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MAISONS

A côté de tous ces édifices publics destinés^ à Téducation, à la vie sociale, aux échanges, aux plaisirs, l'habitation est l'expression la plus caractéristique des mœurs d'une époque. Nulle part n'apparaît mieux la nécessité de régler les proportions extérieures suivant la destination des différentes pièces.

La réalisation, par la variation des hauteurs d'étages et des dimensions d'ouvertures, en est assurément plus aisée dans les maisons ou hôtels particuliers que dans les maisons de rapport.

Aussi est-ce dans la construction des hôtels particuliers que, durant le dernier quart du xix® siècle, les architectes réussirent le mieux à exprimer leurs tendances modernes : Vaudremer, dans un hôtel avenue d'Antin comme Sédille dans une villa rue d'Erlanger, Lucien Magne dans des hôtels avenue de Villiers et avenue Henri-Martin, Sauvestre dans des villas square du Bois de Boulogne et boulevard Flandrin.

On y trouvait néanmoins des réminiscences du moyen-âge ou de la Renaissance et il ne faut pas s'en étonner si l'on songe que les artistes de cette génération avaient trouvé ces solutions logiques en analy-

« sant de près les dispositions et la structure des œuvres anciennes et devaient presque nécessairement se laisser influencer par les formes en même temps que par les idées.

Dans les premières œuvres d'un artiste comme Plumet, qui venait aussitôt après cette génération, par exemple dans un hôtel avenue du Bois de Boulogne, on trouve encore, au-dessus d'une construction très simple, très sérieuse, quelque exagération dans les couronnements qui sent l'influence du moyen-âge. Mais, dans une villa boulevard de Montmorency, l'artiste, élevant une loggia de pierre dans la façade de brique, emploie des colonnes recevant sans chapiteaux les nervures des arcs et ces lignes très souples, jointes à celles de la rampe qui accompagne l'escalier conduisant à la loggia, sont aussi personnelles que simples. Dans un autre hôtel, boulevard Richard-Wallace, à Neuilly, alliant l'ardoise et la brique à un peu de pierre, il tire un eff'et décoratif de la tourelle d'escalier, de la galerie ouverte au premier étage, des cheminées et des poinçons.

Un hôtel de Sorel, rue des Belles-Feuilles, off're d'égales qualités. A Reims, cet artiste a construit une villa en pierre, brique claire et bois. L'extérieur présente de belles lignes, obtenues par de grands encorbellements, peut-être un peu de complication dans les toitures et dans la manière dont sont traités les bois ; l'intérieur, avec son vestibule dont les arcs sont décorés au pochoir, avec son cabinet de travail où les

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PAUL GUADET. Hôtcl particulier avenue Elisée-Reclus. Pai

PL. XV. Photo de la r.viie « L'A>-chLtecte ».

divans et les vitrines se composent à merveille, n*est pas moins remarquable.

A Neuilly, Navarre et Rousselot édifient un hôtel dont la cour est d'une belle harmonie : si quelques balustrades et cheminées paraissent un peu lourdes, le couronnement des murs par une corniche convexe portant une délicate frise florale qui reste sur la forme, au-dessous du rang de brique qui soutient le chéneau,-est d'un effet délicat et heureux.

Paul Guadet a recours au grès flammé pour décorer entièrement la façade d'un hôtel avenue Elisée-Reclus, aussi bien que pour faire la mosaïque des sols.

Rue Louis-David, Auburtin élève un hôtel où il emploie les briques en quart de rond pour les arcs de grandes fenêtres et pour les colonnes séparant les quatre fenêtres qui forment frise à la partie supérieure; œuvre distinguée par l'étude de l'appareil de brique et des clôtures en fer forgé.

Un des hôtels les. plus intéressants par son aspect urbain, en l'absence du pittoresque qu'ajoute facilement un jardin, est celui élevé rue de Prony par Barberis et Fournier de Saint-Maur. Construit en pierre, d'une étude très moderne, il offre une grande simplicité par ses champs de pierre, une finesse rare dans l'étude des balcons ; tout au plus peut-on trouver un peu d'exagération dans l'emploi de la flore sous les fenêtres et les lucarnes.

La demeure particulière s'est surtout développée à la campagne. Les artistes y ont trouvé plus de facilité

au point de vue du terrain et ont eu de belles occasions de se mettre en harmonie avec le pays par l'ingéniosité de la construction, par les formes et les matériaux, sans tomber dans le défaut de copier des bâtiments locaux d'une destination toute différente.

Il y a là des écueils difficiles à éviter, comme dans le cas des constructions aux colonies. La copie des formes locales, qui souvent ne s'adaptent pas du tout aux nécessités du programme, est aussi insipide, dans son genre, que la transplantation d'une maison de ville ou d'une villa italienne sur une plage de la Manche.

On peut dire que les architectes de la précédente génération n'ont guère manqué une occasion de tomber dans l'un ou l'autre écueil et c'est ce qui explique l'aspect désastreux des plus belles digues de nos plages en renom.

Il faut au contraire constater que beaucoup d'artistes ont, depuis vingt ans, su résoudre le problème d'élever des constructions en harmonie avec le pays tout en y adaptant des dispositions de galeries, de promenoirs, de halles découvertes faisant le charme de ces habitations destinées au repos et à l'agrément, pendant la belle saison.

Autour de Paris ce sont des villas de Sorel, à Enghien, avec murs en briques et combles très simples, de Eichmuller à Bures, de Vimort à Orsay, de Jandelle et Haumet au Mesnil-le-Roy, avec des dispositions ingénieuses et décoratives de cheminées

accolées, couronnées par deux petits pignons perpendiculaires pour éviter le siphonnage de la fumée.

Plus loin, c'est une maison de campagne de Bonnier à Château-Thierry, une villa de Sauvage et Sarrazin, à Compiègne, construction en pierre qui présente autant de sobriété que de souplesse dans les formes, une villa de Sorel près de cette même ville, œuvre d'une rare pureté de lignes offrant l'alliance de la pierre et de la tuile plate, une villa de Danis à Plombières, plusieurs de Lefort en Bretagne, de Laverrière et Monod sur les bords du Léman. A Guéthary, Cazalis élève une villa dont le caractère, avec le grand comble descendant bas, le léger encorbellement des étages, les enduits des remplissages du pan de bois, rappelle heureusement celui du pays basque.

Le château, de nos jours, est devenu une villa plus importante que les autres, mais a perdu complètement les caractères particuliers et défensifs qu'il avait encore au xviii® siècle où, à défaut de fortifications, les douves pleines d'eau subsistaient.

Le château du Doux à Altillac (Corrèze) est une des œuvres les plus franchement modernes qu'ait produites Pascal ; elle vaut autant par les masses et par les silhouettes que par l'emploi des matériaux frustes et simples qui lui donne grand caractère. A Servon, dans la Manche, le château de Bois-Chicot, par Roy, présente plus de variété dans l'emploi simultané de la pierre, de la meulière, de la brique et des pans de bois, mais non moins de tenue. A Andrésy, Pierre

Sardou construit le manoir Denouval, avec une parfaite entente de l'utilisation du terrain en pente le long de la Seine ; parallèlement à la rivière, un grand hall s'élève entre des pavillons mégaux que domine un belvédère de forme un peu compliquée.

S'il est à croire qu'avec l'amélioration de la situation économique l'essor des maisons de campagne, pour lesquelles les artistes de cette génération ont vraiment trouvé des solutions irréprochables par leur goût, par leur originalité, par la perfection de la construction et tout à fait représentatives de l'art de notre époque, reprendra rapidement, on peut douter que les hôtels particuliers, dans les villes, jouissent d'une nouvelle faveur.

Sans doute il y aura toujours quelques privilégiés pour habiter nos hôtels historiques, et parfois faire édifier à leur goût une demeure moderne ; néanmoins il est certain qu'avec l'augmentation de la valeur du terrain, le petit hôtel particulier tend à disparaître d'autant que, pris entre des maisons montant à toute hauteur, il devient d'une rare tristesse.

Déjà depuis le xix* siècle, c'est à l'étage de chaque maison que chacun réalisait un petit hôtel. La distribution sommaire des appartements du xviii* siècle, où toutes les pièces se commandaient, était dès lors très améliorée : par un vestibule d'accès on gagnait des dégagements qui rendaient indépendantes les unes des autres les différentes pièces de réception, les chambres, le service. Bientôt on isolait celui-ci en le

desservant par un escalier spécial, de manière à préserver l'escalier d'honneur.

Dès la fin du siècle dernier, les artistes comme Sédille, comme Vaudremer, comme Lucien Magne, s'étaient efforcés de trouver boulevard Magenta, rue de Chaillot, rue du Louvre, des solutions artistiques de ces programmes nouveaux.

Ces programmes allaient se préciser et se compliquer tout à la fois, au xx^ siècle.

A l'extérieur, on cherche à avoir des vues d'enfilade sur les belles avenues par des bow^-windows, par des balcons couverts, par des terrasses, qu'on veut aménager pour pouvoir les orner de plantes et de fleurs.

A l'intérieur, en même temps qu'on veut augmenter l'aspect de la réception en remplaçant les couloirs étroits par des galeries spacieuses, la commodité des accès en doublant les escaliers d'honneur par des ascenseurs, les escaliers de service par des montecharges, on désire profiter de tous les progrès de l'hygiène pour les cabinets de toilette, les salles de bain, de l'agrément que donnent le gaz, l'électricité.

Mais c'est alors qu'une curieuse contradiction paraît, aussi bien d'ailleurs chez les clients que chez les architectes. On ne voudrait pas des petites chambres inconfortables du xviii® siècle, car on ne conçoit pas la vie sans eau chaude, eau froide, baignoire, douche, gaz, électricité, sonneries électriques, téléphone, etc.. Mais on tient aux dispositions décoratives d'un autre âge; on a la superstition d'une

salle à manger et d'une bibliothèque Renaissance, d'un salon Louis XIV, d'un boudoir Louis XV, de chambres Louis XVI, et on réalise tout cela en carton-pâte, en stuc, avec des vitraux en papier. Ce sont là des erreurs, contre lesquelles on n'a pas encore assez réagi : il faut considérer que le plâtre, qui fournit d'ailleurs des enduits excellents, est la plaie de la maison moderne dès qu'il sert à dissimuler l'insuffisance de la construction sous des motifs soi-disant décoratifs.

Toute la construction d'une maison moderne est dominée par le problème des passages verticaux des cages d'escalier et d'ascenseur, des conduites de fumée, des canalisations d'eau, de gaz, d'électricité, de vapeur. Il faut envisager franchement la solution de ce problème en créant des points d'appui suffisamment résistants pour qu'ils laissent des murs creux dans lesquels on puisse faire passer ces canalisations. Il ne faut pas d'ailleurs compter les recouvrir d'une manière définitive, car il faut que toujours on puisse les visiter, et c'est ainsi que, si le faux lambris de pâtisserie, tel qu'on le pratique depuis cent ans, devient inadmissible à cause de sa fixité, le vrai lambris, la plaque de revêtement qui peuvent rester mobiles, sont de nouveau un moyen de décor excellent et conforme aux besoins modernes.

Le passage des canalisations n'est d'ailleurs pas la seule préoccupation à laquelle devrait s'arrêter l'architecte. De même qu'il ne saurait trouver des solu-

SOLUTIONS RAISONNÉES DES PROGRAMMES MODERNES 'jS

tions de structure nouvelles sans avoir les connaissances scientifiques indispensables, c*est Tétude technique des conditions du chauffage, de la ventilation, de l'éclairage, qui, seule, peut fournir des solutions artistiques nouvelles.

Pour le chauffage central, qu'il soit à vapeur, à air chaud ou à eau chaude, les données scientifiques connues sont le volume des pièces, le degré de température que l'on veut obtenir au-dessus de la température extérieure, les déperditions causées notamment par les vitrages.

Quels étaient les inconvénients de l'ancien chauffage ? Comme l'évacuation des fumées devait se faire par une cheminée qui montait à travers la maison, le foyer devait être unique : on avait trop chaud à son^ voisinage et froid dans le reste de la pièce.

Il est étrange que, lorsqu'on installe le chauffage central, on place le radiateur, qui n'a pas à évacuer au dehors la moindre fumée, dans un coin de la pièce, de manière à retomber dans le même inconvénient. Encore faudrait-il qu'on mît ce radiateur unique au bas de la fenêtre afin qu'il fût au point le plus froid. Pourquoi aussi faire ces formes de radiateurs à double épaisseur dont l'une ne chauffe que le mur, faisant craquer les enduits.

Dans les paquebots, dans les chemins de fer, on a trouvé des solutions plus raisonnables par la circulation des tuyaux, qui donnent une chaleur régulière et ne sont pas encombrants. Dans nos maisons, au

contraire, on fait les installations de chauffage central comme s'il s'agissait d'aménager un vieil immeuble et on place les appareils de condensation où l'on peut. Pourquoi ne pas utiliser le vide des planchers à faire passer une canalisation qui ferait le tour des pièces? L'air froid venant toujours par le bas, sous les portes et sous les fenêtres, c'est par le bas qu'il serait raisonnable de chauffer. Les radiateurs ne sont pas une solution intéressante, et il n'est pas mieux de les envelopper sous prétexte qu'ils sont trop laids, ce qui les rend d'uii entretien difficile et arrête le rayonnement de la chaleur. Il n'3^ a pas plus de raison de ne pas trouver un arrangement esthétique des tuyaux qu'il n'y en eut jadis de se servir des tuyaux d'orgues pour garnir les buffets d'églises avec beaucoup d'art.

C'est en étudiant d'ensemble toutes ces questions complexes qu'on peut trouver la solution ; si l'on reproche, par exemple, avec raison au béton armé d'être d'une sonorité gênante dans des immeubles d'habitation, peut-être le fait de le constituer en double cloison pour les raisons utilitaires de chauffage et de ventilation remédierait-il en même temps à cet inconvénient.

Quoi qu'il en soit, si l'on est loin d'avoir trouvé toutes les solutions, c'est l'honneur de ces vingt dernières années que d'avoir cherché à améliorer l'habitation.

Une première qualité incontestable est l'utilisation

M. AUBURTIN.

Hôtel, rue Louis David, Paris.

Photo de la revue « L'Archilecte >.

du terrain. L'idée, ayant une façade exposée au nord comme dans certaines maisons du quai d'Orsay, de l'orienter suivant les deux côtés d'un angle obtus pour qu'elle reçoive les rayons soit du levant soit du couchant, est excellente pour le bien-être de l'habitation comme pour la variété de la perspective et de l'éclairage. A cet égard, sur un tout petit terrain de la rue Franklin, les frères Perret ont fait un tour de force, grâce à des encorbellements dans le sens de la hauteur et à des retraits dans le sens de la largeur : l'œuvre est cependant restée simple, parce qu'exécutée en béton armé; ses surfaces ne présentent aucune ligne saillante les décomposant et ne sont enrichies que par la couleur du grès.

Du même ordre est l'utilisation de la toiture. On sait que les règles de voierie imposent comme forme enveloppe des saillies extrêmes des toitures une courbe d'un certain rayon suivant la largeur des voies. La solution actuelle, qui consiste à faire des lucarnes très plates, presque tangentes à cette courbe, pour utiliser toute la surface possible, est un grand progrès sur les saillies désordonnées des lucarnes et donne un caractère particulier aux combles modernes.

Pour l'agrément de l'habitation et le pittoresque des façades, les avant-corps supportés par des encorbellements, les balcons couverts formant des galeries, sont une invention heureuse de ces dernières années,

A l'intérieur, les dimensions données à la galerie qui dessert les pièces de réceptioi;, la séparation de

la réception, de l'habitation et du service ont donné lieu à beaucoup de solutions intéressantes.

Une des choses qui restent à améliorer, c'est la disposition des escaliers, qui souvent sont noirs dans la hauteur des étages inférieurs. Certes l'effort d'utiliser le mieux possible le terrain conduit à reprendre le plus qu'on peut sur les cours et ainsi la partie basse des maisons à nombreux étages est sacrifiée : c'est néanmoins un écueil qui devrait être évité.

En comparant les voies nouvellement percées, comme le boulevard Raspail, aux voies percées dix ou vingt ans auparavant, comme la rue Réaumur ou la rue du Louvre, on voit nettement le progrès accompli. Si certains immeubles élevés par les Compagnies d'assurances ont encore les défauts de banalité et de lourdeur inhérents à la plupart des établissements financiers, on ne trouverait plus de laideurs aussi agressives que certains motifs de femmes sortant des façades de maisons de la rue Réaumur.

11 y a, d'une manière générale, beaucoup plus de tenue dans les immeubles de pierre du boulevard Raspail : on peut citer ceux élevés par Th. Petit, dont les façades ont autant de simplicité que d'allure, par Chifflot, qui valent également par les grandes formes simples et souples des consoles, par la sobriété avec laquelle sont répartis quelques points de sculpture, par la délicatesse que donne à l'ensemble l'étude des balcons.

Boulevard Montparnasse, c'est encore une maison

de Huillard, dont les ouvertures sont traitées simplement et dont la façade s'enrichit d'une frise à faible relief à la partie supérieure.

Avenue de Wagram est un autre immeuble en pierre de Th. Petit, qui présente de grands nus séparés seulement par une frise et quelques bandeaux et auquel des balcons d'une forme géométrique voulue et serrée donnent beaucoup d'échelle.

Sur la même avenue est une maison intéressante de A. et G. Perret, par le mouvement des avant-corps à droite et à gauche, par la recherche de sculpture des pampres qui courent sous le balcon, œuvre simple et bien étudiée.

A Neuilly, une maison en pierre, de Navarre et Rousselot, couverte par un grand toit à deux étages de lucarnes, ne pécherait que par un excès de sculpture florale ; l'entrée sur la cour est particulièrement bien venue, ainsi que l'aspect de cette cour en brique avec son escalier nettement accusé. Des mêmes artistes, une maison du boulevard Maillot est moins heureuse, avec sa colonnade au quatrième étage et surtout avec sa recherche de style Louis XVI.

Rue Fessart, les frères Turin ont construit une maison en pierre, avec de grandes consoles droites, surmontée de deux étages de brique avec des auvents de bois, qui est d'un beau caractère.

A Auteuil, une maison élevée par Danis présente un aspect pittoresque en même temps qu'une composition harmonieuse par la superposition d'étages

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de distribution très différente qu'a permise l'emploi du béton armé et de la brique. Il en résulte une diversité heureuse entre les proportions des baies.

A côté de ces riches maisons bourgeoises, les maisons élevées rue de la Convention, rue de la Procession, rue du Hameau, qui d'ailleurs ont eu souvent pour auteurs des artistes de valeur comme Th. Lambert, sont intéressantes par le caractère artistique et moderne qu'elles tiennent uniquement du mouvement des façades, du bon emploi des matériaux, en général la brique, de l'étude très sobre de la grille d'entrée et des balcons.

Parmi les maisons destinées à des appartements modestes, une des plus intéressantes a été construite par Deneux, rue Belliard. La structure en béton armé a permis de monter les étages en encorbellement les uns au-dessus des autres et de revêtir la façade d'une ornementation intéressante de motifs géométriques en grès flammé.

Un autre type de demeures assez caractéristique de notre époque, ce sont les maisons pour artistes comme il avait commencé à s'en élever près de la porte Champerret à la fin du siècle dernier, et dont la maison d'Arfvidson rue Campagne-Première, est l'exemple le plus curieux et le plus récent. Avec ses immenses baies d'ateliers, ses petites portes surmontées d'œils-de-bœufs, cette maison a une réelle allure, à laquelle contribuent l'emploi généralisé de grès de Bigot et l'étude des balcons.

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Il n'est pas jusqu'aux maisons ouvrières qui ne puissent présenter, par les bonnes dispositions et l'emploi sincère de la matière, un aspect artistique, ainsi qu'en témoignent les maisons de G. Vaudoyer, rue de la Colonie. C'est d'ailleurs un sujet qui a été mis particulièrement à l'étude par les entreprises industrielles, sous la forme de cités ouvrières.

Deux questions nouvelles se sont posées depuis la guerre, pour la reconstitution des pays dévastés : l'une, c'est la tendance de l'industrie moderne à généraliser le travail en série fait en usine, l'autre l'impossibilité de résoudre le problème de la reconstitution par les anciennes méthodes qui exigeraient que des légions d'ouvriers fussent installées dans des régions où il n'est guère possible de subsister. Aussi a-ton cherché à préparer en usine des éléments de construction à monter rapidement et définitivement sur place avec la main-d'œuvre minimum.

Différents essais ont été faits en bois, en agglomérés de toute sorte, en béton armé.

La solution offerte par les architectes Charles- Henri Besnard et André Godard et exposée à la Foire de Paris de 1919 est parmi les plus intéressantes.

La structure de la maison présentée se compose d'éléments de béton armé préparés à l'atelier, facilement maniables, d'un montage rapide sur place avec quelques ouvriers spécialistes. Partant de ce principe, les artistes ont fait les trouvailles les plus ingénieuses, par exemple pour les toitures réalisées par

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de grandes dalles qui se croisent contre la panne faîtière et reposent à leur base sur des sablières formant chéneaux, l'écartement étant maintenu par des entraits qui forment le solivage du plancher du comble.

L'effet artistique provient, principalement, de l'utilisation même de ces éléments de structure, des formes que leurs fonctions nécessitent, des effets de saillies et de retraits qui sont la conséquence de leur assemblage ; quelques délicatesses sont obtenues par des ornements linéaires en saillie ou en creux, moulés dans la matière même. La volonté de s'en tenir à la simplicité d'un plan rectangulaire pour éviter toute complication de couvertures, à des écartements égaux ou multiples les uns des autres pour standardiser le plus possible les différentes pièces, en un mot le sens pratique qui se manifeste dans cette oeuvre, n'en exclut nullement le sens artistique : l'incurvation du comble, les corbeaux sous les linteaux de la galerie suffisent à enlever toute sécheresse, de même que les dispositions des encadrements et de la galerie suffisent à donner de la couleur aux façades.

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