en n'usant que des tons clairs, soit en cherchant des dispositions qui fassent de la façade une claire-voie complète, en ne gardant comme pleins que les points d'appui qui soulagent le poitrail portant les étages. En même temps on s'efforce de donner à la devanture un caractère original, non pas par la complication des formes et le faux luxe des ors, mais par la belle matière des appuis, par le beau dessin des lettres ou des emblèmes formant enseignes.

Dans les magasins d'alimentation, on renonce au décor malsain des boiseries peintes en faux marbre, des staffs dorés qui ne peuvent être bien entretenus et font des nids à poussière, à microbes : on s'efforce au contraire de n'employer que des matériaux lavables, mosaïque, céramique.

La boucherie Roth, rue Gaillon, par Duchampt, offre une grande tenue décorative avec ses mosaïques dont les attributs rappellent ceux de la profession.

La boucherie Eco, avenue Victor Hugo, par Agache, est intérieurement une des œuvres les plus complètes qui aient été faites dans ce genre; la coupole en béton armé, par la suppression de tout point d'appui intérieur, de toute moulure, de tout joint, fait des surfaces nettes; par sa matière isolante et par la ventilation que donnent les oculi, elle réalise une fraîcheur parfaite en même temps que la largeur et la hauteur des baies répandent à profusion la clarté. Le soubassement est constitué par un revêtement de céramique et par des bancs en mosaïque dont les lessivages peuvent assurer la propreté irréprochable ; leur harmonie blanche, rehaussée de bleu et de jaune, donne une richesse qui est prolongée sobrement par des frises au pochoir le long des lignes supérieures des arcs et des voûtes : on ne saurait concevoir disposition plus claire, plus l^ygiénique, et en même temps plus esthétique.

C'est encore une poissonnerie rue de Tocqueville, dont la devanture présente un poisson rouge

en mosaïque sur le ton bis de Taggloméré poli.

La boutique de Mam, avenue de l'Opéra, par Dufet, donne bien l'expression du poitrail et des points d'appui qui le portent par les plaques de marbre très simples et très élégantes qui constituent des piedsdroits et un linteau.

Pour la Compagnie des arts français, Sue et Mare ont fait œuvre décorative et originale en meublant par une menuiserie aux lignes simples et aux colorations puissantes des arcatures de pierre d'une construction banale.

Une jolie solution a consisté à donner un développement aux vitrines en rentrant le plan de la porte à l'intérieur de la boutique : on en voit un exemple chez Fast, salon de thé et de lecture, rue Royale, par Pacheco. L'emploi du bois à l'état de revêtement semble plus délicat et plus logique que le pan de bois un peu fruste de la chemiserie Ragon, qui paraît plus étrange que moderne.

Ce n'«st pas dans une originalité irraisonnée que doit en effet consister le modernisme et trop d'architectes ont recherché l'étrangeté dans la disproportion de lourds points d'appui qui, pour l'œil comme dans la réalité, ne portent aucune charge. On préférerait qu'une œuvre comme la teinturerie du boulevard de Courcelles, par Marrast, ne présentât pas des couronnements qui, rappelant des pilastres grecs, manquent d'originalité ; elle n'en est pas moins intéressante par la belle simplicité des proportions et de la matière.

Presque toutes les gares de Paris avaient dû être reconstruites à la fin du siècle dernier, en raison de l'augmentation du trafic; la gare d'Austerlitz et, plus tard, la gare Saint-Lazare, de Lisch, avaient montré la préoccupation sérieuse de mettre l'architecture en accord avec les besoins d'une gare de chemin de fer au lieu d'y employer une fois de plus des ordonnances à l'antique, sans souci d'anachronisme. Le défaut des architectes, dans ce genre de travaux, a toujours été de ne pas voir assez grand, du premier coup; à cet égard, HittorfF fut peut-être le seul à avoir la notion de l'ampleur à donner, dès l'abord, à de tels programmes.

La reconstruction de la gare de Lyon, avec son double hall assez mesquin, avec ses fermes du système Polonceau réalisées par des cornières, ne paraissait guère un progrès après la Galerie des Machines de 1889 et l'intérieur, comme l'extérieur, du buffet formant la façade principale ne pouvait passer pour un modèle de distinction. A côté du développement inutile que la gare souterraine du quai d'Orsay avait pris en hauteur, la gare des Invalides, simple accès aux quais inférieurs, semblait un exemple de goût, mais non de goût moderne.

Les petits édicules élevés pour les stations du chemin de fer métropolitain donnaient une note nouvelle qui n'en était pas plus heureuse pour cela, car c'étaient précisément là des essais modernes qui, ne reposant sur la logique ni du programme ni de la matière employée, mais sur des formes inventées

SOLUTIONS RAISONNÉES DES PROGRAMMES MODERNES 6t

à priori, devaient vite être aussi désuets que n'importe quelle formule ancienne.

Le Nord-Sud profita de Texpérience et la sobriété de ses entrées, la recherche de l'emploi de la céramique pour la décoration des voûtes et l'inscription des noms des stations, marqua un très réel progrès sur le Métropolitain. Surtout la station souterraine du Nord-Sud à Saint-Lazare, par Bechmann, donna une disposition intéressante et des formes modernes de galerie circulaire, de pénétrations et de points d'appui soutenant des voûtes.

Hors de Paris, la Compagnie du Nord avait étudié de nouvelles gares, et notamment des auvents, tels que ceux des gares de banlieue, en béton armé et revêtements de grès, qui étaient bien compris pour l'usage et d'un joli effet décoratif. Elle avait eu le souci de remplacer les installations anti-hygiéniques, désuètes, d'une insupportable puanteur, par des appareils de faïence, accompagnés de revêtements et de dallages de marbre ou de céramique, dont la gare de Paris donnait le complet exemple. On sait dans quel état la guerre a laissé les deux tiers de son réseau : pour la reconstitution des gares, elle a logiquement cherché à établir des matériaux agglomérés, standardisés, lui permettant de développer les différents services suivant l'importance de ces gares.

Parmi les gares modernes entreprises avant la guerre, il faut citer la gare de Biarritz et la gare de Rouen, de Dervaux. A la gare de Biarritz, la salle du

départ est spacieuse et claire, avec ses arcs de béton armé. Le problème de la reconstruction de la gare de Rouen présentait les difficultés inhérentes à l'emplacement qui la serre entre deux tunnels et on ne peut que louer l'architecte d'être parvenu à la rendre suffisamment spacieuse et à lui donner extérieurement un aspect assez monumental pour qu'elle ne soit pas écrasée par la colline qui la domine.

Les bâtiments nécessaires aux nouveaux moyens de transport n'ont pas encore donné lieu à des recherches très complètes au point de vue architectural, et les grands hangars d'aviation, pour remarquables qu'ils soient, sont restés exclusivement dans le domaine industriel. Dans ceux d'Istres, élevés par Freyssinet et Limousin, le problème a été abordé avec une remarquable franchise : il ne faut pas de points d'appui pour faire évoluer aisément les avions aux vastes envergures; il faut des portes énormes. De là une voûte de plus de 40 mètres d'ouverture, renforcée par des grands arcs formant nervures saillantes. Le pignon est constitué par des poteaux espacés, laissant sous le fenestrage l'ouverture d'immenses portes à glissières surmontées de linteaux contreventés dans le sens horizontal pour éviter l'enfoncement de la paroi sous l'effort du vent.

Il y a lieu de souhaiter que les architectes ne se désintéressent pas plus de ces programmes, tels que les remises à automobiles, qu'aux siècles passés on n'a fait fi des écuries et des manèges, et il faut dire

que jusqu'ici, par exemple dans le garage de la rue de Ponthieu, la recherche esthétique est insuffisante, notamment en ce qui concerne les compartiments de la grande verrière, qui n'ont aucune échelle.

Tout au contraire des programmes précédents qui sont de dispositions assez simples et ne comportent que le minimum de fantaisie, les établissements de plaisir, théâtres, concerts, cinémas, doivent être la joie des yeux tout en présentant des dispositions pratiques pour des services très complexes.

Placer d'une part le plus grand nombre possible de spectateurs dans la meilleure position pour voir le spectacle qui se déroule sur la scène tout en les asseyant aussi confortablement que possible, ce qui amène à des superpositions de nombreux étages, assurer d'autre part des dégagements spacieux, des galeries et des foyers où il soit agréable de se promener entre les actes, prévoir d'une manière convenable la disposition des loges d'artistes tout en laissant la' place nécessaire au machinisme compliqué de la scène, parer lernieux possible au danger d'incendie que l'emploi de la lumière électrique a diminué mais n'a pas fait disparaître, sont autant de difficultés dont les solutions restent assez contradictoires.

Il est indéniable que la solution, adoptée en France, du théâtre établi sur un plan circulaire aboutit à loger beaucoup de monde, mais qu'un tiers des spectateurs ne voit que le tiers de la scène et n'entend que le tiers des paroles ou de la musique.

Le dernier théâtre reconstruit à Paris au siècle dernier, l'Opéra-Comique, n^était pas un progrès sur les théâtres élevés vingt-cinq ou trente ans auparavant, tels que l'Opéra, de Garnier, ou les théâtres de Davioud place du Châtelet, ou le Vaudeville d'Auguste Magne qui avait résolu un problème particulièrement délicat en donnant un dégagement suffisant à l'entrée et à la sortie du théâtre par une seule rotonde d'angle, tout le théâtre laissant libre terrain de façade pour des maisons de rapport.

Les moyens de construction employés pour la salle de tous les théâtres, systèmes de bascules où le bois et le fer intervenaient, restaient assez incertains en raison de la tradition qui voulait que toute une pâtisserie de fausse architecture luxueuse et dorée vînt couvrir l'ossature.

Les théâtres des Champs-Elysées, des frères Perret, qui firent un certain bruit lors de leur construction au début de ce siècle, réalisaient un progrès de structure par l'emploi du béton armé sans toutefois tirer tout le parti qu'on pouvait attendre d'une matière permettant une expression d'art beaucoup plus franche que les procédés usités précédemment. C'est ainsi que la façade de marbre n'était que la remise en honneur des placages usités dans l'antiquité romaine : la sécheresse des lignes n'avait pas pour raison l'expression franche du mode de structure. De même certains points d'appui intérieurs de forme cylindrique comportaient des moulures trop maigres pour exprimer

un couronnement et parfaitement inutiles dans une construction monolithe. Malgré ces sécheresses et le côté archaïque des sculptures qui rappelaient étrangement les métopes du temple de Sélinonte, l'œuvre était distinguée et présentait des qualités par la simplicité de ses balcons, l'ampleur de ses dégagements, la douceur de ses escaliers.

Les théâtres élevés en province pendant cette période offrent moins d'intérêt : ils ne se départissent pas de la formule banale et, lorsqu'on revoit un charmant théâtre ancien comme celui d'Amiens, on ne peut pas trouver un progrès dans ces œuvres dépourvues de caractère. D'ailleurs les dispositions en sont aussi quelconques que les formes et il n'y a aucune préoccupation de les modifier selon le climat, même quand on les transporte dans nos colonies d'Afrique.

Une salle de concert curieuse a été construite par Guimard, rue Saint-Didier, la salle Humbert de Romans; si l'extérieur n'échappe pas aux formes à priori qu'affectionne cet artiste, l'intérieur présente une disposition intéressante avec son plan octogonal, ses grandes fermes dont la forme est amplifiée et assouplie par les pièces qui s'en détachent pour soutenir les pannes. .

Depuis la guerre, on peut dire que ce sont les cinémas qui sont, avec les banques, les seuls programmes dont on voie s'élever, rien qu'à Paris, de nombreux spécimens.

Beaucoup d'entre eux d'ailleurs ne présentent

H.-M. Magne. — L'Architecture. 5

aucune recherche moderne et sont d'un goût aussi contestable que les films policiers qui se déroulent à l'intérieur. Mais c'est un art nouveau qui se cherche et il faut lui faire crédit avec l'espoir qu'il trouvera l'expression extérieure de son architecture en même temps que son développement intéressant.

Déjà il semble qu'une disposition type, utilisant assez heureusement le terrain, s'élabore dans l'esprit des architectes, consistant à faire une grande voûte, une grande voussure qui indique largement l'entrée, y abrite les spectateurs au moment de prendre leurs billets et constitue en même temps une terrasse extérieure pouvant offrir un abri agréable pendant les entr'actes.

Cette disposition a été réalisée même dans des cinémas utilisant d'anciens immeubles, comme le cinéma Danton, où un grand arc vient, avec le soutien de deux points d'appui verticaux, supporter les étages d'une ancienne façade du xviii^ siècle. La franchise de l'opposition du décor moderne avec les balcons anciens est bien dans la tradition française, qui n'hésita jamais à compléter, modifier ou restaurer dans le goût du jour les œuvres antérieures, fussent-elles nos plus belles cathédrales.

Elle a pris plus d'ampleur dans des édifices entièrement neufs, comme le cinéma de Saint-Pierre de Montrouge ou comme celui en construction boule-

vard Barbes. Le décor de la mosaïque y est largement employé et s'y accorde judicieusement avec la construction en béton armé.

Page 1